L'action Eutelsat prolonge sa chute à la clôture du 19 décembre après la recommandation de BNP Paribas
Nouvelle dégradation pour Eutelsat malgré la recommandation de BNP Paribas
Le titre Eutelsat Communications clôture ce vendredi 19 décembre à 1,61 euro, en baisse de 4,96 % par rapport à la veille. Cette nouvelle séance de repli s'inscrit dans une dynamique particulièrement dégradée, avec seulement 0,23 % du capital échangé, témoignant d'une liquidité limitée. Sur une semaine, la baisse atteint désormais 22,97 %, tandis que le recul sur trois mois s'établit à 34,71 %. La performance annuelle ressort à -27,54 %, traduisant la défiance persistante des investisseurs malgré la finalisation de l'augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros.
BNP Paribas a initié le 18 décembre une couverture du titre avec une recommandation de performance de marché et un objectif de cours à 2 euros, soit un potentiel de hausse de 24,2 % par rapport au cours de clôture du 19 décembre. Cette recommandation intervient après celle de Deutsche Bank du 11 décembre, qui avait relevé son conseil de vendre à conserver avec un objectif maintenu à 2,30 euros. Ces deux recommandations reflètent une amélioration progressive du sentiment des analystes suite à la finalisation de la levée de capitaux, qui permet au groupe de ramener son ratio d'endettement de 3,9 à environ 2,5 d'ici fin 2026.
L'augmentation de capital totale de 1,5 milliard d'euros s'est achevée début décembre avec une dernière tranche de 670 millions d'euros, bénéficiant d'un taux de souscription de 133 %. Cette opération, bien qu'ayant renforcé la structure financière, a entraîné une dilution massive avec l'émission de 496 129 728 nouvelles actions au prix unitaire de 1,35 euro. L'État français est devenu le premier actionnaire avec 29,65 % du capital, devant Bharti Space Limited avec 17,88 %, le Royaume-Uni avec 10,89 %, CMA CGM avec 7,46 % et le FSP avec 4,99 %. Les fonds levés visent à financer le déploiement des activités en orbite basse et la constellation IRIS².
Une configuration technique alarmante avec un RSI en zone de survente extrême
Sur le plan technique, Eutelsat évolue dans une configuration particulièrement dégradée. L'indice de force relative affiche 22 points, un niveau caractéristique de survente intense qui traduit un mouvement vendeur persistant depuis plusieurs semaines. Bien que cette situation puisse théoriquement constituer un signal de respiration technique à court terme, elle ne garantit aucun retournement durable en l'absence de catalyseur fondamental solide. Le titre évolue très nettement sous ses moyennes mobiles de référence, la MM50 ressortant à 2,94 euros, soit 82,6 % au-dessus du cours actuel, tandis que la MM200 s'établit à 3,35 euros, soit plus du double du cours de clôture du jour. Ces écarts massifs confirment une tendance baissière structurelle profondément installée.
Le MACD affiche une configuration quasi neutre avec une ligne à -0,32, un signal à -0,31 et un histogramme de -0,01, suggérant un possible ralentissement de la dynamique baissière sans pour autant signaler un retournement haussier. En revanche, le Chaikin Money Flow reste fortement négatif à -0,34, témoignant de sorties nettes de capitaux et d'une absence totale de conviction acheteuse. L'indicateur OBV s'élève à 332 603, reflétant un volume d'échanges modeste dans un contexte de repli continu.
Le titre teste actuellement un seuil de support à 1,69 euro, niveau désormais franchi à la baisse lors de cette séance du 19 décembre. Une résistance majeure se dessine à 3,28 euros, soit plus du double du cours actuel. Avec une volatilité sur un mois de 33,58 %, Eutelsat conserve un profil à risque particulièrement élevé, caractéristique d'un dossier soumis à une forte incertitude opérationnelle et à un effet dilutif massif. L'ATR de 0,06 euro confirme cette amplitude quotidienne importante, reflétant des mouvements erratiques dans un environnement peu porteur.
Un titre sous pression malgré un désendettement en cours
La multiplication des recommandations positives ces derniers jours n'a pas suffi à inverser la tendance baissière du titre. Le marché semble anticiper que les dépenses d'investissement élevées liées au déploiement de la constellation en orbite basse et au projet IRIS² continueront de peser sur la génération de cash-flow à court et moyen terme. L'amélioration de la structure financière, bien que saluée par les analystes, ne suffit pas encore à rassurer les investisseurs sur la capacité du groupe à dégager rapidement de la valeur face à une concurrence intense dans le secteur spatial.
Les bandes de Bollinger confirment cette configuration dégradée, avec une borne supérieure à 3 euros et une borne inférieure à 1,35 euro. Le titre évolue désormais proche de la limite basse de ce canal, illustrant la faiblesse du momentum. Le coefficient bêta négatif de -0,06 témoigne d'une décorrélation totale avec le marché actions, soulignant la singularité du dossier et son exposition à des facteurs spécifiques au secteur spatial et télécoms.
Dans ce contexte, les prochaines semaines seront déterminantes pour observer si le titre parvient à stabiliser autour du niveau des 1,60 euro ou s'il poursuit son repli vers de nouveaux plus bas. Les investisseurs surveilleront particulièrement les prochaines annonces opérationnelles concernant le déploiement des constellations et les premiers signes de génération de revenus issus des investissements massifs réalisés. Sans catalyseur positif tangible, le titre pourrait rester sous pression malgré un niveau de valorisation historiquement bas.