L'action Ubisoft grignote 3,3% à mi-journée après l'investissement de Tencent
Ubisoft a annoncé vendredi 22 novembre la finalisation de l'investissement stratégique de 1,16 milliard d'euros en numéraire du groupe chinois Tencent dans l'entité Vantage Studios, regroupant ses franchises phares Assassin's Creed, Far Cry et Rainbow Six. Cette injection de liquidités vise à désendetter le groupe et à résoudre les tensions apparues après un retraitement comptable lié à l'application de la norme IFRS 15 concernant la reconnaissance des revenus d'un partenariat. À mi-journée, le volume d'échanges reste modeste avec seulement 0,15% du capital échangé, reflétant une certaine attente des investisseurs. Sur la semaine écoulée, le titre affiche tout de même un gain de 5,35%, après avoir repris sa cotation le 21 novembre à la suite de résultats semestriels jugés rassurants par le marché.
Le mouvement haussier de ce vendredi intervient également après un franchissement de seuil par Goldman Sachs International qui a déclaré détenir 8,17% du capital le 21 novembre 2025.
Sur le plan de l'analyse technique, le RSI à 69 signale une tension haussière proche de la zone de surachat, reflétant l'intensité du rebond depuis la reprise de cotation. Cet indicateur de momentum suggère que le titre pourrait marquer une pause à court terme si la dynamique s'essouffle. Le MACD présente par ailleurs un histogramme positif à 0,10, avec la ligne MACD à -0,27 au-dessus de sa ligne de signal à -0,37, confirmant un signal d'achat récent. Cette configuration témoigne d'un retournement technique en cours, même si les deux lignes demeurent en territoire négatif, illustrant la prudence qui s'impose dans un contexte de reprise encore fragile.
Le cours évolue actuellement sous sa moyenne mobile à 50 séances établie à 8,14 euros, constituant une première résistance technique à franchir pour valider la poursuite du rebond. La distance avec la moyenne mobile à 200 jours, positionnée à 9,61 euros, témoigne d'une tendance de fond qui reste baissière. Le seuil de résistance majeur se situe à 8,21 euros, tandis que le support est identifié à 6,08 euros, proche du plus bas récent. La volatilité à un mois demeure élevée à 17,67%, cohérente avec les turbulences récentes et l'incertitude persistante sur la capacité du groupe à concrétiser son plan de redressement.
Le groupe a enregistré un net bookings de 772,4 millions d'euros au premier semestre, en progression de 20,3% sur un an, et un résultat opérationnel non-IFRS de 27,1 millions d'euros, contre une perte de 252,1 millions à la même période. Ces chiffres ont rassuré les marchés lors de la reprise de cotation. Toutefois, le titre accuse encore un recul de 21,52% sur trois mois et plonge de 40,81% sur un an, alors que le CAC 40 affiche une hausse de 13,57% sur la même période. Cette sous-performance majeure illustre les doutes persistants sur la capacité d'Ubisoft à retrouver une croissance durable.
Le groupe affiche par ailleurs huit positions courtes nettes représentant environ 1,14% du capital, signe que certains investisseurs parient encore sur un repli du titre. La présence de Goldman Sachs et Barclays au-dessus du seuil de 5% traduit néanmoins un intérêt institutionnel renouvelé. Ubisoft doit désormais convaincre qu'il peut transformer l'injection de Tencent en relais de croissance opérationnel, dans un secteur hautement concurrentiel où les sorties de jeux vidéo restent incertaines et les réductions de coûts inévitables. Le marché reste attentif aux prochaines annonces concernant le pipeline de sorties et la trajectoire de désendettement, déterminantes pour consolider ce début de reprise.