Résultats de Broadcom : l'IA bondit de 106 %, mais sa division logicielle stagne à +1 %
Broadcom a publié jeudi des résultats du premier trimestre de l'exercice 2026 marqués par une croissance record de 29% du chiffre d'affaires à 19,3 milliards de dollars, tirée entièrement par les semi-conducteurs d'intelligence artificielle qui ont bondi de 106% sur un an. Mais cette dépendance croissante à l'IA révèle un revers souvent passé sous silence : la division infrastructure logicielle, autrefois moteur de diversification, stagne à +1% de croissance.
Une croissance vertigineuse portée exclusivement par l'IA
Les chiffres publiés mercredi 4 mars confirment l'explosion du segment semi-conducteurs IA chez Broadcom. Le revenu Q1 IA a atteint 8,4 milliards de dollars, progressant de 106% en glissement annuel, dépassant même les prévisions internes. Pour le deuxième trimestre, la direction anticipe une accélération encore plus prononcée, projettant un revenu IA de 10,7 milliards de dollars. Au niveau du groupe, le chiffre d'affaires total atteint 19,3 milliards de dollars en Q1, en hausse de 29%, avec une guidance Q2 spectaculaire : 22 milliards de dollars, soit une progression de 47% en glissement annuel. Le revenu du segment semi-conducteurs a bondi de 52% à 12,5 milliards de dollars, accélérant sa part du mix commercial à 65% du total.
Infrastructure logicielle à la traîne : le revers d'une stratégie monolithique
Or le communiqué révèle un détail révélateur : pendant que le semi-conducteurs IA dénudait les plafonds de croissance, la division infrastructure logicielle a progressé de seulement 1% pour atteindre 6,8 milliards de dollars en Q1. Cette division, qui représentait 45% du revenu un an auparavant, ne pèse désormais que 35% du mix. Broadcom voit ainsi sa diversification s'éroder au profit d'une exposition quasi-exclusive à la demande cyclique d'accélérateurs IA. Le free cash flow demeure impressionnant à 8,0 milliards de dollars (41% du revenu), mais la trésorerie s'est contractée à 14,2 milliards de dollars contre 16,2 milliards de dollars en fin de trimestre précédent, en partie en raison du programme de rachat d'actions de 7,8 milliards de dollars déployé au Q1.
Marges record et retours actionnaires massifs : la stratégie du moment présent
Côté profitabilité, l'EBITDA ajusté a atteint 13,1 milliards de dollars en Q1, soit 68% du revenu, en hausse de 30% en glissement annuel. La direction confirme maintenir cette marge de 68% au Q2 malgré l'accélération prévue du revenu. Le bénéfice net GAAP s'établit à 7,3 milliards de dollars (+34%), tandis que le BPA dilué s'élève à 1,50 dollar sur base GAAP. Broadcom a annoncé jeudi un nouveau programme de rachat d'actions de 10 milliards de dollars courant jusqu'à fin 2026, prolongeant sa politique de retour de capital aux actionnaires. Le dividende trimestriel est maintenu à 0,65 dollar par action. La direction n'a fourni aucune guidance annuelle au-delà du Q2, laissant les investisseurs face à un horizon d'incertitude quant à la pérennité de cette croissance spectaculaire.