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Assurance-vie euro-croissance : faut-il investir sur ces nouveaux contrats ?

Publié le 26-06-2018 14:44 - Mise à jour le 26-06-2018 15:32 -
- Crédit photo : (c)Shutterstock
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Assurance-vie euro-croissance : faut-il investir sur ces nouveaux contrats ?

A mi-chemin entre les fonds en euros dont le capital est garanti et les unités de comptes qui sont investies en bourse, l'assurance-vie « Euro-croissance » va prochainement être relancée par la loi PACTE dans une version simplifiée avec pour objectif d'orienter l'épargne des français vers le financement des PME. L'innovation principale de ces contrats nés en 2014 ? Bien qu'investi en grande partie sur les marchés financiers, le capital (hors frais) est garanti par l'assureur, si le souscripteur bloque ses fonds pendant une durée minimale de 8 ans. De quoi dynamiser son portefeuille en s'affranchissant en partie du risque des placements en bourse.

L'assurance-vie Euro-croissance : un placement au capital garanti après 8 ans minimum

Assurance-vie euro-croissance : faut-il investir sur ces nouveaux contrats ?

Le principe de l'Euro-croissance est d'offrir un éventail de supports d'investissement plus large que pour un fonds en euros classique : une partie du fonds Euro-croissance peut être placée sur des actifs permettant d'espérer un meilleur rendement mais qui sont plus risqués, pendant que l'autre partie reste investie en monnétaire. Selon le type de contrat, les assureurs peuvent garantir entre 80% et 100% du capital investi (moins les frais) à condition de bloquer les fonds pendant une durée contractuelle qui ne peut être légalement inférieure à 8 ans. 

L'avantage principal est que ce type de contrat décolère le rendement et le risque, puisqu'il est possible d'investir sur les marchés financiers et de bénéficier d'une éventuelle croissance sans risquer de perdre l'intégralité de son capital dans la mesure où vous restez jusqu'à l'échéance du contrat.



Exemple de placement sur une assurance-vie Euro-croissance

Vous placez 20.000 euros à horizon 8 ans sur un contrat Euro-croissance. Durant ces 8 ans, votre capital est placé en partie sur un fonds en euros, et en partie sur des actions d'entreprises.

Cas numéro 1 : à l'issue des 8 ans, l'investissement en actions permet de dégager une plus-value. Vous pouvez ainsi débloquer les fonds et encaisser les gains dans les conditions fiscales avantageuses de l'assurance-vie. Admettons que les frais du contrats se soient élevés à 3% à l'entrée et que le rendement net moyen ait été de 3,4% par an, vous récupérez votre capital et les intérêts capitalisés, soit près de 29 000 euros.

Cas numéro 2 : la période d'engagement touchant à sa fin, votre contrat enregistre une moins-value du fait d'une fluctuation négative du marché boursier. Votre capital étant garanti, l'assureur vous restitue la somme que vous avez investi 8 ans plus tôt, moins les frais soit dans le cas précédent, 19 400 euros. La perte est réelle, mais mesurée : les frais ne sont pas récupérables et la somme récupérée ne couvre pas l'inflation : si celle-ci est de 1% par an en moyenne sur la période (taux de 2017 selon l'INSEE), vous perdez ainsi un peu plus de 2400 euros sur 8 ans. Cependant compte tenu du risque de volatilité des marchés financiers, le contrat vous a permis de tenter de gagner plus grâce à la bourse, en limitant nettement vos pertes grâce à la garantie en capital.

On comprend entre les lignes que les assureurs sont donc soumis à une obligation de résultat quant à la performance des fonds, sans quoi elles devront trouver les ressources nécessaires pour rembourser leur capital aux investisseurs. Ce point n'est pas négligeable par rapport à un placement dans un fonds d'investissement par exemple.

Les fonds euro-croissance relancés par la loi Pacte

Les fonds Euro-croissance n'avaient, jusqu'à maintenant, pas rencontré le succès. La grande complexité des premiers contrats mis en place n'est pas étrangère à cet état de fait. Ainsi, si l'assurance-vie monosupport reste, d'après le rapport 2017 de la Banque de France, le placement préféré des français avec plus de 1500 milliards d'euros d'encours, les contrats Euro-croissance ne représentent qu'une part anecdotique des supports d'investissement choisis par les particuliers. 

Afin de relancer ces fonds visant à favoriser le financement des entreprises, le gouvernement a prévu, dans le cadre du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte), certains aménagements. Ainsi le gouvernement avait dans un premier temps envisagé la suppression la garantie sur les fonds en euros de l'assurance-vie. Ce qui aurait peut-être redirigé une partie des encours vers les fonds Euro-croissance et Croissance, mais, à coup sûr provoqué la colère des épargnants. 

La décision s'est finalement orientée vers une simplification des fonds Euro-croissance et notamment l'harmonisation de leur rendement annuel pour tous les épargnants. En effet, tels qu'ils sont conçus aujourd'hui, non seulement il est impossible de fournir aux épargnants une idée de leurs gains futurs mais en plus les rendements annuels varient, pour un même fonds, en fonction de la date d'entrée. Cette complexité associée à l'absence de lisibilité semble avoir été le principal frein au déploiement de l'euro-croissance. La mise en place d'un rendement annuel unifié, associé à une plus grande liberté offerte aux gestionnaires afin de permettre une hausse des rendements, sont les deux pistes retenues pour relancer les fonds Euro-croissance et Croissance. L'objectif affiché étant de passer, à très court terme, de 2 milliards à 20 milliards d'euros d'encours. 

Mais la volonté d'unifier les taux s'est heurtée au besoin qu'on les gestionnaires de pouvoir investir sur le long terme et donc de limiter la volatilité liée à la fluctuation des valeurs sur les marchés. Aussi, bien qu'unifié, le rendement des contrats Euro-croissance dépendra désormais de la durée d'engagement. Pour un même fonds et dans un marché haussier, la rémunération d'un épargnant décidant de s'engager sur 15 ans sera logiquement plus importante que celle d'un épargnant ne souhaitant bloquer son épargne que 8 ans.

Fonds Euro-croissance : investir ou pas ?

Vos avoirs sont diversifiés et vous pouvez vous priver de liquidités sur du long terme ? Avec la simplification du produit et des taux de rentabilité plus élevés que les fonds en euro, l'investissement dans des fonds Euro-croissance est une option à considérer. Sans jamais perdre de vue que pour atteindre des rendements vraiment intéressants le capital devra bien souvent être bloqué pendant 15 ans à partir de la date du premier versement.

Il peut aussi être intéressant de prendre acte et de souscrire un contrat d'assurance vie Euro-croissance dès maintenant. Ainsi le délai choisi commencera à courir, vous laissant ensuite pour les années à venir le choix des montants à y loger. Attention, comme pour tous les contrats d'assurance vie, une vigilance particulière devra être portée aux frais relatifs à chaque contrat : ils peuvent chez certains assureurs effacer 6 mois à un an d’intérêt ! 

Par ailleurs, en cas de besoin de support plus liquide on regardera avec attention le lancement annoncé par le Ministre de l'Économie de contrats en euros bonifiés. Ces contrats d'assurance-vie offriront certes un rendement inférieur mais une garantie de capital dès la première année, une possibilité de sortie dès 5 ans et une bonification de leur taux de rendement au-delà de huit ans de détention.

A lire également : Assurance-vie : tout savoir pour mieux investir

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