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Arnaque au crowdfunding : quelles précautions prendre ?

Publié le 17-03-2018 15:35 - Mise à jour le 17-03-2018 -
Rubrique : vigilance - Crédit photo : (c)Shutterstock

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Ce 16 mars 2018, les médias ont révélé une possible escroquerie en financement du PDG de la start-up Rifft. L’association professionnelle Financement Participatif France (FPF) rappelle dans un communiqué les précautions à prendre vis-à-vis du financement participatif.

Faut-il encore investir en crowdfunding ?

Le crowdfunding est un mode de financement des PME françaises. Sélectionnés par des plateformes règlementées par l'Autorité des Marchés Financiers, les projets sont présentés sur Internet aux investisseurs potentiels. Ceux-ci peuvent souscrire en ligne à des actions ou des obligations. Depuis 2014, date de lancement du statut de Conseiller en Investissement Participatif (CIP), ce mode d'investissement a séduit de nombreux français et donné un coup de pouce à beaucoup d'entreprises.

Rappelons d'entrée que si le financement participatif peut être rémunérateur (jusqu'à 10 à 12% dans l'immobilier), il ne va pas sans risque puisque comme en bourse, l'investisseur peut perdre toute sa mise si le projet n'aboutit pas. C'est notamment le cas dont idéal-investisseur.fr vous faisait part il y a quelques mois concernant la procédure de redressement judiciaire du promoteur Terlat. L'échec faisant partie du risque entrepreneurial, ceux qui décident d'investir dans des projets doivent se rappeler qu'un rendement fort est synonyme d'un risque fort, et qu'il est nécessaire de diversifier ses placements.

Mais il peut arriver également que des acteurs malhonnêtes profitent de l'engouement des français pour le financement des PME en créant de fausses plateformes de financement participatif pour récupérer des fonds. C'est ce mode de fonctionnement qui est soupçonné par la justice dans l'affaire Rifft, société dont le PDG est aujourd'hui mis en examen pour avoir détourné 4 millions d'euros. Afin de mettre les choses au clair, la Fédération du Financement Participatif monte au créneau.


Crowdfunding : un cadre règlementaire pour sécuriser les financeurs

Voici ce que la Fédération du Financement Participatif indique dans son communiqué :
"Le PDG de la start-up Rifft (Research & Innovation For Future Technologies) a été mis en examen pour avoir détourner 4 millions d’euros. Pour financer le lancement de ses produits technologiques, il a mis en place un système de financement illégal, basé sur un système pyramidal de type Ponzi et a lancé des campagnes de financement participatif sur la plateforme crowdfundingglobal.co, promettant aux investisseurs de leur reverser en royalties 15% des recettes issues des ventes. Mais ces produits n’ont jamais été commercialisés.

Si les arnaques sur Internet sont communes et parfois difficiles à déceler, Financement Participatif France rappelle aux épargnants que quelques précautions sont nécessaires avant de financer un projet.

Tout d’abord, toute plateforme de financement participatif, qu’il s’agisse de don, de prêt ou d’investissement en capital ou en royalties, doit être immatriculée sur le registre de l’ORIAS en tant qu’intermédiaire en financement participatif, conseiller en investissements participatifs, ou prestataire de services d’investissement. Si la plateforme a le statut de PSI, elle est enregistrée sur le site REGAFI. Un n° d’immatriculation est ainsi attribué et doit être affiché sur la plateforme (généralement dans le footer). La plateforme Crowdfunding Global ne dispose d’aucun de ces statuts. Elle est par ailleurs répertoriée sur la liste noire tenue par les régulateurs ACPR et AMF sur abe-infoservices.fr. Un article des Echos précise en outre que la société éditrice du site est détenue à 100% par ce même Lucas Goreta. De fait, aucun filtre et contrôle n’a pu être fait par la plateforme sur la sélection des projets.

Financement Participatif France alerte sur son site http://financeparticipative.org/ des plateformes frauduleuses qu’elle repère. Nous discutons par ailleurs avec les autorités concernées pour mettre en place des informations et avertissements réactifs concernant des escroqueries ou fraudes pour protéger les investisseurs. "

Les investissements douteux ne sont pas l'apanage du financement participatif

Investir dans une entreprise est de fait un acte à risque, puisque le capital ne peut jamais être garanti ni à un actionnaire, ni à une personne qui souscrit à des obligations. Dans l'Histoire, il existe malheureusement de nombreux cas de levées de fonds douteuses, qui ont fait perdre la mise de particuliers et d'institutionnels. Souvent, avec le recul, on constate que les promesses de rendement étaient très élevées et que les méthodes commerciales des sociétés étaient bien rodées.

La pyramide de Ponzi, dont il est peut-être question dans l'affaire Rifft, est un des grands classiques des montages frauduleux. Ce système consiste à se servir de l'argent des nouveaux entrants pour rembourser ou rémunérer les actionnaires plus anciens au lieu d'investir dans l'activité promise. La personne qui met en place ce système se trouve dans l'obligation de toujours trouver plus de nouveaux entrants pour rémunérer le bassin de ceux qui sont déjà là. Tôt ou tard, la pyramide finit par s'effondrer sur elle-même, faisant perdre le montant placé aux investisseurs.

L'affaire Madoff, qui a défrayé la chronique lors de la crise des subprimes, n'est rien d'autre qu'un montage en Pyramide de Ponzi. Promettant des rendements exceptionnels, l'homme d'affaires et ancien patron du Nasdaq payait les intérêts des actionnaires avec l'argent des nouveaux entrants. En France, le scandale à l'immobilier de défiscalisation Appolonia, dont le préjudice est estimé à plus d'un milliard d'euros, pourrait se baser sur un système approchant.

Plus récemment, certains soupçonnent la société hôtelière Maranatha, placée en redressement judiciaire, de ne pas avoir procédé à des investissements hôteliers mais d'avoir remboursé des investisseurs souhaitant sortir avec l'argent de nouveaux entrants. Enfin dans la catégorie "produits atypiques", la société Aristophil est également soupçonnée par la justice d'avoir mis au point un montage frauduleux de type Ponzi autour de l'acquisition de manuscrits historiques surévalués par ses propres soins, pour le compte de 20 000 investisseurs.

Les conseils les plus sages en matière d'investissement de tous types restent toujours les mêmes : investir uniquement dans ce que l'on comprend, ne jamais mettre tout son capital sur le même placement, diversifier ses investissements et se méfier des produits atypiques ou trop prometteurs, comme par exemple les diamants, le vin ou les bitcoins...



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