Arcure : CA 2025 en chute de 32 %, mais une trésorerie record
Arcure a publié ses résultats 2025 marqués par une baisse significative d'activité à 12,6 M€, liée à sa transformation stratégique vers les ventes de première monte auprès des constructeurs OEM et à un contexte d'incertitude géopolitique. Malgré un résultat net négatif de -2,4 M€, le groupe a dégagé une trésorerie opérationnelle record de 3,1 M€, démontrant son agilité financière face aux défis de transition. L'enjeu pour les investisseurs : évaluer la viabilité du retour à la rentabilité promis pour 2026.
Une baisse d'activité concentrée en seconde monte, marges brutes préservées
Le chiffre d'affaires d'Arcure s'établit à 12,6 M€ en 2025, en retrait de 32 % par rapport aux 18,7 M€ de 2024. Cette contraction répond à trois facteurs : l'effet de base défavorable lié à la livraison d'une commande majeure de Liebherr en 2024, le retard de mise en place de nouveaux contrats OEM, et une contraction des prises de commandes de 30 % à 40 % attribuée à l'augmentation de l'incertitude économique d'origine géopolitique. La société a également enregistré une réduction de ses ventes de matériel, directement liée à ce changement de modèle commercial. Le résultat d'exploitation affiche un déficit de -2,7 M€. En dépit de cette baisse, la marge brute a résisté à 56 % du chiffre d'affaires, démontrant le maintien du positionnement commercial de la technologie Blaxtair sur le marché.
Une gestion de bilan qui compense l'absence de rentabilité opérationnelle
Le résultat net négatif de -2,4 M€ reflète les impacts de la transition en cours. Cependant, la situation financière du groupe s'est consolidée grâce à des mesures de rigueur dans la gestion du fonds de roulement. Arcure a généré un flux de trésorerie net d'activité de 3,1 M€ en 2025, contre 1,1 M€ en 2024, dépassant ainsi le niveau de 2024 malgré la baisse d'activité. Cette amélioration provient d'une réduction de 7,9 % de la valeur nette des stocks (passée de 2,9 M€ à 2,7 M€) et d'une optimisation des créances fiscales liées au crédit d'impôt recherche (CIR). La trésorerie globale du groupe s'établit à 3,1 M€, sa variation nette sur 2025 étant limitée à -67 K€. Cette solidité financière offre au groupe la flexibilité pour financer ses développements technologiques tout en réduisant son endettement net.
Deux contrats majeurs et un plan d'économies pour justifier le retour à l'équilibre
Arcure anticipe un retour à la rentabilité dès 2026, porté par plusieurs facteurs. Un plan d'économies structurelles déployé dès le second semestre 2025 vise à abaisser le niveau des charges fixes. L'accord avec Jungheinrich devrait monter en puissance et générer des volumes OEM significatifs pour la cinquième génération de Blaxtair. Parallèlement, la signature d'un partenariat avec BOMAG, leader mondial des compacteurs, prévoit l'intégration de la technologie Blaxtair dans leurs engins monocylindres de série dès le second semestre 2026. La reprise des projets industriels retardés par le contexte géopolitique complète ce tableau. Ces éléments constituent les fondations sur lesquelles le groupe s'appuie pour justifier son retour à la profitabilité. L'exécution de ces contrats et la maîtrise du plan de réduction des coûts détermineront la crédibilité de cette trajectoire auprès du marché.