Azelis : croissance organique de 8,2 % au troisième trimestre, mais un cash-flow en net recul
Azelis a publié le 22 octobre 2026 des comptes trimestriels qui montrent une accélération de la croissance organique : +8,2 % sur le troisième trimestre 2026, contre +2,8 % sur l'ensemble des neuf premiers mois. Le chiffre d'affaires de la période, à 1 122 M€, dépasse la moyenne des estimations de consensus (1,08 Md€).
Cette reprise d'activité a un coût en trésorerie. Pour accompagner la demande, le distributeur de chimie de spécialité a augmenté ses stocks, et la conversion en free cash-flow est revenue à 58,6 % sur le trimestre, contre une conversion bien supérieure un an plus tôt.
Le groupe a par ailleurs passé une dépréciation de goodwill de 350 M€, sans effet sur la trésorerie, liée à des acquisitions réalisées dans les Amériques.
Chiffre d'affaires en hausse de 8,5 % à changes constants, marge d'EBITA à 10,2 %
Sur le troisième trimestre, le chiffre d'affaires a atteint 1 122 M€, contre 1 015 M€ un an plus tôt. La hausse est de 10,6 % en données publiées et de 8,5 % à changes constants, dont 8,2 % de croissance organique et 0,3 % liés aux acquisitions. Sur neuf mois, les ventes s'établissent à 3 288 M€, en progression de 4,9 % à changes constants.
Le résultat brut trimestriel s'est élevé à 263 M€ (+8,8 % à changes constants), pour une marge brute de 23,4 %, contre 23,3 % un an plus tôt. L'EBITA ajusté est passé de 98 M€ à 114 M€, soit +14,6 % à changes constants, dont 14,3 % en organique.
La marge d'EBITA ajusté s'est établie à 10,2 % contre 9,7 %, une hausse de 54 points de base à changes constants. Selon le groupe, la croissance des ventes a compensé l'inflation générale des coûts. Sur neuf mois, l'EBITA ajusté atteint 347 M€ (+6,1 %) et sa marge reste à 10,5 %.
Chimie industrielle en forte hausse, besoin en fonds de roulement pesant sur le cash
La croissance du trimestre provient d'abord de la chimie industrielle : 451 M€ de ventes, en hausse de 21,0 % à changes constants (dont 20,2 % en organique). Les sciences de la vie, premier pôle avec 671 M€, progressent de 1,5 %. En zone EMEA, ce pôle a reculé de 3,1 % à 290 M€, tandis que la chimie industrielle y a augmenté de 29,1 % à 209 M€.
Ce déplacement du mix a un effet sur les marges : en EMEA, la marge brute est revenue de 25,4 % à 24,2 %, un recul de 127 points de base attribué principalement à la contribution plus forte de la chimie industrielle. Les Amériques affichent un EBITA ajusté de 48 M€ (+19,2 % en organique) et l'Asie-Pacifique de 21 M€ (+26,1 %).
Côté trésorerie, le free cash-flow trimestriel a reculé à 67 M€, contre 142 M€ un an plus tôt. Sur neuf mois, il atteint 190 M€ (−35,2 %), pour un taux de conversion de 54,4 % contre 87,1 %. Le ratio besoin en fonds de roulement sur chiffre d'affaires est monté à 17,2 % fin septembre, contre 16,0 % en juin et 14,1 % en décembre 2025, principalement sous l'effet de stocks plus élevés (59 jours, contre 58 en juin et 51 en décembre).
La dette nette s'élève à 1 640 M€, pour un ratio d'endettement de 3,46 fois, contre 3,44 fois en juin 2026.
Objectif annuel maintenu après une dépréciation de 350 M€ dans les Amériques
La dépréciation de 350 M€ porte principalement sur le goodwill d'acquisitions réalisées dans les Amériques entre 2021 et 2023. Issue du test annuel de dépréciation, elle reflète, selon le groupe, une baisse de la valeur recouvrable de certaines sociétés dans un contexte de valorisations de marché plus basses. Elle réduit le goodwill, les fonds propres et le résultat net publié, sans effet direct sur la trésorerie, le besoin en fonds de roulement ou la dette nette. Les zones EMEA et Asie-Pacifique ne sont pas concernées.
Azelis a maintenu son objectif d'une croissance organique positive de l'EBITA ajusté sur l'exercice 2026, tout en indiquant que la croissance des volumes varie selon les marchés finaux et que la volatilité reste élevée. La directrice générale, Anna Bertona, a précisé que plusieurs signes de reprise observés plus tôt dans l'année se sont confirmés.
À moyen terme, le groupe a réaffirmé les objectifs présentés le 29 septembre pour 2026-2031 : une croissance annuelle du résultat brut à un chiffre, de moyenne à élevée, une croissance de l'EBITA ajusté à un chiffre élevée, un doublement du bénéfice par action et un ROCE supérieur à 11,5 % d'ici 2031. Sur les neuf premiers mois de 2026, la croissance organique de l'EBITA ajusté s'établit à 3,1 %.