Boostheat abandonne le bitcoin, perte semestrielle réduite à 530 k€ au premier semestre 2026
Boostheat a publié le 21 octobre 2026 ses résultats du premier semestre 2026 et confirmé l'abandon de la stratégie de réserve de trésorerie en bitcoins lancée en 2025. Sans chiffre d'affaires, la société compte sur sa ligne de financement, dont la capacité résiduelle mobilisable atteignait environ 3 300 k€ au 30 juin 2026, pour assurer sa continuité d'exploitation sur les douze prochains mois.
La publication marque un changement de cap opéré par la direction actuelle. La filiale Bitcoin Hold France a cédé l'intégralité de ses avoirs en deux temps, pour des produits bruts de 144 k€ puis de 96 k€. Sur le semestre, la perte nette s'établit à 530 k€, contre 14 132 k€ un an plus tôt, une période alourdie par le traitement comptable des pénalités de conversion du contrat de financement.
La perte d'exploitation est passée de 219 k€ à 270 k€, alors que la société met en avant la poursuite de sa politique de maîtrise des coûts.
Le portefeuille de bitcoins entièrement liquidé en deux étapes
En 2025, Boostheat avait engagé, via sa filiale détenue à 100 % Bitcoin Hold France, une diversification consistant à constituer une réserve de trésorerie en bitcoins. Au 31 décembre 2025, cette filiale détenait 3,49 bitcoin, pour une valeur proche de 260 k€. Le groupe indique que cette stratégie avait été initiée « sous l'impulsion de l'ancien Directeur Général ».
Au cours du premier semestre 2026, 2,17 bitcoin ont été cédés, pour un produit brut de 144 k€. Lors de sa communication du 23 septembre 2026, la société avait indiqué envisager la vente du solde afin de limiter la dilution. Cette cession a été réalisée après la clôture : environ 1,27 bitcoin ont été vendus, pour un produit brut de 96 k€.
Boostheat ne détient donc plus aucun bitcoin. Selon la société, cette décision supprime son exposition directe aux variations du cours de la cryptomonnaie et permet de recentrer ses ressources sur son fonctionnement, l'exécution de son plan de sauvegarde et la recherche de nouvelles opportunités stratégiques.
Résultat net de 530 k€ de perte, affecté par la dépréciation des bitcoins
En l'absence d'activité commerciale, Boostheat n'a enregistré aucun chiffre d'affaires ni produit d'exploitation au premier semestre 2026. Le résultat d'exploitation ressort à −270 k€ au 30 juin 2026, contre −219 k€ un an plus tôt.
Le résultat financier s'élève à −283 k€. Il est essentiellement composé de la perte de valeur du portefeuille de bitcoins, ce qui en fait le principal poste de la perte semestrielle. Après un résultat exceptionnel positif de 23 k€, le résultat net s'établit à −530 k€.
La comparaison avec le premier semestre 2025, clos sur une perte nette de 14 132 k€, reflète surtout le poids des éléments non récurrents de l'exercice précédent. Le communiqué attribue ces pertes essentiellement au traitement comptable des pénalités de conversion du contrat de financement.
Capitaux propres en négatif et recours à une ligne de financement dilutive
Au 30 juin 2026, le bilan fait apparaître des capitaux propres de −17 056 k€ et des quasi-fonds propres de 14 287 k€. Ces derniers sont constitués du passif protocolé porté par HBR Investment Group et du solde des obligations non encore converties, soit 1 100 k€.
Au cours du semestre, la société a procédé à un tirage de 125 k€ sur son contrat de financement. Ces ressources, ajoutées au produit de cession des bitcoins, ont permis de régler l'échéance annuelle du plan d'apurement du passif. Boostheat indique être à jour de ses engagements au titre de son plan de sauvegarde au 30 juin 2026.
La ligne en question prend la forme d'OCEANE-BSA souscrites par Impact Tech Turnaround Opportunities (ITTO). La société précise elle-même que les actions issues de ces instruments sont en général cédées sur le marché à très brefs délais, ce qui peut exercer une pression baissière sur le cours et entraîner une dilution importante. Elle rappelle que ce financement dilutif n'est pas le premier qu'elle met en place.
Pour la suite, Boostheat juge l'environnement peu favorable à un redéploiement à court terme de ses activités dans la compression thermique hybride. La société entend concentrer ses ressources sur l'assainissement de sa situation financière et la recherche d'opportunités de relance. Selon Hugo Brugière, PDG, la continuité d'exploitation sur douze mois doit être assurée par la ligne de financement, « sous réserve de sa bonne exécution ». Au 30 juin 2026, la capacité résiduelle mobilisable de cette ligne était d'environ 3 300 k€.