Bureau Veritas : croissance organique de 4,5 %, mais le Moyen-Orient assombrit les perspectives
Bureau Veritas a publié mercredi ses résultats du premier trimestre 2026, affichant une croissance organique de 4,5 % du chiffre d'affaires, portée par la vigueur de ses activités Marine & Offshore et Bâtiment & Infrastructures. Cependant, le groupe a révisé ses perspectives annuelles pour tenir compte d'irrégularités découvertes dans sa division Services aux Gouvernements au Moyen-Orient et d'un environnement macroéconomique plus incertain.
Une croissance organique de 4,5 % malgré les vents contraires
Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 1 547,0 millions d'euros au premier trimestre 2026, en baisse de 0,8 % par rapport à la même période de 2025. Cette contraction apparente masque une dynamique organique positive, les acquisitions réalisées ces derniers trimestres ayant été neutralisées par les désinvestissements (effet périmètre de - 0,1 %). La véritable pression provient du change : les fluctuations de devises ont réduit le chiffre d'affaires de 5,2 %, en raison de la force de l'euro. Géographiquement, la croissance organique s'est distribuée inégalement. L'Asie-Pacifique a mené la charge avec une progression de 7,9 %, soutenue par l'activité solide en Chine et en Australie. Les Amériques ont enregistré une hausse modérée de 1,7 %, tandis que l'Europe a crû de 3,4 %. Le Moyen-Orient et l'Afrique, malgré les tensions géopolitiques, ont maintenu une croissance résiliente de 5,5 %.
Marine & Offshore et Bâtiment & Infrastructures portent la performance
Deux activités ressortent clairement de ce trimestre. Marine & Offshore a enregistré une croissance organique de 11,2 %, bénéficiant de la modernisation de la flotte mondiale et de la transition vers des technologies bas carbone. Bâtiment & Infrastructures a progressé de 7,3 %, dynamisée par une demande soutenue dans les actifs critiques, notamment les centres de données aux États-Unis, où les hyperscalers poursuivent leurs investissements massifs. Cette division offre une visibilité pluriannuelle qui rassure les investisseurs. Les autres activités affichent des rythmes plus modérés. Agroalimentaire & Matières Premières a crû de 2,1 % organiquement, pénalisée par les perturbations des exportations au Moyen-Orient. Industrie (+0,7 %) a souffert des retards de projets et du conflit régional. Certification a progressé de 2,3 % face à une base de comparaison difficile, mais les services de durabilité et les audits ESG affichent une forte dynamique. Biens de Consommation a délivré 4,3 % de croissance organique, portée par les technologies électriques et électroniques en Asie de l'Est.
Perspectives révisées et irrégularités au Moyen-Orient
Le groupe a révisé ses perspectives pour l'exercice 2026 en raison de deux facteurs majeurs. D'abord, un environnement géopolitique complexe et macroéconomique incertain pèse sur les prévisions. Ensuite, Bureau Veritas a identifié des irrégularités dans sa zone Moyen-Orient & Afrique, spécifiquement au sein de la division Services aux Gouvernements. En conséquence, le groupe a décidé d'arrêter certains contrats dans cette région et a engagé une revue détaillée des modalités de sortie du sous-segment affecté. Malgré cette révision, le groupe affirme rester pleinement engagé dans la réalisation des ambitions financières de son plan LEAP | 28, bénéficiant de tendances de marché favorables. L'acquisition de LotusWorks, annoncée début avril 2026, renforce le positionnement du groupe sur les actifs critiques, créant une plateforme d'environ 300 millions d'euros de chiffre d'affaires annualisé. Depuis le début de 2026, le groupe s'est engagé à réaliser ou a réalisé quatre acquisitions pour un chiffre d'affaires annualisé cumulé d'environ 136 millions d'euros. Sur le plan financier, la position demeure solide. La dette financière nette ajustée était sensiblement inchangée fin mars 2026 par rapport au 31 décembre 2025. Le groupe dispose de 600 millions d'euros de lignes de crédit confirmées non tirées. Moody's a confirmé la note A3 de Bureau Veritas, soulignant sa position de leader, son modèle économique diversifié et résilient, ainsi que sa solide capacité à générer des flux de trésorerie. Enfin, le groupe a annoncé un programme de rachat d'actions de 200 millions d'euros, soumis à l'approbation de l'assemblée générale du 19 mai 2026. Le marché devra désormais évaluer si la croissance organique soutenue et la solidité financière compensent les défis posés par les irrégularités identifiées et la révision des perspectives.