Colruyt reçoit une offre ferme de Carrefour à 152 M€ pour sa filiale Codifrance
Dix jours après l'ouverture de négociations exclusives, le distributeur belge dispose désormais d'un engagement d'achat formalisé de Carrefour sur sa filiale française de commerce de gros. La décision finale lui revient toutefois : elle n'interviendra qu'après la consultation des représentants du personnel, et l'opération devra encore obtenir le feu vert des autorités françaises de la concurrence.
Une promesse d'achat de Carrefour, une option de vente pour Colruyt
Colruyt Group a annoncé le 19 octobre 2026 avoir reçu, le 16 octobre, une offre ferme de Carrefour portant sur la cession potentielle de Codifrance, son activité de commerce de gros en France. Le prix proposé s'élève à 152 millions d'euros, payables en numéraire. L'offre prend la forme d'une promesse unilatérale d'achat consentie par Carrefour, que Colruyt Group a acceptée uniquement en tant qu'offre, par le biais d'un accord d'option de vente.
Le mécanisme répartit les engagements de façon asymétrique. Carrefour est engagé à acheter si Colruyt Group exerce son option, tandis que le groupe belge conserve la liberté de l'exercer ou non. À ce stade, aucune cession n'est donc signée : l'opération reste envisagée et dépend de plusieurs étapes successives.
La première relève du dialogue social. Les représentants du personnel concernés seront informés et consultés sur l'opération, et Colruyt Group prendra sa décision d'exercer ou non l'option de vente à l'issue de cette procédure. Ce calendrier s'explique par le droit social français, qui impose cette consultation avant tout engagement définitif de cession.
La seconde condition est réglementaire. Même en cas d'exercice de l'option, l'opération resterait soumise à l'autorisation des autorités françaises de la concurrence. Le groupe situe la finalisation attendue au cours du premier semestre 2027, ce qui laisse plusieurs mois entre l'offre reçue et le transfert effectif de Codifrance.
Codifrance basculera en activités non poursuivies dès l'exercice 2026/27
Codifrance a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 310 millions d'euros au cours de l'exercice 2025/26. Le montant de l'offre porte sur le prix de cession de l'activité, et non sur son volume d'affaires : les deux grandeurs sont distinctes. À titre de repère, Colruyt Group a enregistré un chiffre d'affaires de 10,6 milliards d'euros sur le même exercice et emploie plus de 31 000 personnes.
Si la cession se concrétise, elle devrait générer un effet unique positif net au moment de la finalisation. Ce gain serait présenté sur la ligne « résultat des activités non poursuivies » du compte de résultats consolidé, distincte de la performance opérationnelle courante du groupe.
Le traitement comptable évolue dès l'exercice en cours. Les résultats opérationnels de l'activité française de commerce de gros seront présentés en activités non poursuivies dans les comptes consolidés de l'exercice 2026/27. L'exercice 2025/26 sera retraité en conséquence, uniquement à des fins de comparabilité, dans le compte de résultats consolidé de l'exercice suivant.
Pour le lecteur des comptes, cette présentation a une conséquence concrète : les agrégats publiés pour les activités poursuivies n'intégreront plus Codifrance, et les comparaisons d'une année sur l'autre se feront sur ce périmètre retraité.
Un recentrage sur l'alimentaire et la santé après les négociations du 9 octobre
L'offre ferme fait suite à l'annonce du 9 octobre 2026, date à laquelle Colruyt Group était entré en négociations exclusives avec Carrefour en vue d'une éventuelle cession de Codifrance. Cette annonce intervenait quelques mois après la cession par le groupe de ses activités intégrées de distribution alimentaire en France.
Pour justifier l'opération, Colruyt Group indique que Codifrance opère dans un segment en croissance structurelle et qu'elle est rentable. Selon le groupe, la poursuite de son développement sur un marché français en consolidation exigerait toutefois une attention managériale importante, un changement d'échelle et des investissements supplémentaires, que Carrefour serait en mesure d'apporter.
Le directeur général, Stefan Goethaert, a précisé l'objectif stratégique : cette étape « permettrait à Colruyt Group de se concentrer davantage sur ses priorités stratégiques en tant que distributeur de produits alimentaires et de santé ».