Delfingen : le résultat net 2025 bondit malgré un chiffre d'affaires en recul
Le spécialiste des solutions de protection de câbles affiche des résultats 2025 révélateurs d'une transformation en cours. Alors que son chiffre d'affaires recule de 5,5% à 400,3 millions d'euros, Delfingen parvient à accroître sa marge opérationnelle courante de 1,9 point à 7,5%, une démonstration de sa capacité à transformer son modèle économique en environnement difficile. Cette performance, portée par une meilleure maîtrise des coûts et un recentrage stratégique, redessine le profil financier du groupe.
Une contraction de chiffre d'affaires compensée par l'amélioration opérationnelle
Le revenu annuel de Delfingen s'établit à 400,3 millions d'euros, en baisse de 5,5% par rapport aux 423,7 millions de 2024, une réduction conforme aux attentes du groupe. Cette contraction résulte pour partie d'un contexte macroéconomique contrasté, avec un impact défavorable du taux de change de 10,2 millions d'euros sur l'ensemble de l'année. À taux de change constant, le repli demeure modéré, amplifié par l'arrêt volontaire de contrats non rentables dans le métier des tuyauteries fluidiques. En parallèle, le métier Textiles affiche une trajectoire inverse : ses ventes progressent de 7,3%, confirmant son statut de moteur de croissance du groupe. Cette division, qui représente désormais 20% du chiffre d'affaires, bénéficie de la relocalisation d'une partie de sa production en Chine, décision inscrite au cœur du plan IMPULSE 2026. L'EBITDA progresse de 19,4% à 55,1 millions d'euros, représentant 13,8% du chiffre d'affaires, soit une augmentation de 2,9 points.
Une marge opérationnelle qui reflète la rigueur stratégique
Le revirement sur la marge opérationnelle courante constitue le véritable signal de la transformation en cours chez Delfingen. Celle-ci atteint 7,5% du chiffre d'affaires en 2025, contre 5,6% un an plus tôt, un bond de 1,9 point qui traduit bien plus qu'une simple discipline de gestion. Cette amélioration résulte de trois dynamiques complémentaires : d'abord, une réduction du coût des matières premières qui améliore la marge brute de 3,1 points ; ensuite, un recentrage positif du mix produits, avec la montée en puissance des textiles et la réduction des contrats faiblement rentables ; enfin, une amélioration de l'efficacité industrielle qui découle de la mise en œuvre du plan IMPULSE 2026. Le résultat opérationnel atteint 29,6 millions d'euros, en hausse de 83%, tandis que le résultat net part du groupe s'établit à 12,6 millions d'euros contre un quasi-néant en 2024. Cette progression spectaculaire du résultat net (marge nette de 3,2%) montre que le groupe parvient à transformer son endettement net décroissant en gains de rentabilité effectifs.
La croissance asiatique et la réduction de la dette consolident la base financière
Au-delà de la performance opérationnelle, Delfingen renforce son assise financière. La dette nette recule à 97,8 millions d'euros (contre 115,1 millions fin 2024), avec un ratio de levier de 2,12x après 3,02x en 2024. Le ratio d'endettement (gearing) s'améliore également, passant de 77% à 67%. Cette trajectoire de réduction d'endettement s'accompagne d'une génération de trésorerie robuste : le free cash-flow s'établit à 27,2 millions d'euros, soit 6,8% du chiffre d'affaires, en hausse de 83% annuelle. Géographiquement, le groupe accélère sa concentration sur l'Asie, moteur de sa diversification. La Chine affiche une croissance de 17% et l'Inde de 10%, portant la part combinée de ces deux pays de 8% à 9,2% du chiffre d'affaires du groupe. Cette dynamique asiatique s'inscrit dans la stratégie de « localisation » du groupe, qui rapproche ses capacités d'ingénierie et de production des marchés finaux. Conscient des transformations profondes du secteur automobile (électrification, architectures électroniques et électriques nouvelles), Delfingen affiche sa volonté d'accélérer le repositionnement géographique en 2026, avec un focus renforcé sur la Chine, devenue l'épicentre de l'innovation et de la production automobile mondiale. Le groupe affiche également ses ambitions dans les solutions haute tension et l'électrification, tout en poursuivant la diversification vers des marchés non automobiles (robotique, ferroviaire, agriculture, énergie), qui représentent déjà près de 20% de ses ventes. En reconnaissance de cette transformation et de sa confiance en la solidité des fondamentaux du groupe, le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale du 5 juin 2026 le versement d'un dividende de 1,73 euro par action, traduisant la confiance de la direction dans les perspectives du groupe.