Ebola : l'OMS inscrit le test Biofire de bioMérieux sur sa liste d'urgence
bioMérieux a annoncé le 19 octobre 2026 que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait accordé l'inscription sur sa liste d'utilisation d'urgence (EUL) à son panel Biofire Global Fever Special Pathogens, un test de diagnostic différentiel. La décision intervient dans le cadre de l'épidémie d'Ebola Bundibugyo qui touche la République démocratique du Congo (RDC) et des pays voisins, une souche contre laquelle aucun traitement spécifique ni vaccin homologué n'a été développé, selon le communiqué.
Un test détectant 16 pathogènes dont Ebola Bundibugyo
Fabriqué par BioFire Defense, société du groupe bioMérieux spécialisée dans la détection des menaces biologiques pour des agences gouvernementales américaines, le panel permet de rechercher simultanément 16 pathogènes à partir d'un seul échantillon de sang total, en une heure environ. Parmi eux figurent plusieurs virus Ebola, les parasites du paludisme ainsi que les virus de Marburg, du Nil occidental et de Lassa. Le test détecte notamment le virus Ebola Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie actuelle, une capacité développée plusieurs années avant son apparition, selon le groupe. L'objectif affiché est de distinguer Ebola d'autres causes de fièvre aiguë aux symptômes proches, afin d'accélérer la décision clinique et de mieux utiliser des ressources de santé limitées. Selon la société, l'inscription EUL constitue une référence internationale offrant aux autorités sanitaires, aux organisations internationales et aux partenaires d'achat une voie accélérée supplémentaire pour envisager le recours au panel, dans la réponse à l'épidémie en cours comme dans la préparation aux crises futures. Le test dispose par ailleurs d'une autorisation de la FDA et est recommandé par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains pour la riposte à l'épidémie actuelle. « L'inscription sur la liste d'utilisation d'urgence de l'OMS est une étape importante pour la préparation et la riposte aux épidémies », a déclaré Charles K. Cooper, vice-président exécutif et directeur médical de bioMérieux.
Livraisons au Rwanda et en Ouganda, appui en cours en RDC
Depuis le début de l'épidémie, bioMérieux indique travailler avec les ministères de la Santé, les agences de santé publique et des partenaires locaux pour évaluer les besoins de diagnostic et renforcer les capacités des laboratoires. Le groupe précise avoir augmenté ses capacités de production, accéléré les livraisons d'instruments et de tests, et assuré la formation et l'accompagnement sur site des équipes de laboratoire. En juin, des instruments et des réactifs ont été livrés au Rwanda Biomedical Centre, avec un appui à la formation et à la mise en œuvre. Des instruments et des réactifs ont également été livrés aux Uganda National Health Laboratory Services dans le cadre de la préparation de l'Ouganda.
En RDC, bioMérieux travaille avec l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) et les autorités sanitaires pour fournir des instruments et des tests supplémentaires.
Ces apports sont présentés comme complémentaires des capacités de diagnostic existantes, pour les cas suspects nécessitant une investigation plus poussée par test moléculaire différentiel. « Notre objectif est d'aider les autorités sanitaires non seulement à faire face à l'épidémie actuelle, mais aussi à renforcer la préparation aux futures menaces sanitaires », a indiqué Vanina Laurent-Ledru, directrice de la santé publique et des affaires gouvernementales du groupe.