Edenred : chiffre d'affaires du troisième trimestre en repli de 1,2 % en comparable, la Mobilité à +10,7 %
Au troisième trimestre 2026, le chiffre d'affaires opérationnel d'Edenred est resté stable à 667 M€ en données publiées et a reculé de 1,2 % en données comparables. Ce recul s'explique par les nouvelles règles encadrant les titres-restaurant en Italie et au Brésil. Hors cet effet, la croissance intrinsèque a atteint 6,6 %, et le groupe a confirmé le 21 octobre 2026 son objectif d'un EBITDA 2026 en baisse de 10 % à 7 % en données comparables.
Tout l'enjeu de la publication réside dans l'écart entre ces deux lectures. D'un côté, l'activité historique d'avantages salariés absorbe le plafonnement des commissions prélevées auprès des commerçants. De l'autre, la Mobilité maintient une croissance à deux chiffres. Cette publication intervient après une hausse de 11 % de l'action sur le trimestre, relevée le 20 octobre 2026.
Un chiffre d'affaires de 2 198 M€ sur neuf mois, en hausse de 1 %
Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d'affaires total d'Edenred s'est établi à 2 198 M€, en hausse de 1,0 % en données publiées et de 0,6 % en données comparables. Le chiffre d'affaires opérationnel a atteint 2 027 M€ (+ 1,1 % en publié, + 0,6 % en comparable). La croissance intrinsèque, qui exclut l'impact réglementaire en Italie et au Brésil, s'est élevée à 7,6 %.
Les effets externes jouent en sens opposés. Le passage d'Edenred Pay North America en mise en équivalence depuis le 1er août 2026, à la suite du partenariat noué avec Abry Partners, a retiré 0,5 % au chiffre d'affaires sur neuf mois. Les devises ont au contraire ajouté 0,8 %.
Sur le seul troisième trimestre, le chiffre d'affaires total a atteint 725 M€, stable en publié et en recul de 1,3 % en comparable. L'effet de périmètre négatif de 0,9 % a été plus que compensé par un effet de change favorable de 2,1 %, principalement lié aux devises d'Amérique latine.
La Mobilité progresse, les avantages salariés reculent sous l'effet des nouvelles règles
La division Mobilité, qui représente 28 % de l'activité, a généré 575 M€ de chiffre d'affaires opérationnel sur neuf mois, en hausse de 13,4 % en publié et de 11,0 % en comparable. Au troisième trimestre, elle a atteint 202 M€, soit une progression de 10,7 % en comparable. Selon le groupe, les cartes carburant comme les services complémentaires (péage, recharge électrique, maintenance) ont contribué à cette croissance.
La division Benefits & Engagement (avantages salariés, 65 % du chiffre d'affaires opérationnel) a reculé de 3,4 % en comparable sur neuf mois, à 1 311 M€, et de 5,9 % au troisième trimestre, à 424 M€. En Italie, le plafonnement des commissions commerçants est entré en vigueur le 1er septembre 2025. Au Brésil, un plafond a été instauré fin février 2026, puis le système a été ouvert aux réseaux de paiement ouverts le 11 mai 2026. Hors ces effets, la croissance intrinsèque de la division a atteint 5,8 % au troisième trimestre.
Le groupe met en avant plusieurs relais. Au Japon, le doublement du plafond légal de la valeur faciale des titres-restaurant à partir d'avril 2026 s'est traduit par une hausse de plus de 50 % du chiffre d'affaires opérationnel sur neuf mois. En France, un partenariat avec Silae doit permettre de distribuer les solutions d'Edenred à 950 000 PME clientes de ce fournisseur, via un réseau de 6 000 experts-comptables. La division Solutions de paiement et nouveaux marchés (7 % du total) a reculé de 0,5 % en comparable au troisième trimestre, pénalisée notamment par le conflit au Moyen-Orient aux Émirats arabes unis.
Un EBITDA 2026 attendu entre 1 220 et 1 260 M€, croissance ciblée en 2027 et 2028
Edenred a confirmé ses objectifs pour 2026, une année de transition marquée par la réforme des titres-restaurant. Le groupe vise un EBITDA en baisse de 10 % à 7 % en données comparables, soit environ 1 220 à 1 260 M€. Cette fourchette remplace celle d'environ 1 230 à 1 270 M€ donnée lors de la publication semestrielle. Selon le groupe, l'ajustement intègre l'effet de périmètre des opérations finalisées au troisième trimestre et repose sur les taux de change au 30 juin 2026. Le taux de conversion du free cash-flow en EBITDA est attendu à 35 % ou plus.
Les autres revenus, issus principalement du placement des fonds en attente de remboursement, ont été stables à 171 M€ sur neuf mois. Edenred les attend désormais à au moins 210 M€ sur l'exercice. Le groupe cite des taux d'intérêt plus élevés qu'anticipé, en partie compensés par la sortie de l'activité de banque en tant que service auprès des fintechs.
Sur le plan du capital, Edenred a signé le 31 juillet 2026 un nouveau mandat de rachat d'actions d'un montant maximal initial de 50 M€. Ce mandat s'inscrit dans un programme global pouvant atteindre 600 M€ jusqu'en novembre 2027. Pour 2027 et 2028, le groupe a confirmé viser une croissance annuelle de l'EBITDA comprise entre 8 % et 12 % en données comparables, avec un taux de conversion du free cash-flow en EBITDA d'au moins 65 % à réglementation et méthodes constantes.