Exosens mise sur les boîtes quantiques pour réduire le coût des capteurs infrarouges
Dans un article technique mis en ligne le 20 octobre 2026, Exosens a présenté les boîtes quantiques colloïdales (CQD) comme une voie de réduction du coût des capteurs infrarouges à ondes courtes (SWIR). Selon le groupe, ce coût constitue le principal obstacle à la diffusion de cette imagerie.
Il s'agit d'un rappel de positionnement technologique, centré sur l'apport de sa filiale Exosens Imaging UK, anciennement Emberion, et non de l'annonce d'une décision nouvelle.
Le coût des capteurs, principal frein à l'imagerie SWIR selon Exosens
Selon Exosens, l'imagerie SWIR, capable de traverser la brume, la fumée, les plastiques ou certaines couches de peinture, reste une technologie de niche. La raison avancée n'est pas un déficit de performance : son coût a longtemps dépassé ses bénéfices pour de nombreuses applications. Le groupe attribue ce coût aux technologies de détection dominantes (InGaAs, MCT et T2SL), qui reposent sur des procédés de croissance épitaxiale complexes et des substrats spécialisés, difficiles à industrialiser en grand volume.
Les boîtes quantiques constituent une autre voie : ces nanocristaux sont synthétisés en solution, puis déposés directement sur des circuits de lecture en silicium. En s'appuyant sur les infrastructures existantes de fabrication du silicium, cette approche a, selon la société, le potentiel de réduire la complexité de production et le coût des capteurs, et de permettre une fabrication à plus grande échelle.
Exosens met également en avant la souplesse spectrale du matériau. En ajustant la taille et la composition des nanocristaux, la réponse du détecteur peut être adaptée à des plages de longueurs d'onde précises, y compris au-delà de la portée des capteurs InGaAs standard. Cette propriété permet une imagerie multibande sur un seul capteur, destinée notamment à l'identification de matériaux, à la détection de gaz, à la levée de camouflage ou à l'imagerie par mauvais temps.
Une technologie pionnière commercialisée par Exosens Imaging UK
Les premières caméras SWIR à boîtes quantiques disponibles commercialement sont arrivées sur le marché il y a environ cinq ans, Exosens Imaging UK (anciennement Emberion) ayant été pionnière de cette technologie, selon le groupe. Depuis, les prix des caméras SWIR ont baissé de façon continue, tandis que leur adoption s'est étendue, indique Exosens. Le groupe qualifie l'acquisition d'Emberion d'étape importante dans la commercialisation de cette technologie, désormais adossée à son expertise en imagerie, de l'ultraviolet à l'infrarouge à ondes longues (LWIR).
Exosens présente sa caméra SWIR VS20, fondée sur la technologie CQD, et cite plusieurs débouchés : la sécurité publique (lutte contre les incendies, surveillance des frontières), le contrôle industriel (inspection de pièces plastiques, recyclage des plastiques, tri de minerais) et la santé (ophtalmologie, détection de mélanomes, évaluation des tissus).
Au-delà du SWIR, la société indique qu'à des températures de fonctionnement d'environ -60 °C, des détecteurs CQD ont démontré des performances comparables aux technologies MCT, avec la possibilité de coûts système nettement inférieurs. Elle qualifie toutefois cette piste dans l'infrarouge moyen (MWIR) d'opportunité encore émergente. Cette publication intervient alors que Photonis, Xenics, Emberion et El-Mul sont désormais réunies sous la seule marque Exosens.