Grolleau : l'EBE bondit de 53 %, mais le résultat net reste dans le rouge
Grolleau publie des résultats 2025 marqués par une nette progression de sa performance opérationnelle. En proforma 12 mois, l'EBE progresse de 53,3 % à 2,4 M€ et la marge d'EBE atteint 4,5 %, soit 1,5 point de gain. Pourtant, ce redressement opérationnel demeure occulté par des charges exceptionnelles substantielles et par une contraction du carnet de commandes qui dessine une année 2026 inégale selon les secteurs.
L'exploitation redresse ses marges, mais le résultat net plie sous les charges exceptionnelles
Sur la base des 12 mois proforma, Grolleau affiche un chiffre d'affaires pratiquement stable à 54,0 M€ (contre 53,6 M€ un an plus tôt). Le point positif réside dans la progression de l'EBE qui atteint 2,4 M€, soit une hausse de 53,3 % par rapport à 2024. Cette amélioration reflète une maîtrise accrue des coûts : les charges opérationnelles courantes baissent de 6,2 % à 25,0 M€. Les charges externes représentent 15,1 % du chiffre d'affaires (contre 16,1 % en 2024), bénéficiant notamment de la fermeture de la filiale mexicaine. Les charges de personnel, qui s'élèvent à 31,3 % du chiffre d'affaires, reculent de 3,7 points, sous l'effet de mesures de chômage partiel en Italie au 1er semestre et d'une baisse des intérimaires. Cependant, cette embellie opérationnelle ne se traduit pas dans le résultat final. Le résultat net part du Groupe proforma ressort à (3,2) M€, contre (2,0) M€ un an plus tôt, fragilisé par des éléments exceptionnels pour 1,8 M€ incluant 1,0 M€ de dépréciations liées à la fermeture de la filiale mexicaine et 0,8 M€ d'indemnités de licenciement.
La trésorerie se redresse mais le carnet de commandes se contracte
Grolleau enregistre un free cash-flow positif de 2,9 M€ en 2025 (contre 0,5 M€ en 2024), soutenu par une amélioration du fonds de roulement de 3,3 M€. La trésorerie disponible s'établit à 4,6 M€ au 31 décembre 2025. L'endettement financier net, maîtrisé, atteint 0,4 M€. Ces indicateurs de liquidité reflètent une meilleure génération de cash malgré la complexité de l'intégration d'OMP. Parallèlement, le carnet de commandes global (2025-2026) s'affiche à 19,6 M€ au 31 mars 2026, en recul de 1,4 M€ comparé à 21,0 M€ un an plus tôt. Cette contraction révèle des tensions commerciales, particulièrement dans le pôle Smart City où l'arrêt des commandes de bornes de recharge constitue un frein majeur.
Une visibilité inégale pour 2026 : Télécoms et Énergie rassurent, Smart City inquiète
Grolleau anticipe la poursuite d'une bonne dynamique dans le secteur Télécoms et prévoit une activité Industrie et Énergie bien orientée. Le groupe affiche également une amélioration de sa visibilité : la prorogation de son contrat concernant les postes de transformation électrique jusqu'en avril 2029 (au lieu d'avril 2027) stabilise un flux significatif. Un nouveau contrat gagné dans la transition énergétique avec NW Group pourrait générer des volumes significatifs en 2027 et 2028. La première commande série pour POLYTEX (armoires de vêtements hospitaliers) a également été reçue. En revanche, le pôle Smart City devrait connaître un fort repli en 2026 en raison de l'arrêt des commandes de bornes de recharge, bien que la première moitié de l'exercice ait démarré mieux qu'anticipé. Le groupe maintient une approche prudente face aux incertitudes géopolitiques actuelles et à leur impact potentiel sur les coûts des matières premières, de la logistique et de l'énergie. Les retards de livraisons de composants demeurent à ce stade contenus.