L'action Vivendi plonge de 13 % à mi-journée après des révélations sur l'indemnisation pontentielle des actionnaires minoritaires
Le titre Vivendi subit une correction violente ce mercredi 19 novembre en séance parisienne. Cotant 2,51 euros à mi-journée, l'action du groupe de médias cède 13,3 % par rapport à la clôture de la veille à 2,89 euros, s'inscrivant comme le plus fort repli de l'indice SBF 120. Cette chute intervient alors que le marché évolue dans un climat d'incertitude autour de l'avenir juridique du groupe depuis sa scission historique en décembre dernier.
La dégringolade du titre fait suite aux révélations d'un article du Monde indiquant que la Cour de cassation, qui doit se prononcer le 28 novembre prochain, devrait valider la scission de Vivendi en quatre entités, contestée en avril dernier par la cour d'appel de Paris. Cette issue signifierait que Vincent Bolloré, principal actionnaire, n'aurait rien à débourser, alors qu'une somme estimée entre 6 et 9 milliards d'euros était en jeu pour indemniser les minoritaires.
Le volume d'échanges demeure modéré avec 0,52 % du capital échangé, tandis que le CAC 40 recule légèrement de 0,11 % à 7 958,96 points. Sur une semaine, le recul atteint désormais 16,51 %, prolongeant une dynamique baissière qui affecte le titre depuis trois mois avec une performance négative de 20,55 %.
Sur un an, Vivendi affiche encore une hausse de 26,6 %, surperformant nettement l'indice CAC 40 qui progresse de 9,35 % sur la même période. Ce contraste s'explique par la revalorisation du titre avant la scission effective intervenue le 13 décembre 2024. Depuis cette date, Vivendi SE a déconsolidé Canal+, Havas et Louis Hachette Group, transformant le groupe en une holding détenant principalement des participations dans Universal Music Group, MediaForEurope, Banijay et l'éditeur de jeux Gameloft. La capitalisation du groupe s'établit désormais autour de 2,6 milliards d'euros, bien loin des valorisations initiales attendues lors de l'opération de scission.
L'analyse technique confirme la fragilité actuelle du titre. Le RSI s'inscrit à 34, entrant en zone de survente et signalant une pression vendeuse intense sur le court terme. Cet indicateur suggère toutefois qu'un rebond technique pourrait intervenir si la tendance s'essouffle. Le cours évolue nettement sous sa moyenne mobile à 50 jours établie à 3,02 euros, matérialisant une rupture technique significative. Le titre franchit également son seuil de support identifié à 2,89 euros, correspondant au cours de clôture de la veille, ce qui ouvre la voie à une poursuite de la correction vers le support suivant. La volatilité sur un mois ressort à 6,43, témoignant d'une nervosité marquée des investisseurs.
Le MACD, avec sa ligne principale à -0,03 et sa ligne de signal à -0,02, confirme le momentum baissier en cours. L'histogramme négatif à -0,02 indique que la dynamique baissière s'intensifie depuis plusieurs séances. Les bandes de Bollinger, comprises entre 2,87 euros et 3,19 euros, montrent que le titre teste actuellement la borne inférieure, renforçant l'hypothèse d'une situation de survente technique à très court terme. Le signal Stochastique indique par ailleurs une configuration de vente, cohérente avec le mouvement observé.
L'enjeu juridique pèse lourdement sur la valorisation du groupe. Le contentieux opposant le fonds activiste CIAM à Vivendi concernant la régularité de la scission pourrait connaître son dénouement le 28 novembre prochain. Si la Cour de cassation valide définitivement l'opération, comme le suggère Le Monde, cela confirmerait la stratégie du groupe Bolloré sans contrainte financière supplémentaire. Pour autant, cette issue favorable sur le plan juridique ne rassure pas les investisseurs quant à la création de valeur promise lors de l'annonce de la scission. Depuis décembre dernier, la somme des valorisations des quatre entités issues de l'éclatement du conglomérat demeure inférieure à la capitalisation initiale de Vivendi avant l'opération, contredisant les attentes initiales d'une réduction de la décote de holding. Les prochaines séances seront déterminantes pour jauger si le marché anticipe d'autres développements ou si un mouvement de stabilisation peut s'amorcer autour des niveaux actuels.