Maurel & Prom : production valorisée en hausse de 32 % sur les neuf premiers mois, portée par le prix du pétrole
Sur les neuf premiers mois de 2026, Maurel & Prom a enregistré une production valorisée de 521 M$, en hausse de 32 %, alors que sa production totale en part M&P n'a progressé que de 4 %. L'écart s'explique par le prix de vente moyen de l'huile, en hausse de 40 % à 98,8 $/b contre 70,6 $/b un an plus tôt. Cette hausse de prix a plus que compensé le recul des volumes d'huile au Gabon et en Angola.
Le communiqué publié le 22 octobre 2026 fait aussi état d'une trésorerie nette positive de 40 M$ au 30 septembre et d'un refinancement bancaire de 465 M$ finalisé début octobre. Ces éléments interviennent alors que l'acquisition des actifs de Gran Tierra en Colombie et en Équateur est encore soumise aux autorisations réglementaires.
Production en hausse de 4 %, chiffre d'affaires consolidé à 574 M$
La production totale du groupe en part M&P (Venezuela inclus) s'est établie à 39 126 bep/j sur les neuf premiers mois de 2026, contre 37 749 bep/j un an plus tôt, soit une hausse de 4 %. Le troisième trimestre isolé ressort à 41 555 bep/j, en progression de 8 % par rapport au deuxième trimestre. Hors Venezuela, qui n'est pas consolidé dans les ventes, la production atteint 30 568 bep/j, en hausse de 3 %, avec une progression séquentielle de 10 % entre le deuxième et le troisième trimestre.
Le chiffre d'affaires consolidé s'élève à 574 M$, contre 489 M$, en hausse de 17 %. Il se compose de la production valorisée (521 M$), des activités de services (8 M$) et du trading d'huile de tierces parties (57 M$, contre 102 M$ sur les neuf premiers mois de 2025). Le retraitement des décalages d'enlèvements et de la réévaluation des stocks a eu un effet négatif de 11 M$, contre 18 M$ un an plus tôt.
Par pays, le Gabon reste la première source de revenus avec 345 M$ (+ 22 %), devant l'Angola (93 M$, + 29 %), la Tanzanie (63 M$, + 62 %) et la Colombie (21 M$).
Le prix compense le recul de l'huile, le gaz progresse en Tanzanie et en Colombie
Au Gabon, la production d'huile en part M&P sur le permis d'Ezanga s'est établie à 13 710 b/j, en baisse de 10 %. La société attribue ce recul notamment à un arrêt programmé de production en juin et à des problèmes d'injection d'eau en cours de résolution. Sur le seul troisième trimestre, la production gabonaise (13 345 b/j) est stable par rapport au deuxième (13 341 b/j), et une campagne de stimulation de puits doit débuter d'ici la fin de l'année.
En Angola, la production recule de 9 % sur neuf mois, à 3 973 b/j, mais remonte à 4 113 b/j au troisième trimestre contre 3 770 b/j au deuxième. Le prix moyen de l'huile a varié selon les trimestres : 117,9 $/b au deuxième trimestre, puis 87,2 $/b au troisième. Au Venezuela, la production en part M&P Iberoamerica progresse de 5 %, à 8 558 b/j, avec trois enlèvements réalisés au troisième trimestre.
Le gaz gagne du poids dans le portefeuille. En Tanzanie, la production en part M&P atteint 67,0 Mpc/j (+ 12 %), et la mise en production des puits MB-5 et MS-2 a porté la production actuelle de Mnazi Bay à environ 130 Mpc/j (78 Mpc/j en part M&P). Le puits d'exploration Kasa-1X a mis en évidence une découverte estimée à environ 200 Gpc en 100 % (120 Gpc en part M&P), dont la mise en production est envisagée dès novembre 2026.
En Colombie, la production atteint 15,4 Mpc/j en part M&P au troisième trimestre, et la capacité d'exportation du bloc Sinu-9 a été portée à 40 Mpc/j début octobre. Le puits Magico-2X a en revanche été bouché et abandonné, faute d'épaisseur suffisante pour une exploitation commerciale. En Angola, le puits Pacassa South West a confirmé des volumes en place estimés à environ 70 Mb en 100 %, avec une mise en production attendue au premier trimestre 2027 après un report de sa complétion.
Trésorerie nette de 40 M$ et Gran Tierra attendu d'ici fin 2026
Au 30 septembre 2026, Maurel & Prom affichait une trésorerie nette positive de 40 M$, avec 133 M$ de trésorerie disponible pour une dette brute de 93 M$. Cette position intègre le versement au troisième trimestre d'un dividende de 89 M$ et le paiement d'un dépôt de 50 M$ lié à l'acquisition des actifs de Gran Tierra.
Cette opération fait l'objet d'un accord définitif signé le 5 août 2026. Les actionnaires de Gran Tierra l'ont approuvée le 9 octobre et les porteurs d'obligations à échéance 2031 ont donné leur consentement. Les autorisations réglementaires en Colombie et en Équateur restent à obtenir, et la finalisation demeure attendue d'ici le 31 décembre 2026.
Le 8 octobre, le groupe a finalisé le refinancement de sa dette bancaire pour un total de 465 M$ (300 M$ de prêt à terme et 165 M$ de crédit renouvelable), avec une maturité prolongée jusqu'en octobre 2031 et une période de grâce d'un an. À l'issue de l'opération, la liquidité bancaire disponible s'établit à 505 M$, dont 133 M$ de trésorerie, hors ligne de prêt d'actionnaire de 100 M$ non tirée.