Pharming : chiffre d'affaires de 117,6 M$ au troisième trimestre, au-dessus du consensus, porté en partie par les stocks
Pharming a publié le 22 octobre 2026 des données préliminaires et non auditées sur son troisième trimestre. La société a avancé au 27 octobre la publication complète de ses résultats, initialement prévue le 5 novembre. Elle justifie ce changement de calendrier par un chiffre d'affaires supérieur et des charges d'exploitation inférieures au consensus des analystes, qui attendaient en moyenne 104 millions de dollars de revenus sur le trimestre.
Le détail du document apporte une nuance. Une partie de la progression tient, selon la société, à des effets qu'elle décrit elle-même comme saisonniers ou temporaires. Par ailleurs, la fourchette annuelle de chiffre d'affaires a été resserrée sans que son plafond soit relevé.
Revenus de 117,6 M$ contre 97,3 M$ un an plus tôt
Le chiffre d'affaires total du troisième trimestre 2026 devrait atteindre environ 117,6 millions de dollars, contre 97,3 millions de dollars au troisième trimestre 2025. Cela représente une hausse d'environ 21 % sur un an. Ce montant dépasse la fourchette haute des quatre analystes recensés dans le consensus, qui s'étendait de 98 à 108 millions de dollars.
Ruconest, traitement de l'angio-œdème héréditaire, a généré environ 93,8 millions de dollars. Ses ventes progressent de 14 % par rapport au troisième trimestre 2025 et de 30 % par rapport au deuxième trimestre 2026. Joenja, indiqué dans le syndrome APDS, a contribué à hauteur de 23,8 millions de dollars, soit une hausse de 58 % sur un an.
Les charges d'exploitation totales sont estimées à environ 74,6 millions de dollars, contre 74,5 millions de dollars un an plus tôt. Elles sont donc stables, alors que les revenus progressent de 21 %.
Une croissance portée en partie par des effets saisonniers et temporaires
Pour Ruconest, la société attribue la performance à trois facteurs : la stabilisation et la poursuite de la reprise de la demande aux États-Unis, une hausse saisonnière anticipée des stocks de distribution chez un seul client, une pharmacie spécialisée américaine, et l'achèvement du retrait programmé des marchés hors États-Unis. Ce restockage intervient, selon le communiqué, après d'importants déstockages en début d'année. Le rebond de 30 % par rapport au deuxième trimestre intègre donc un effet de stocks lié à un client unique.
La croissance de Joenja repose sur l'augmentation du nombre de patients américains sous traitement remboursé et sur une demande internationale en hausse. Le trimestre a été marqué par des lancements en Allemagne et au Japon, ainsi que par la poursuite de la pénétration au Royaume-Uni. Le groupe mentionne aussi un bénéfice temporaire lié aux rythmes de commandes sur d'autres marchés internationaux.
La stabilité des charges reflète, selon la société, une montée en puissance maîtrisée de l'activité. Cette publication intervient dans une période de transition à la tête du groupe : le 29 septembre 2026, Pharming avait annoncé le départ avec effet immédiat de son directeur général, Fabrice Chouraqui, et confié la direction à deux dirigeants en place dans l'attente d'un successeur permanent.
Fourchette de revenus 2026 ramenée entre 380 et 390 M$
Pharming vise désormais un chiffre d'affaires 2026 compris entre 380 et 390 millions de dollars, soit une croissance de 1 % à 4 %. La fourchette précédente allait de 375 à 395 millions de dollars (croissance de 0 % à 5 %). Le bas de fourchette est relevé et le haut abaissé. Pour mémoire, l'exercice 2025 s'était clos sur un chiffre d'affaires de 376,1 millions de dollars, selon les comptes publiés le 7 avril 2026, dans un rapport annuel au ton prudent sur les perspectives.
Le consensus annuel, à 383 millions de dollars, se situe dans la nouvelle fourchette. La guidance de charges d'exploitation a été abaissée entre 310 et 315 millions de dollars (croissance de 0 % à 1 %), contre 315 à 320 millions de dollars auparavant (croissance de 1 % à 3 %).
Sur le plan clinique, Pharming a présenté au congrès ESID 2026 des données de phase II qu'il qualifie de positives pour le léniolisib dans d'autres déficits immunitaires primaires. Cette étude portait sur 13 patients, selon les éléments communiqués le 14 octobre 2026. Les résultats principaux d'un second essai de phase II, mené dans le déficit immunitaire commun variable (DICV) avec dérégulation immunitaire, sont attendus en novembre 2026. Le groupe prépare un essai de phase III unique à visée d'enregistrement dans cette indication élargie, dont la prévalence est estimée à environ 39 patients par million, contre environ 1,5 par million pour l'APDS.
Pour la napazimone (KL1333), environ 145 des 180 patients prévus devraient être recrutés dans l'essai pivot FALCON d'ici fin 2026. La fin du recrutement est désormais attendue au premier semestre 2027, et les résultats principaux environ un an plus tard. À court terme, l'élément structurant de la publication reste la fourchette de revenus 2026, fixée entre 380 et 390 millions de dollars.