Sanofi et Teva : jusqu'à 58 % de rémission avec le duvakitug à 44 semaines
Les deux laboratoires ont présenté le 20 octobre 2026 lors de la UEG Week 2026 à Barcelone les résultats de l'extension à long terme de l'essai de phase 2b RELIEVE UCCD dans la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Ces données portent sur 130 patients et concernent un anticorps monoclonal déjà engagé dans quatre essais de phase 3.
Des taux de rémission et de réponse supérieurs à la dose de 900 mg
Le Duvakitug est un anticorps monoclonal humain expérimental qui cible TL1A, une protéine qui amplifie l'inflammation et pourrait favoriser la fibrose dans ces deux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. L'étude a suivi 130 patients (72 atteints de rectocolite hémorragique, 58 de maladie de Crohn) ayant répondu au traitement lors de la phase d'induction de 14 semaines. Ils ont ensuite été répartis par tirage au sort entre deux doses, 450 mg ou 900 mg, administrées par voie sous-cutanée toutes les quatre semaines.
Dans la rectocolite hémorragique, le taux de rémission clinique (critère principal) atteint 47 % à 450 mg et 58 % à 900 mg à la 44e semaine. La réponse clinique s'établit à 82 % et 87 %, l'amélioration endoscopique à 59 % et 63 %.
Dans la maladie de Crohn, la réponse endoscopique (critère principal) s'élève à 41 % à 450 mg et 55 % à 900 mg. La réponse clinique ressort à 81 % et 87 %, la rémission clinique à 81 % et 84 %. Selon les laboratoires, ces résultats, numériquement plus élevés à la dose supérieure, sont cohérents avec un effet dose.
Des analyses de biomarqueurs issues de la phase d'induction ont également été présentées : le Duvakitug a réduit des marqueurs de plusieurs voies inflammatoires et, chez les patients atteints de la maladie de Crohn, des marqueurs de remodelage tissulaire.
Données descriptives sur de petits effectifs, profil de tolérance inchangé
Les résultats sont présentés par les laboratoires comme descriptifs. Les effectifs par bras vont de 27 à 38 patients, et les intervalles de confiance à 95 % sont étendus : de 30 % à 65 % pour la rémission clinique à 450 mg dans la rectocolite hémorragique, de 25 % à 62 % pour la réponse endoscopique à 450 mg dans la maladie de Crohn. La phase d'entretien, conduite en double aveugle, compare deux doses du produit entre elles et ne porte que sur des patients déjà répondeurs à l'induction.
Sur le plan de la tolérance, le profil de sécurité est décrit comme cohérent avec celui de la phase d'induction, sans nouveau signal identifié. Les événements indésirables les plus fréquents (au moins 5 % des patients) ont été, dans la rectocolite hémorragique, les infections des voies respiratoires supérieures et les rhinopharyngites ; dans la maladie de Crohn, s'y ajoutent des poussées de la maladie, de l'hypertension, de l'anémie et des cas de grippe. La majorité de ces événements étaient d'intensité légère ou modérée.
Les arrêts de traitement pour événement indésirable ont concerné 4 % et 2 % des patients dans la rectocolite hémorragique (450 mg et 900 mg), et 6 % dans chaque bras dans la maladie de Crohn. L'efficacité et la sécurité du Duvakitug n'ont été évaluées par aucune autorité réglementaire.
Le produit fait l'objet des essais de phase 3 SUNSCAPE-1 et SUNSCAPE-2 dans la rectocolite hémorragique, et STARSCAPE-1 et STARSCAPE-2 dans la maladie de Crohn. Sanofi et Teva ont par ailleurs lancé l'essai de phase 2 AURALIGHT dans l'hidradénite suppurée et prévoient une étude de phase 2 dans la maladie de Crohn fibrosténosante. Les deux groupes partagent à parts égales les coûts de développement mondiaux ainsi que les bénéfices et pertes nets sur les principaux marchés.