Serge Ferrari : l'EBITDA bondit de 41 %, le groupe sort du rouge après 2024
Le fabricant de matériaux composites innovants a enregistré en 2025 une amélioration spectaculaire de sa rentabilité, portée par une croissance des revenus de 7,9% et une réduction de 10,4 millions d'euros de sa dette nette. Une performance d'autant plus remarquable que le groupe opère dans un environnement fragilisé, marqué par des tensions matières premières et une demande client hésitante.
Une profitabilité qui décolle après un 2024 moribond
Serge Ferrari affiche les résultats d'un redressement en cours. L'EBITDA a bondi de 41,4% pour atteindre 29,6 millions d'euros en 2025, contre 20,9 millions en 2024. L'adjusted EBIT progresse de 49,5% à 18,8 millions d'euros. Surtout, le résultat net du groupe s'est stabilisé à 5,4 millions d'euros, quittant le rouge des 15,2 millions de perte enregistrées en 2024, une année exceptionnellement dégradée par des frais de restructuration liés à VerseidagIndutex GmbH. Les revenus annuels atteignent 347,5 millions d'euros, en croissance de 7,9% à périmètre et taux de change constants. Cette progression s'est concentrée sur les trois premiers trimestres, le quatrième trimestre ayant montré un léger recul de 0,9%.
La maîtrise des coûts et les prix compensent les tensions matières
Derrière cette amélioration, deux leviers ont fonctionné. D'abord, une hausse tarifaire mise en œuvre pour limiter l'impact de la volatilité des matières premières stratégiques comme l'antimoine. Ensuite, le plan Transform 2025 a généré 1,1 million d'euros d'économies. Le groupe a aussi démontré un contrôle serré de son besoin en fonds de roulement, qui recule à 118,5 millions d'euros, soit 34,1% des revenus en 2025, contre 37,7% l'année précédente. La réduction de la dette nette de 10,4 millions d'euros et la baisse du ratio de levier de 3,7 à 2,3 confirment une amélioration substantielle de la structure financière, renforcée par un refinancement de 105 millions d'euros finalisé en décembre 2025.
Une visibilité jugée insuffisante pour anticiper la suite
Le groupe tempère toutefois ses attentes. Serge Ferrari cite une « visibilité faible persistante » et une attitude « attentiste » de certains clients comme facteurs de prudence. En réponse, l'entreprise annonce qu'elle continuera à optimiser et sécuriser sa structure de coûts pour soutenir l'amélioration de la profitabilité. Aucune guidance chiffrée n'a été communiquée pour 2026. Cette réserve suggère que le groupe, bien qu'ayant neutralisé les effets dépressifs de 2024, ne considère pas le redressement comme pérenne tant que la demande des clients n'aura pas montré des signes de consolidation. L'enjeu pour les investisseurs réside dans la capacité du groupe à transformer son amélioration opérationnelle en croissance organique durable dans un marché qui reste fragmenté et soumis à des tensions géopolitiques.