Sopra Steria : CS Group intègre l'IA prédictive de l'Italien Aiko à sa suite de pilotage de satellites
CS Group, la filiale spatiale de Sopra Steria, va intégrer à sa suite de pilotage de satellites Gosmic un outil de maintenance prédictive développé par Aiko, société fondée à Turin en 2017. Le groupe a présenté le 22 octobre 2026 ce rapprochement comme une déclinaison industrielle du Traité du Quirinal entre la France et l'Italie.
Un outil italien de prédiction des anomalies greffé sur Gosmic
L'accord porte sur l'intégration des technologies respectives des deux sociétés. D'un côté, Gosmic, conçue par CS Group, permet de piloter depuis un centre de contrôle unique les opérations de constellations de plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines de satellites. La suite repose sur une architecture à microservices associant un centre de contrôle multi-satellites, un planificateur conçu pour le cloud et un moteur de dynamique de vol basé sur Orekit, le tout accessible depuis une interface web unique. De l'autre, Gifted_GENE, la plateforme de maintenance prédictive d'Aiko, analyse la télémétrie et corrèle des signaux faibles pour remonter à la cause d'une anomalie. Selon le communiqué, elle signale une anomalie jusqu'à quatre jours avant qu'elle ne dégénère en panne. Le fabricant de satellites Tyvak International et l'entreprise aérospatiale italienne Avio l'utilisent déjà pour surveiller leurs flottes. « En intégrant les capacités prédictives de Gifted_GENE à notre suite Gosmic, nous donnons aux opérateurs spatiaux une vision intégrée de leurs missions, capable d'anticiper une anomalie plusieurs jours avant qu'elle ne survienne », a déclaré Sylvain D'Hoine, directeur des programmes spatiaux de Sopra Steria (CS Group).
D'une collaboration ponctuelle à une intégration durable
Les deux sociétés ne partent pas de zéro. CS Group et Aiko France travaillent ensemble depuis plusieurs années dans le cadre d'Astrek, initiative qui fédère, selon le communiqué, les principaux acteurs européens de la surveillance de l'espace. Le changement introduit par l'accord tient au passage d'une collaboration ponctuelle à une intégration durable des deux technologies dans une même offre. Sopra Steria justifie ce choix par la hausse du nombre d'engins en orbite et du volume de données à traiter, que les centres de contrôle historiques, pensés pour quelques satellites à la fois, peinent à suivre. Pour le groupe, recruter au rythme de la croissance des constellations n'est pas réaliste pour la plupart des opérateurs, ce qui fait de l'intelligence artificielle le levier permettant d'absorber cette montée en charge.
Un partenariat rattaché au Traité du Quirinal
Le partenariat est accompagné d'une « Executive Letter » adressée à la présidence de la République française et aux autorités italiennes. Ce document rattache l'accord au Traité du Quirinal et à la déclaration conjointe signée à Rome le 9 mars 2026 par les ministres Philippe Baptiste et Adolfo Urso, qui reconnaît le spatial comme un pilier stratégique de la souveraineté européenne. « Ce partenariat avec Aiko est le prolongement concret de l'ambition portée par la France et l'Italie dans le cadre du Traité du Quirinal », a souligné Sylvain D'Hoine. L'annonce intervient après le Sommet international sur l'espace, qui s'est tenu à Paris les 9 et 10 septembre. Aiko compte plus de 60 experts répartis entre l'Italie et la France (Toulouse) et a levé plus de 5 M€ depuis 2020.