Umicore mise sur le manganèse face au LFP, 90 % du raffinage concentré en Chine
Dans une publication institutionnelle mise en ligne le 21 octobre 2026, Umicore a exposé le rôle qu'il attribue au manganèse dans ses matériaux pour batteries, en présentant la chimie lithium-manganèse riche (LMR) comme une alternative aux batteries lithium-fer-phosphate (LFP) sur le segment de volume du véhicule électrique.
Le groupe y souligne aussi un point d'approvisionnement : environ 90 % des capacités de raffinage du manganèse, en particulier pour le sulfate de manganèse monohydraté de haute pureté destiné aux batteries, sont concentrées en Chine.
LMR et NMC : une même capacité industrielle pour plusieurs chimies
Il s'agit d'une prise de parole institutionnelle, qui rappelle le positionnement du groupe sur ce métal. Umicore utilise le manganèse dans ses matériaux cathodiques nickel-manganèse-cobalt (NMC), où il sert de stabilisateur structurel et améliore la stabilité thermique, selon Pierre-Etienne, directeur Recherche, Développement et Innovation. Le groupe décrit la chimie LMR comme un domaine d'importance croissante : moins chargée en nickel et en cobalt, elle offre selon lui des coûts métaux plus bas pour une densité énergétique comparable au NMC.
Umicore indique avoir développé et protégé des matériaux cathodiques LMR spécifiques, pouvant être produits sur ses sites de Finlande et de Pologne. « Nous nous concentrons sur la maximisation de la teneur en manganèse et la réduction du cobalt et du nickel, tout en préservant les performances », a déclaré Pierre-Etienne, qui précise que les matériaux à haute teneur en nickel ou en manganèse peuvent être fabriqués dans les mêmes usines.
Le groupe dit détenir des brevets clés sur les batteries à électrolyte solide, technologie qui n'est pas encore commercialisée, et avoir mis au point une variante de LMR qui leur est dédiée.
Traçabilité, empreinte carbone et recyclage : les enjeux soulevés
Au sein de l'activité Cobalt and Specialty Materials (CSM), le manganèse entre dans des produits comme l'acétate et le carbonate de manganèse, utilisés principalement comme catalyseurs dans l'industrie chimique, notamment pour la production d'acide téréphtalique purifié, précurseur du PET.
Sur l'approvisionnement, Vincent Braet, responsable des achats de manganèse chez Umicore, estime que « la visibilité sur l'ensemble de la chaîne n'est pas encore au niveau souhaité ». Il met en avant une empreinte carbone généralement plus faible que celle des autres matières premières de batteries, le minerai contenant souvent 40 % de métal ou davantage.
Le recyclage reste limité à ce stade : le manganèse coûte typiquement 2 dollars le kilo, ce qui réduit l'incitation à le récupérer. Selon Vincent Braet, les batteries qui entreront dans les filières de recyclage au cours des 10 à 15 prochaines années contiendront encore davantage de cobalt et de nickel que de manganèse.