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La classe moyenne française inquiète l'OCDE

| Publié le 11-04-2019 16:23 | Mise à jour le 17-04-2019 12:16
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La classe moyenne française inquiète l'OCDE
Crédit(s) photo(s) : ©OECD/Andrew Wheeler  

L'OCDE a publié un rapport édifiant sur les classes moyennes dans les pays industrialisés : en 30 ans, elles se sont appauvries. La faute à l'explosion du prix des logements, à la stagnation des revenus et à la raréfaction des emplois stables par rapport à la génération précédente.

- Le revenu médian des classes moyennes a progressé trois fois moins vite que celui des 10% les plus riches

- La proportion des ménages français qui peinent à boucler leurs fins de mois est supérieure à celle des autres pays de l'OCDE

- L'organisme s'inquiète car le rôle des classes moyennes dans l'économie est crucial

Un rapport inquiétant

L'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) vient de publier une étude qui démontre un nivellement par le bas des classes moyennes dans tous les pays industrialisés et développés. Les auteurs du rapport estiment que « le rêve de la classe moyenne reste de plus en plus un rêve pour beaucoup ».

L'étude constate que l'ascenseur social est en panne. Ses effets se seraient même considérablement réduits pour les classes moyennes depuis quelques années, et particulièrement en France. Selon l'organisme, il faut désormais presque de six générations pour la descendance d'un foyer à revenus modestes pour atteindre le revenu moyen des Français. Or, ce chiffre est bien plus élevé que dans beaucoup de pays, où il faut "seulement" entre deux et cinq générations.

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Des revenus en baisse

Sur 30 ans, le revenu médian des classes moyennes dans les pays membres de l'OCDE a progressé trois fois moins vite que celui des 10% les plus riches. Elles ont vu leurs revenus stagner, voire régresser depuis ces dix dernières années.
Un fait qui avait été rappelé récemment au Sénat par l'économiste Michel Didier, président de Rexecode, lors d'une audition sur l'efficacité de la transformation de l'impôt sur la fortune.

L'organisme indique que la proportion des ménages français qui peinent à boucler leurs fins de mois est supérieure à celle des autres pays de l'OCDE (52% vs 47%). Pour les foyers à bas revenus, l'écart est encore plus important puisque les Français sont 81% à avoir des difficultés, contre 70% pour les autres pays. La faute notamment à la progression importante des prix des logements, "qui a augmenté 3 fois plus vite que le revenu médian des foyers".

Pour être considéré comme faisant partie de la classe moyenne en France, il faut qu'un foyer ait des revenus annuels compris entre 16 000 € et 42 000 € (dans le rapport, le revenu est exprimé en dollars pour assurer une comparabilité internationale en parité de pouvoir d'achat).

Des Millénials moins chanceux que leurs parents

Selon l'OCDE, la génération des « Millénials » (17-35 ans dans l'étude) est beaucoup moins bien lotie que celle des « baby boomers ». 70% de cette génération née après la Seconde Guerre mondiale parvenait à intégrer la classe moyenne dès leur vingt ans, contre seulement 60% des "Millénnials" aujourd'hui. La génération précédente a pu profiter d'emplois stables, d'une vie active, de la facilité de devenir propriétaire, surtout au sein des pays les plus riches. Mais ces facilités se sont essoufflées depuis le début des années 80.

« Aujourd'hui, la classe moyenne ressemble de plus en plus à un bateau qui naviguerait en eaux troubles », a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, à propos du rapport présenté avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) à New York.

Les classes moyennes sont pourtant l'avenir

Bien que la situation des classes moyennes se dégrade continuellement, il n'en demeure pas moins que celles-ci sont vitales pour un pays. L'OCDE souligne leur rôle crucial dans l'économie dans la mesure où elles soutiennent la consommation et stimulent les investissements dans différents secteurs tels que l'éducation, la santé, le logement ou la protection sociale.

Ce rapport questionne les gouvernements et les décideurs politiques sur les mesures à mettre en place en vue de sauver, ou, tout du moins, faciliter la vie de ces classes moyennes qui souffrent en silence depuis près de 30 ans. Cette dégradation généralisée du niveau de vie de tout un pan de la société a de forte chance d'être à l'origine de la montée en force des partis populistes, de droite ou de gauche, et de mouvements contestataires importants comme les gilets jaunes. Aux élus politiques de trouver des solutions et d'apporter des réponses.


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