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Dernière mise à jour : 13/03/2026 - 17h35
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Homéopathie : pourquoi elle ne sera plus remboursée

Le ministère de la Santé vient d'annoncer le déremboursement de l'homéopathie dès 2021. Une décision qui devrait permettre d'économiser 126 millions d'euros par an, mais qui soulève de nombreux mécontentements.

Homéopathie : pourquoi elle ne sera plus remboursée

La tribune anti « Fakemed » : le pavé dans la mare

En mars 2018, un collectif de 124 professionnels de santé publiait dans le Figaro une tribune contre les « médecines alternatives », dont l'homéopathie. « Les thérapies dites « alternatives » sont inefficaces au-delà de l'effet placebo et n'en sont pas moins dangereuses. », pouvait-on lire. Le collectif FakeMed y demandait notamment l'arrêt du remboursement de l'homéopathie par la Sécurité Sociale.

Actuellement, ces traitements sont en effet remboursés à hauteur de 30%. Mais pour cela, ils bénéficient d'un régime d'exception. Si tous les médicaments voient leurs effets évalués tous les 5 à 10 ans pour prétendre au remboursement, ce n'est pas le cas de l'homéopathie : en 1984, la ministre de la Santé de l'époque Georgina Dufoix avait autorisé une prise en charge par la Sécurité Sociale sans passer par cette procédure.

La prise de position du Conseil de l'Ordre des médecins

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Dès sa publication, la « tribune des 124 » avait fait couler beaucoup d'encre. Elle avait notamment valu une convocation de ses signataires devant l'Ordre des médecins, après des plaintes nominatives déposées par des médecins homéopathes pour « non-confraternité ».

Quelques mois plus tard, le Conseil national de l'Ordre des médecins prenait position sur le sujet. D'une part, il précisait que « le traitement préconisé par un médecin ne peut, en aucun cas, être alternatif aux données acquises de la science et à l'état de l'art ». D'autre part, il rappelait que la prescription d'un traitement homéopathique ne pouvait se faire qu'après avoir « délivré au patient une information loyale, claire, et appropriée », soit après avoir expliqué au patient qu'en l'état actuel de la science, l'efficacité de l'homéopathie est considérée comme équivalente à celle d'un placebo.

La Haute Autorité de Santé conclue à une absence de preuve d'efficacité des traitements homéopathiques

Face à la fronde, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, avait décidé début 2019 de confier une mission d'évaluation des traitements homéopathiques à la Haute Autorité de Santé (HAS). En France, c'est cette entité qui est chargée d'évaluer les médicaments en vue de leur remboursement par la Sécurité Sociale.

Fin juin, la HAS a donc rendu son rapport. Celui-ci préconise le déremboursement de l'homéopathie du fait « d'une efficacité insuffisamment démontrée ». Selon ses conclusions, les 800 études internationales analysées, les dossiers déposés par les laboratoires concernés et les contributions de professionnels de santé n'ont pas apporté de preuve de son efficacité.

Le déremboursement acté par le Gouvernement sous les protestations

Agnès Buzyn avait déclaré très tôt qu'elle se rangerait à l'avis de la Haute Autorité de Santé. Le 10 juillet, un communiqué du ministère de la Santé a donc confirmé que les traitements homéopathiques ne seraient plus remboursés à compter du 1er janvier 2021. En 2020, le remboursement passera de 30% à 15%, ce palier étant destiné, selon la ministre, aux patients et à l'industrie de s'adapter.

Avant même la décision, le déremboursement de l'homéopathie a soulevé des protestations. Une pétition lancée sur Internet a recueilli plus de 1 million de signatures. Plusieurs élus ont fait part de leur désapprobation, parmi lesquels le maire de Lyon et ex-ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dont la région abrite le siège du leader mondial de l'homéopathie Boiron, et Xavier Bertrand, président de la région Hauts de France.

Les laboratoires ont également vivement réagi, expliquant que cette décision mettait 1300 emplois à risque. Selon Alain Coard, délégué CFE-CGC aux laboratoires Boiron interrogé par Europe 1, « en cas de déremboursement, on aurait une baisse des ventes d'environ 50% la première année, puis 50% la deuxième année ».





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