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Football en bourse : comment le résultat des matchs impacte la valeur des clubs

| Publié le 19-04-2019 14:29 | Mise à jour le 04-07-2019 11:13
Football en bourse : comment le résultat des matchs impacte la valeur des clubs
Crédit(s) photo(s) : © Shutterstock - Cristiano Ronaldo lors de la défaite de la Juventus en Ligue des Champions le 16 av  

Immédiatement après la défaite de la Juventus Turin en Ligue des Champions, son titre a plongé de 20% en bourse. En effet, la valeur des clubs cotés sur les marchés varie énormément en fonction de leurs performances. Réunis au sein de l'indice boursier « Stoxx Europe Football », ils réalisent néanmoins de belles performances financières.

• La Juventus Turin a plongé en bourse après sa défaite en Ligue des Champions.
• Globalement, les 21 clubs de football européens cotés ont réalisé de belles performances financières en 2017 et 2018.
• Les cours varient cependant très rapidement à la hausse ou à la baisse en fonction de leurs perspectives financières liés aux victoires, défaites, mais aussi rumeurs qui les entourent.

Des clubs de football cotés en bourse : qu'est-ce que cela veut dire ?

Le football est un « business » à part entière. Rien qu'en France, le chiffre d'affaires atteignait 7,5 milliards d'euros en 2017 et affichait une croissance annuelle de 49%. Le sport le plus populaire du monde génère des montants astronomiques entre les droits télé qui explosent, les ventes de produits dérivés et les gains financiers des compétitions.

Les clubs sont donc devenus des entreprises privées à but lucratif, dont la valeur augmente et diminue en fonction des performances sportives. Certains ont fait le choix d'une introduction en bourse, ouvrant leur capital aux petits et grands investisseurs de la planète entière.

Or, comme pour n'importe quelle entreprise privée, ce sont les anticipations des performances financières futures qui font monter ou descendre les cours de bourse. Si elles sont bonnes (en cas de victoire, le chiffre d'affaires va augmenter), les titres financiers sont très demandés et le cours monte. Si au contraire les perspectives s'assombrissent (en cas de défaite notamment), les investisseurs revendent leurs titres en masse, et le cours descend.

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Pourquoi les clubs de football veulent-ils être introduits en bourse ?

L'objectif principal de l'entrée en bourse, surtout à partir des années 2000, est de permettre aux clubs de se désendetter et aux supporters de s'impliquer encore plus dans la vie de leur club, via l'achat d'actions.

Pour les investisseurs, miser sur le bon club au bon moment peut rapporter de l'argent. Depuis janvier par exemple, les cours des actions du Benfica Lisbonne (+80%) et de la Juventus Turin (+56%) se sont littéralement envolés. La progression du club italien peut notamment s'expliquer par l'arrivée marquante de Cristiano Ronaldo et les perceptives de victoires et d'amélioration du chiffre d'affaires liées. D'autres clubs ont également réalisé de bonnes performances, comme le Borussia Dortmund (+31%), le Celtic Glasgow (+29%) ou l'Ajax Amsterdam (+26%).

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Une belle résistance des actions

Sur les marchés financiers en 2017, les clubs de football ont davantage progressé que l'indice phare de la bourse française. L'indice « Stoxx Europe Football » a progressé de 16,7%, contre un peu moins de 10% pour le CAC.

Il a aussi beaucoup mieux résisté que bon nombre d'indices en 2018. Alors que le CAC 40 (France), le FTSE (Grande-Bretagne), l'Euro Stoxx 50 (Europe), le Dow Jones (États-Unis) ou le Nikkei (Japon) ont littéralement dévissé en fin d'année, le Stoxx Europe Football a démontré une résistance presque insolente.

Néanmoins les cours des clubs sont ultrasensibles, et peuvent aussi chuter très vite.

Une défaite qui coûte cher à la Juventus Turin

Une défaite dans la plus prestigieuse compétition européenne peut avoir des répercussions jusque sur la valeur boursière d'un club. C'est le cas de la Juventus Turin, éliminée par l'Ajax Amsterdam en quarts de finale de la compétition 2019.

Dès le lendemain du match, l'action du club piémontais a chuté de 20% alors que celui de son rival a progressé de 8%. Cette élimination prive en effet la Juve de revenus conséquents : 31 millions d'euros (12 millions d'euros pour la qualification en demi-finale, 15 millions d'euros pour l'arrivée en finale et 4 millions d'euros pour la victoire).

Un chiffre qui n'inclue pas les retombées publicitaires et l'argent des sponsors que le club aurait pu empocher s'il avait été plus loin dans la compétition.

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L'exemple de l'ascension et de la chute de la valeur des titres du Borussia Dortmund

En 2017, le cours du titre du club allemand de Dortmund a progressé de 26% en quelques mois. Cette hausse peut s'expliquer grâce à la vente rocambolesque et médiatisée du joueur français Ousmane Dembélé pour près de 150 millions d'euros, ainsi que aussi grâce à la bonne période que traversait le club : 7 matchs de championnat et 6 victoires, tout en étant premier du championnat allemand.

Mais peu après, les résultats sportifs sont devenus décevants. Une succession de défaites a eu un impact immédiat sur la valeur des titres boursiers, qui a entamé une dégringolade. Seulement 6 mois après son record d'octobre 2017, les titres du club avaient perdu près de 40% de leur valeur.

Les autres éléments qui font varier le cours des actions d'un club

Les recettes provenant de la billetterie et les droits audiovisuels vendus par les clubs sont des éléments qui rendent les clubs de football plus ou moins attractifs sur le marché boursier.

Les rumeurs sur les transferts de joueurs jouent également un rôle. Les clubs de foot sont constamment passés sous la loupe par les médias spécialisés, surtout pendant la période estivale. C'est à ce moment que circulent les rumeurs de transferts, ce qui se traduit par des anticipations des investisseurs et des variations parfois importantes du cours des clubs.

Comme pour toute entreprise, la publication des résultats financiers a également un impact sur la valeur de leurs titres financiers. La bourse constate souvent des brusques corrections ou même des fortes envolées les jours qui suivent leur présentation.

Enfin, les grandes décisions sportives, licenciement ou signature d'un grand entraîneur, départ ou arrivée d'un joueur prestigieux, sont autant d'éléments qui influent sur les actions du club.

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Historique des clubs de football cotés en bourse

Les clubs de football sont cotés en bourse depuis 1983 : les Londoniens de Tottenham furent les précurseurs. Les clubs anglais ont ensuite longtemps constitué les piliers de l'Europe boursière du football.

Aujourd'hui la liste des clubs présents au sein du Stoxx Europe Football est importante : on y trouve un club de deuxième division polonaise (le Ruch Chorzow), un club macédonien (le FK Teteks Tetovo) et un suédois, l'AIK Fotboll, les clubs danois (Brondy, Arhus, Silkeborg et Aalborg) et turcs (Fenerbahçe, Galasaray, Besiktas et Trabzonspor) sont les mieux représentés au sein de cet indice (4 chacun).

La France compte un seul club (Lyon), tout comme les Pays-Bas (Ajax Amsterdam), l'Écosse (le Celtic Glasgow) et l'Allemagne (le Borussia Dortmund). Enfin, le Portugal (Benfica, Sporting Lisbonne et Porto) et l'Italie (AS Roma, Lazio Rome et Juventus Turin) y placent trois de leurs meilleurs clubs.

Exception notable : Manchester United, qui bien que représentant une ville britannique, est coté à la bourse de New York. Il ne fait donc pas partie de l'indice Stoxx Europe Football. Avec une capitalisation de 3,5 milliards de dollars, le club vaut d'ailleurs plus du double de la plus grosse capitalisation européenne (la Juventus, avec 1,2 milliards d'euros). Sur les douze derniers mois, son titre a augmenté de 16%.

En 2000, 24 clubs britanniques étaient cotés en bourse, sur un total de 37 équipes européennes. Du côté français, les clubs étaient confrontés à des difficultés pour s'introduire sur les marchés financiers. Au début des années 2000, l'Olympique Lyonnais, alors sur le toit du football hexagonal, avait tenté une entrée en bourse. Celle-ci avait été refusée par l'État Français (notamment dans un soucis de protéger les épargnants de la spéculation).
La Commission européenne avait alors demandé expressément à la France de se mettre en conformité avec le droit européen. C'est ce qu'elle a fait en 2005, mais en obligeant les clubs à détenir des actifs (stades, immobilier, centres de formation...) afin d'éviter l'effet trop spéculatif. En 2007, l'introduction en bourse de l'OL a été un franc succès.


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