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Quel est le salaire d'un patron du CAC 40 ?



Dans le monde de la haute finance et du business, la question de la rémunération des grands patrons fait régulièrement débat. Une étude récente du cabinet de conseil People Base CBM apporte un éclairage nouveau sur ce sujet, révélant des disparités notables dans les packages de rémunération des dirigeants des entreprises du CAC 40.


Temps de lecture : 3 minute(s) - | Mis à jour le 25-01-2024 17:00 | Publié le 25-01-2024 12:00  Photo : Shutterstock  

Une disparité dans les composantes de rémunération des dirigeants

En moyenne, le PDG d'une entreprise du CAC 40 perçoit une rémunération totale annuelle de 9,2 millions d'euros, contre 5,2 millions pour un DG, d'après les données du cabinet. Ces montants globaux englobent des composantes variées, avec un fixe, un variable et une part importante attribuée à la rémunération à long terme.

Premier constat, le salaire fixe n'est pas la principale ressource des revenus de ces dirigeants, puisqu'il ne représente que 14% de la rémunération des PDG et 24% de celles des DG. De même, le variable, bien que conséquent et généralement calé en fonction des résultats de l'entreprise, n'est que la 2ème composante de leurs revenus. En moyenne, il s'élève à environ 1,8 million d'euros pour les dirigeants, avec des écarts notables entre les sociétés. Par exemple, le DG de la Société Générale reçoit le montant le plus bas, soit 313 000 €, tandis que son homologue chez Stellantis bénéficie d'un montant variable bien plus élevé, à 7 480 000 € par an.

Ce sont les dispositifs de rémunération à long terme (stock options, actions gratuites/de performance, et "ILT Cash") qui constituent la part la plus importante du salaire global des grands patrons : 61% pour les PDG et 38% pour les DG. Selon l'étude, les PDG reçoivent en moyenne 5,6 millions d'euros par an à ce titre, un montant plus de deux fois plus élevé que les 1,9 million d'euros annuels attribués en moyenne aux DG. Le PDG de Dassault Systèmes se distingue particulièrement avec une rémunération à long terme atteignant les 29,7 millions d'euros annuels.
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Des montants déconnectés ?

D'une manière générale, il est frappant de constater que le salaire annuel d'un PDG ou d'un DG au sein du CAC 40 équivaut approximativement "à un siècle de salaire moyen d'un employé", selon l'étude. Un phénomène d'autant plus notable que l'écart de rémunération entre les dirigeants mandataires sociaux et la moyenne des salariés s'est légèrement accru au cours des deux dernières années.

La question de la rémunération des dirigeants de grandes entreprises, notamment celles du CAC 40, est un sujet sensible et complexe qui soulève plusieurs débats importants. D'un côté, il y a la nécessité de rémunérations attractives et motivantes pour attirer et retenir les meilleurs talents à des postes de direction et éviter leur départ à l'international où les rémunérations peuvent parfois être encore plus élevées. Ces dirigeants sont souvent perçus comme les architectes du succès (ou de l'échec) d'une entreprise, et cette compensation peut être vue comme un investissement dans un leadership et un réseau relationnel important.

D'un autre côté, ces rémunérations élevées sont très contrastées par rapport à la rémunération moyenne des employés de l'entreprise, sans parler du salaire minimum (SMIC). Cette disparité peut être source de tensions, perçue comme une manifestation d'inégalités croissantes au sein de l'entreprise et de la société en général. La question se pose alors de l'équité et de la justification de telles différences salariales, surtout dans des contextes où les employés peuvent faire face à des conditions de travail difficiles, des suppressions d'emplois ou des gels salariaux.

Du point de vue des investisseurs, une rémunération excessive des dirigeants peut être vue comme une charge pour l'entreprise, affectant potentiellement sa rentabilité et sa santé financière. Les actionnaires, en particulier ceux qui prônent une gestion financière prudente et une maximisation de la valeur à long terme, peuvent s'inquiéter de l'impact de ces rémunérations sur les résultats de l'entreprise et sur leur retour sur investissement.
Ils peuvent également craindre que des rémunérations trop élevées ne soient pas toujours alignées avec les performances ou les résultats de l'entreprise, conduisant à une récompense sans rapport avec le succès réel ou la création de valeur. L'on se souvient des remous provoqués en 2016 par la décision de fixer la rémunération de Carlos Ghosn, alors patron de Renault, à 7,2 millions d'euros contre l'avis des actionnaires.

L'équilibre entre la nécessité d'attirer des talents de haut niveau avec des packages de rémunération compétitifs et la garantie d'une distribution équitable des ressources au sein de l'entreprise reste un vrai sujet. De même, assurer que ces rémunérations soient en adéquation avec les intérêts à long terme de l'entreprise et de ses actionnaires est un enjeu crucial de gouvernance d'entreprise. Cela nécessite une approche réfléchie, où la transparence, l'équité et l'alignement des incitations sont clés pour maintenir à la fois la motivation des dirigeants et la confiance des employés, des actionnaires et du public.


















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Vos avis, vos débats, vos commentaires...

Robert
On se pose toujours la question des écarts de salaire, mais quand on voit les packages des grands patrons, on se dit qu'il y a vraiment un autre monde au sommet. La notre c'est plus package McDo et bons de réduction que millions d'euros et stock options, hein ? Alors oui, les montants sont peut-être déconnectés, moins de leurs performances économiques que de la réalité du quotidien de la majorité des gens. Voilà pour ma petite bafouille.
Rêveur
C'est quand même hallucinant ces écarts de salaires entre patrons du CAC 40 ! On est dans le stratosphère là ! Et dire qu’ils gagnent ça en un an…où va le monde sérieusement ? On se demande vraiment si ces montants ne sont pas complètement déconnectés de la réalité…
Gaël67
Sérieusement, je me demande à quelle hauteur ils devront monter pour que les patrons du CAC 40 jugent leurs rémunérations suffisantes. On parle de disparités, mais même le moins bien payé gagne en un an ce que le citoyen lambda ne touchera même pas en une vie entière. Où est la justice ici ?







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