Action AbbVie : le titre recule de 2,79% en clôture
L'action AbbVie a terminé la séance du lundi 3 novembre sur le rouge, cédant 2,79% pour clôturer à 211,96 dollars. Cette performance négative intervient après une semaine d'une ampleur bien plus importante, marquée par la publication des résultats du troisième trimestre vendredi dernier. Sur les sept derniers jours, le titre accumule un repli de 7,05%. Parallèlement, le S&P 500 progresse de 0,36% lundi, creusant ainsi l'écart avec la trajectoire baissière du groupe pharmaceutique.
La séance du lundi 3 novembre prolonge la tendance défavorable marquée par l'annonce des résultats trimestriels. Le volume d'échange s'établit à 8,87 millions de titres, ce qui représente 0,5% de la capitalisation boursière. Cette intensité d'échanges traduit une certaine activité de repositionnement des portefeuilles suite aux données révélées vendredi. Sur une base annuelle, AbbVie enregistre une progression de 5,73%, reste une performance qui démontre une certaine résilience malgré les turbulences observées au cours de la semaine.
Par comparaison, l'indice S&P 500 a progressé de 18,33% sur les douze derniers mois, soulignant clairement le fossé croissant entre les valeurs pharmaceutiques et les gains plus larges du marché américain, largement portés par le secteur technologique. Cette divergence reflète les défis spécifiques auxquels le secteur pharmaceutique fait face, notamment l'expiration de brevets et l'émergence de génériques et de biosimilaires. Le titre évolue depuis plusieurs mois bien en dessous des performances moyennes du marché, une période durant laquelle AbbVie a dû accélérer la recomposition de son portefeuille de produits pour compenser les baisses de chiffre d'affaires liées à la perte d'exclusivité de ses traitements phares. La baisse cumulée sur la semaine de 7,05% révèle l'ampleur de la correction en cours. Si le secteur pharmaceutique affiche généralement des valorisations stables du fait de leurs flux de trésorerie prévisibles, les cycles de changement de portefeuille peuvent générer des volatilités plus prononcées. AbbVie en est un exemple cette semaine, avec le S&P 500 progressant modestement en lundi quand le titre recule.
La semaine baissière est directement imputable aux résultats trimestriels dévoilés le 31 octobre. AbbVie a rapporté un bénéfice net de 186 millions de dollars au troisième trimestre 2025, soit une chute spectaculaire par rapport aux 1,56 milliard réalisés un an auparavant. Cette dégringolade s'explique notamment par les impacts défavorables liés aux dépenses de recherche et développement, qui ont pesé à hauteur d'1,50 dollar par action sur les résultats trimestriels. Néanmoins, les résultats ajustés dépeignent un portrait différent. Le groupe a enregistré un bénéfice par action ajusté de 1,86 dollar, surpassant clairement les estimations des analystes fixées à 1,77 dollar. Le chiffre d'affaires trimestriel de 15,78 milliards de dollars a également dépassé les attentes consensuelles de 15,59 milliards de dollars. Face à cette performance supérieure aux attentes, AbbVie a décidé de relever sa prévision de bénéfice annuel 2025, la portant à 10,61 à 10,65 dollars par action, contre une fourchette initiale de 10,38 à 10,58 dollars.
Cette révision à la hausse reconnaît la solidité des nouveaux traitements immunologiques du groupe. Les ventes de Skyrizi ont atteint 4,71 milliards de dollars, dépassant les 4,44 milliards escomptés, tandis que le Rinvoq a généré 2,18 milliards de dollars, surpassant également les prévisions de 2,12 milliards. Ces deux médicaments constituent désormais les moteurs de croissance du groupe. Parallèlement, le déclin inévitable d'Humira persiste et réduit les marges de manœuvre. Les ventes mondiales du traitement contre l'arthrite se sont chiffrées à 993 millions de dollars au troisième trimestre, manquant nettement les prévisions de 1,15 milliard de dollars et marquant une étape symbolique : pour la première fois depuis la perte de son exclusivité, Humira s'établit sous le milliard de dollars de chiffre d'affaires trimestriel. Cette transition force AbbVie à accélérer sa transformation stratégique, le groupe ayant déjà investi plus de 20 milliards de dollars en acquisitions pour combler ce vide dans son portefeuille de produits.