Delta Plus Group : le chiffre d'affaires recule mais les marges résistent en 2025
Delta Plus Group a enregistré un chiffre d'affaires de 389,6 millions d'euros en 2025, en repli de 2,6 % par rapport à 2024, pénalisé par un effet de change défavorable de 3,5 % et une baisse organique de 2,0 %. Le groupe a cependant préservé sa rentabilité opérationnelle à 11,4 % du chiffre d'affaires, bien que le résultat net part du groupe ait reculé de 12,5 % à 27,2 millions d'euros. Pour les investisseurs, l'enjeu demeure : cette résilience des marges suffira-t-elle à compenser une activité qui se contracte ?
Un chiffre d'affaires maîtrisé malgré les turbulences externes
Le chiffre d'affaires consolidé de Delta Plus Group s'établit à 389,6 millions d'euros en 2025, en baisse de 2,6 % sur un an. Au-delà de ce constat apparent, la composition de cette baisse mérite analyse. Le groupe a subi un effet de change défavorable de 14,0 millions d'euros, soit 3,5 % du chiffre d'affaires, résultant principalement de la dépréciation du dollar face à l'euro. Hors ces variations de change et périmètre, la contraction organique s'élève à 2,0 %, chiffre qui masque des réalités géographiques divergentes. Hors Europe, le groupe affiche une croissance organique de 1,5 %, portée par le dynamisme de l'Amérique latine et du Moyen-Orient. En revanche, l'Europe recule de 5,5 % en organique, affectée par un attentisme en France et un cycle industriel dégradé en Allemagne. La stratégie d'acquisitions ciblées du groupe a partiellement amorti cet impact : l'intégration de Gevanta en Lituanie et de Baspa au Chili génère un effet périmètre positif de 2,9 %, soit 11,4 millions d'euros, permettant au groupe d'afficher une croissance globale de 0,9 % à taux de change constant.
La marge brute résiste pour soutenir une rentabilité opérationnelle préservée
Malgré les volumes réduits, Delta Plus Group a maintenu sa discipline tarifaire et sa montée en valeur produit, permettant à la marge brute de progresser à près de 56,0 % du chiffre d'affaires, en hausse de 60 points de base. Cette résilience opérationnelle s'est traduite par un résultat opérationnel courant de 44,4 millions d'euros, représentant 11,4 % du chiffre d'affaires, contre 12,6 % un an plus tôt. Bien que la rentabilité opérationnelle ait reculé de 1,2 point, elle demeure solide et valide, selon le groupe, l'efficacité du modèle économique en cycle bas. Le résultat net part du groupe s'établit à 27,2 millions d'euros, soit 7,0 % du chiffre d'affaires, en baisse de 12,5 % par rapport à 2024. Ce repli plus accentué que celui de la rentabilité opérationnelle reflète plusieurs facteurs : une hausse du coût de l'endettement financier brut de 0,8 million d'euros à 6,1 millions d'euros, liée notamment au financement des acquisitions du second semestre et à un besoin en fonds de roulement élevé sur trois trimestres, ainsi qu'un taux d'impôt de 24,2 %. Sur le plan bilanciel, l'optimisation du besoin en fonds de roulement constitue un point positif : les stocks ont été réduits de 8,3 millions d'euros à 111,0 millions d'euros, ramenant le BFR à 128 jours de chiffre d'affaires, quasi-stable par rapport aux 127 jours de 2024.
Structure financière solide et retour à la croissance attendu en 2026
Sur le plan financier, Delta Plus Group affiche une structure robuste. Les capitaux propres progressent à 275,2 millions d'euros, malgré un impact défavorable des écarts de conversion liés à la dépréciation du dollar. Le gearing s'élève à 52,8 % des capitaux propres et le ratio de levier à 2,9 fois l'EBITDA, des niveaux que le groupe considère comme prudents et préservant une flexibilité financière intacte. Pour 2026, le groupe vise un retour à la croissance organique, porté par la normalisation de ses marchés historiques et les transformations commerciales engagées. Il envisage également de poursuivre activement sa stratégie de croissance externe avec plusieurs dossiers d'acquisition à l'étude. Le groupe demeure vigilant face aux incertitudes géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, facteurs susceptibles d'alimenter la volatilité des devises et les tensions inflationnistes sur le fret maritime et certaines matières premières. Le conseil d'administration propose un dividende de 0,75 euro par action, reflétant la volonté de préserver une flexibilité financière optimale pour poursuivre la dynamique de croissance externe. L'enjeu stratégique demeure la capacité du groupe à concilier l'ambition de retour à la croissance organique avec le maintien de sa rentabilité opérationnelle et l'intégration réussie de ses acquisitions dans un environnement macroéconomique complexe.