Econocom : derrière un CA stable, deux segments sur des trajectoires opposées
Le groupe Econocom a publié ses résultats du premier trimestre 2026 dans un contexte de tensions géopolitiques et de pressions persistantes sur les chaînes d'approvisionnement liées à la demande croissante de l'industrie de l'intelligence artificielle. Si le chiffre d'affaires consolidé reste globalement stable à 679 millions d'euros, la photographie trimestrielle révèle une entreprise en pleine transformation, où les segments ne suivent pas la même trajectoire. Cette divergence soulève une question centrale pour les investisseurs : le groupe parvient-il à rediriger son mix d'activités vers des segments plus rentables, ou assiste-t-on à des fragilités structurelles dans le portefeuille métier ?
Products & Solutions porte la croissance, TMF s'accélère à la baisse
Les trois piliers d'Econocom affichent des performances très contrastées. Products & Solutions (P&S) enregistre une croissance de 13,6%, atteignant 331 millions d'euros, dopée par l'anticipation des contraintes à venir sur l'offre de matériel et par l'effet année pleine des acquisitions en audiovisuel (9,0% de croissance organique, 4,6% issues des acquisitions). À l'inverse, Technology Management & Financing (TMF), l'activité chute de 13,7% à 216 millions d'euros, marquant un contraste saisissant avec le « fort momentum » du premier trimestre 2025. L'activité Services, positionnée au croisement des deux, se contracte modérément de 4,6% à 132 millions d'euros, subissant également les effets de l'environnement économique complexe.
Une transformation en réaction aux chocs d'approvisionnement
Cette recomposition du portefeuille n'est pas conjoncturelle mais répond à une stratégie délibérée. Face aux tensions sur les chaînes d'approvisionnement, Econocom met en place un programme d'excellence opérationnelle articulé autour de trois axes : le repositionnement commercial vers des offres à plus forte valeur ajoutée, la réduction des coûts par mutualisation des ressources, et l'amélioration de la conversion de cash-flow. Le groupe a également progressé dans son recentrage stratégique en cédant définitivement Synertrade au 31 mars 2026. Pour réduire l'impact des tensions d'approvisionnement, le groupe diversifie ses sources (ouverture à de nouveaux fournisseurs), adapte ses modèles commerciaux (cycles de locations ajustés) et développe des offres de matériels reconditionnés, notamment via l'acquisition de Back IT en France. Ces réactions montrent une entreprise qui s'ajuste, mais aussi que l'environnement demeure complexe.
Retour à la croissance attendu à court terme
Le groupe table sur un « retour vers la croissance à court terme » via la mise en œuvre du plan One Econocom, qui conjugue amélioration de la profitabilité et génération de cash-flow. La stabilité affichée au premier trimestre, malgré une contraction organique de 1,9%, suggère que les ajustements de prix et l'ouverture commerciale commencent à porter leurs fruits. Cependant, l'ampleur de la contraction de TMF (-13,7%) pose une question d'exécution : le groupe parviendra-t-il à redynamiser ce segment ou s'agit-il d'une transition structurelle vers un portefeuille dominé par P&S et Services ? Les résultats semestriels attendus le 23 juillet 2026 clarifieront cette trajectoire. Pour les investisseurs, l'enjeu réside dans la capacité du groupe à transformer les initiatives en cours en hausse de profitabilité et de flux de trésorerie, tout en restaurant la croissance dans un contexte où les tensions géopolitiques et les chaînes d'approvisionnement restent imprévisibles.