Elis : chiffre d'affaires record de 4,8 milliards d'euros mais l'Amérique latine inquiète
Le géant français des services circulaires publie des résultats 2025 exceptionnels avec un chiffre d'affaires record de 4 796,8 millions d'euros et un ratio d'endettement au plus bas historique de 1,75x. Mais cette belle dynamique masque des fragilités croissantes en Amérique latine, où les surcoûts sociaux grignotent les marges, tandis que le groupe accélère sa redistribution aux actionnaires.
Tous les indicateurs financiers au plus haut historique
Elis a délivré en 2025 des chiffres records sur l'ensemble de ses métriques. Le chiffre d'affaires s'élève à 4 796,8 millions d'euros, en croissance de 4,9% (3,8% en organique). L'EBITDA ajusté progresse de 5,6% à 1 700,1 millions d'euros, avec une marge améliorée de 20 points de base à 35,4%. L'EBIT ajusté s'établit à 766,6 millions d'euros (+4,6%), tandis que le résultat net ressort à 366,6 millions d'euros en hausse de 8,6%. Plus remarquable encore : le résultat net courant par action progresse de 5,6% à 2,00 euros, et le free cash-flow atteint 358,6 millions d'euros en hausse de 3,5%. En matière de bilan, l'endettement financier net améliore son ratio à 1,75x, son plus bas niveau historique. Tous ces indicateurs confirment ce que le groupe qualifie lui-même de « niveaux records ».
L'Amérique latine freine les bénéfices tandis que l'Europe progresse
Si la croissance est généralisée géographiquement, elle ne masque pas des réalités contrastées. En France, la croissance organique atteint 3,3% mais s'accompagne d'un attentisme client marqué par une baisse des signatures de contrats. En Europe centrale et du Sud, les résultats brillent avec des améliorations de marge respectives de 50 et 100 points de base. Mais l'Amérique latine représente le point noir : bien que la croissance organique y atteigne 8,2%, la marge d'EBITDA ajusté s'effondre de 130 points de base à 33,6%, victime de décisions gouvernementales sociales (revalorisation du salaire minimum, réduction du temps de travail, majoration d'heures). Le groupe souligne que les ajustements tarifaires progressivement mis en place n'ont compensé qu'en partie ces surcoûts. Cette érosion révèle un défi majeur : la capacité à répercuter les hausses de coûts aux clients n'est jamais garantie, notamment en période d'attentisme économique.
Retour massif aux actionnaires malgré les tensions opérationnelles
Le groupe a engagé en 2025 un programme de rachat de 150 millions d'euros ; il annonce pour 2026 un nouveau programme pouvant atteindre 500 millions d'euros. Depuis janvier 2026, 113,9 millions d'euros ont déjà été dépensés pour racheter 4,5 millions d'actions à 25,42 euros. Ce tournant reflète l'amélioration progressive du bilan ces dernières années. Le dividende augmente également : 0,48 euro par action proposé pour 2025, soit +7% par rapport à 2024. Cette politique d'allocation du capital, rendue possible par la solidité du ratio d'endettement, vise à « améliorer significativement le retour aux actionnaires ». Reste à voir si cette confiance affichée dans le futur tiendra face aux défis croissants d'exécution opérationnelle en régions clés.