Enogia signe avec Naphtachimie un contrat d'au moins 10 ans pour produire de l'électricité
Le spécialiste marseillais des modules ORC a annoncé le 19 octobre 2026 le lancement du premier projet industriel de son offre « Green Shield Power Solutions », sur le site de Lavéra, près de Marseille. Ce projet répond à l'objectif fixé pour 2026 dans le cadre du plan Turbo 2028 et déploie dans l'industrie un modèle où Enogia ne vend pas seulement des équipements, mais se rémunère également comme producteur d'électricité.
La chaleur perdue de Lavéra convertie en électricité consommée sur place
Le contrat, qualifié de contrat de long terme, lie Enogia à Naphtachimie, filiale du groupe Ineos, pour son site de Lavéra. Le procédé industriel de l'usine produit en continu une chaleur que le site ne peut pas entièrement utiliser, et dont une partie est aujourd'hui perdue.
Les modules ORC d'Enogia, conçus et fabriqués à Marseille (à quelques dizaines de kilomètres du site), capteront cette chaleur pour la convertir en électricité décarbonée, consommée directement par l'usine. Selon la société, la signature conclut plus de deux ans de travaux communs entre les deux industriels voisins.
Une durée minimale de 10 ans, portée par une filiale codétenue avec l'ADEME
Le contrat est signé pour une durée minimale de 10 ans. Il est géré par Enogia Assets Industry, filiale d'Enogia détenue conjointement avec ADEME Investissement.
La mise en service interviendra à l'issue des phases d'étude, de fabrication et d'intégration, selon un calendrier qui reste à finaliser avec le client. Dans ce schéma, Enogia finance, installe et exploite les modules sur le site du client ; l'industriel n'engage aucune dépense d'investissement et achète dans la durée l'électricité produite, à un prix présenté par Enogia comme compétitif par rapport aux tarifs du réseau.
Des revenus récurrents en complément de la vente d'équipements
Enogia indique que ce modèle complète durablement ses ventes d'équipements par des revenus récurrents en tant que producteur d'énergie. La société précise qu'il répond aux critères de rentabilité qu'elle s'est fixés avec ses partenaires financiers, et qu'il est conçu pour être reproduit sur d'autres sites industriels énergivores, en France comme à l'international.
Arthur Leroux, président-directeur général d'Enogia, a souligné que l'offre se montre compétitive dans des conditions jugées exigeantes : en France, où l'électricité est relativement moins chère que dans les pays européens voisins, et dans l'industrie lourde, qui la paie déjà à un prix comparativement bas. Alexandra Loewenstein, directrice générale de Naphtachimie, a indiqué que le projet vise à améliorer l'efficacité énergétique du site en valorisant une énergie aujourd'hui perdue.
Le prochain rendez-vous financier d'Enogia est fixé au 11 février 2027, après la clôture de la Bourse, avec la publication du chiffre d'affaires annuel 2026.