Eramet confirme son augmentation de capital de 500 M€ au quatrième trimestre, l'APE en soutien
Eramet a confirmé, dans un communiqué publié le 12 octobre 2026 au soir, son intention de lancer au quatrième trimestre l'augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription (DPS) de 500 M€ annoncée en février 2026. Le groupe minier et métallurgique la présente comme « indispensable au rétablissement de la situation financière du Groupe », pour renforcer ses fonds propres, assurer le respect de ses covenants bancaires et poursuivre la mise en œuvre de sa stratégie.
Un schéma de souscription qui plafonne l'APE à 49 % des droits de vote
Le schéma retenu repose sur un accord entre les deux actionnaires de référence, l'Agence des participations de l'État (APE) et Sorame-CEIR. L'APE, agissant par FSI-Equation, souscrira à titre irréductible pour sa quote-part, soit 27,1 % du capital. Elle achètera également tout ou partie des DPS de Sorame-CEIR, avec une décote de 5 % par rapport à leur valeur théorique, de sorte que ses droits de vote effectifs en assemblée générale ne dépassent pas 49 %.
Si l'APE n'achetait pas l'ensemble de ces droits, Sorame-CEIR souscrirait avec le solde. Des options d'achat (call) au profit de l'APE et de vente (put) au profit de Sorame-CEIR porteraient alors sur ces actions nouvelles, à un prix d'exercice proche du cours théorique après détachement du droit (TERP), et dans une limite empêchant l'État de franchir le seuil de 50 % du capital. Sorame-CEIR s'est engagée à placer ses actions au porteur et à ne pas détenir plus de 30 % des droits de vote effectifs ; elle deviendrait le second actionnaire, et un nouveau pacte d'actionnaires serait conclu entre les deux parties.
Les autres actionnaires, dont le flottant, pourront exercer leurs DPS ou les céder sur le marché. Le conseil d'administration, réuni le 12 octobre 2026, a retenu cette solution à l'unanimité (les administrateurs représentant les actionnaires de référence s'étant abstenus), alors que plusieurs investisseurs avaient manifesté leur intérêt pour l'opération depuis février. Selon le groupe, cette solution préserve la possibilité pour Eramet de conclure ultérieurement d'autres partenariats.
Dérogation de l'AMF et échéance bancaire de mi-2027 encadrent l'opération
L'opération reste soumise à plusieurs conditions. L'État sollicitera auprès de l'AMF une dérogation à l'obligation de déposer une offre publique, dont l'obtention, purgée de tout recours, constitue une condition suspensive aux engagements de souscription. La signature des options interviendrait après l'avis des instances représentatives du personnel, et leur exercice est conditionné aux autorisations réglementaires requises.
Eramet lancera dans les prochains jours les travaux préparatoires avec le syndicat bancaire chargé de l'accompagner. L'exécution est prévue après la publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre, fixée au 29 octobre 2026, et avant la fin de l'année, sous réserve des conditions de marché. Le groupe indique qu'une non-réalisation d'ici mi-2027 serait préjudiciable à sa situation financière, en particulier au respect des covenants bancaires à cette échéance, et compliquerait significativement le refinancement des dettes arrivant à échéance à court terme.
L'exercice 2025 avait été marqué par des pertes significatives, un levier ajusté de 5,5x et un gearing de 125 %, contrevenant à ses obligations bancaires. Sa performance opérationnelle s'est améliorée au premier semestre 2026. Eramet poursuit en parallèle les deux autres volets de son plan de financement : l'amélioration de sa performance (notamment ReSolution) et la monétisation d'actifs. Il s'est par ailleurs engagé à ne reprendre une distribution de dividendes que lorsque son levier ajusté repassera en dessous de 1x.