GenSight encaisse 6,5 M€ au premier semestre 2026 mais publie un chiffre d'affaires négatif de 1,2 M€
Pour la première fois depuis 2022, GenSight Biologics a traité des patients avec sa thérapie génique GS010/LUMEVOQ dans le cadre de programmes d'accès dérogatoires payants, générant 6,5 millions d'euros d'encaissements au premier semestre 2026.
L'écart entre cette réalité de trésorerie et un chiffre d'affaires IFRS publié négatif de 1,2 million d'euros structure toute la publication, sur fond d'incertitude signalée par les Commissaires aux comptes quant à la continuité d'exploitation.
6,5 millions encaissés, 1,2 million de chiffre d'affaires négatif publié
Au premier semestre 2026, GenSight a généré 6,5 millions d'euros de chiffre d'affaires brut au titre de ses programmes d'accès dérogatoires payants en France (au prix de 425 000 euros par injection à compter de mars 2026) et en Israël. En application de la norme IFRS 15, ce chiffre est comptabilisé net des remises futures anticipées, pour 3,4 millions d'euros, dont aucune n'est décaissée en 2026.
À cela s'ajoute un changement d'estimation comptable ponctuel et non monétaire de 4,3 millions d'euros, lié à la fin de l'actualisation du passif de remboursement de l'ancien programme d'ATU (2019-2022). Au total, le chiffre d'affaires publié ressort négatif de 1,2 million d'euros, contre un chiffre d'affaires déjà négatif de 0,2 million d'euros au premier semestre 2025.
La perte opérationnelle s'établit à 8,5 millions d'euros, contre 6,8 millions un an plus tôt. Hors changement d'estimation comptable, elle se serait élevée à 4,2 millions d'euros. La perte nette atteint 10,3 millions d'euros, contre 7,0 millions au premier semestre 2025, avec une perte par action stable à 0,05 euro.
Besoin de trésorerie opérationnelle réduit de 37 %, transfert de fabrication achevé
Les encaissements des programmes d'accès dérogatoires ont permis de réduire de 37 % le besoin net de trésorerie lié aux activités opérationnelles, ramené à 1,6 million d'euros au premier semestre 2026, contre un décaissement de 2,5 millions un an plus tôt. La trésorerie et les équivalents s'élèvent à 1,7 million d'euros au 30 juin 2026, contre 2,4 millions au 31 décembre 2025.
Sur le plan industriel, le transfert de technologie de fabrication de GS010/LUMEVOQ chez Catalent a été achevé, les résultats des tests reçus à la fin de l'été ayant confirmé le succès du procédé. La fabrication d'un nouveau lot GMP a démarré et devrait s'achever en janvier 2027, la libération complète du produit fini étant attendue en mars 2027. La société indique ne pas anticiper de rupture d'approvisionnement.
Côté clinique, l'ensemble des patients restant à inclure dans l'étude de dose REVISE, menée à la demande de l'ANSM, ont été identifiés, le dernier patient étant programmé pour décembre 2026.
Un besoin net de financement d'environ 16 millions et une incertitude sur la continuité d'exploitation
Le rapport de revue limitée des Commissaires aux comptes comporte un paragraphe d'observation attirant l'attention sur l'incertitude significative relative à la continuité d'exploitation. La société indique que ses ressources financières disponibles sont insuffisantes pour couvrir ses besoins opérationnels au cours des douze prochains mois.
Jusqu'au 30 septembre 2027, les besoins totaux de trésorerie sont estimés à environ 41 millions d'euros. Les revenus des programmes d'accès dérogatoires et le Crédit d'Impôt Recherche devraient plus que couvrir les dépenses opérationnelles, ramenant le besoin net de financement à environ 16 millions d'euros, correspondant principalement à la préparation de l'essai de phase III RECOVER et à la fabrication associée.
La société prévoit un démarrage de l'essai RECOVER au second semestre 2027, sous réserve de sécuriser le financement nécessaire. À défaut d'un financement structurel obtenu d'ici mars 2027, ce démarrage serait reporté. Au 30 juin 2026, la dette financière s'élève à 22,6 millions d'euros en montant nominal (valeur comptable de 17,8 millions), tandis que le passif de remboursement atteint 13,2 millions d'euros, contre 5,0 millions au 31 décembre 2025.