L'action Air France-KLM lâche 4,4 % : le pétrole flambe, les marges risquent de trinquer
Le titre du groupe aérien franco-néerlandais subit un net recul ce jeudi, dans un contexte de flambée des cours du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient. Air France-KLM s'échange à 8,912 euros en séance, soit un repli de 4,4 % par rapport à la clôture de la veille, tandis que le CAC 40 cède 1,25 % au même moment.
Le pétrole en forte hausse pèse sur la compagnie aérienne
Le Brent a bondi d'environ 6 % en vingt-quatre heures pour remonter autour de 108 dollars le baril ce jeudi matin, après l'effondrement des espoirs de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. L'Iran a démenti avoir sollicité une trêve et promis des frappes de grande ampleur, tandis que les États-Unis ont annoncé la poursuite de leurs opérations militaires pour plusieurs semaines. Pour Air France-KLM, dont le kérosène constitue l'un des premiers postes de charges opérationnelles, cette envolée des cours du brut représente une pression directe sur les marges. Le titre affiche désormais un repli de près de 23 % sur trois mois, signe d'une érosion continue depuis le début de l'année. Le secteur aéronautique dans son ensemble souffre en séance : Airbus cède 2,79 % et Safran recule de 1,89 %.
Dans ce contexte, Morgan Stanley a abaissé ce jeudi son objectif de cours sur le titre, le ramenant de 11,70 euros à 9,60 euros, tout en maintenant sa recommandation à « pondération de marché ». Le nouvel objectif reste supérieur au cours actuel d'environ 7,7 %, mais la révision traduit une anticipation plus prudente de la banque américaine sur les perspectives du groupe face à l'environnement géopolitique et énergétique.
Des signaux techniques dégradés à l'approche d'un seuil clé
Sur le plan technique, le titre évolue nettement sous ses principales moyennes mobiles. Le cours de 8,912 euros se situe bien en deçà de la MM50 (10,74 euros) et de la MM200 (11,30 euros), confirmant une tendance baissière installée depuis plusieurs semaines. La proximité du seuil de support identifié à 8,56 euros mérite une attention particulière : un franchissement à la baisse pourrait marquer une accélération du mouvement vendeur. Le titre a d'ailleurs touché en séance la partie inférieure de ses bandes de Bollinger, située à 8,42 euros, ce qui illustre la pression vendeuse actuelle.
Le prochain rendez-vous pour le groupe sera la publication de ses résultats du premier trimestre 2026, attendue le 30 avril. Ce point d'étape permettra d'évaluer l'impact concret de la hausse du pétrole sur la structure de coûts de la compagnie, ainsi que l'évolution du trafic passagers dans un contexte d'instabilité géopolitique au Moyen-Orient.