L'action ArcelorMittal chute de 6 % malgré un objectif relevé à 64 euros par ING
Le titre ArcelorMittal accuse un net recul ce mardi 3 mars, cédant près de 6 % à 51,28 euros après avoir clôturé la veille à 54,54 euros. Cette correction intervient alors que les marchés européens subissent les répercussions du conflit en Iran, qui provoque une envolée des prix de l'énergie. Sur une semaine, l'action affiche un repli de 9,21 %, bien que la performance sur trois mois reste solidement positive à 37,41 %.
Un repli technique après un rallye de plusieurs mois
Le recul observé ce mardi sur ArcelorMittal s'inscrit dans un contexte de correction après une progression remarquable. Le titre a gagné plus de 37 % en trois mois et près de 87 % sur un an, ce qui rendait un mouvement de repli plausible d'un point de vue technique. Le cours évolue désormais légèrement en dessous de sa moyenne mobile à 20 jours, située à 53,21 euros, tout en restant nettement au-dessus de la moyenne à 50 jours (46,21 euros). Ce positionnement suggère que la dynamique haussière de moyen terme n'est pas remise en cause à ce stade, malgré l'ampleur de la baisse du jour. Le RSI, à 55, se maintient en zone neutre, ce qui ne signale ni excès d'achat ni survente prononcée.
La flambée des cours du pétrole et du gaz naturel alimentée par les tensions autour du détroit d'Ormuz et les inquiétudes autour de la stabilité du Moyen-Orient pèsent directement sur le secteur sidérurgique. Le Brent a bondi vers 80 dollars le baril tandis que le gaz européen (TTF) s'est envolé de près de 25 %. Pour un groupe fortement consommateur d'énergie comme ArcelorMittal, le renchérissement brutal des coûts énergétiques constitue un facteur de pression immédiat sur les marges, ce qui contribue à expliquer l'ampleur du décrochage du titre par rapport au recul général des Bourses européennes, limité entre 1 et 3 %.
ING Bank relève fortement son objectif de cours à 64 euros
À contre-courant de la séance difficile, ING Bank a significativement révisé à la hausse son objectif de cours sur ArcelorMittal, le portant de 38 à 64 euros, tout en maintenant sa recommandation à l'achat. Cette nouvelle cible, publiée le 2 mars, implique un potentiel de revalorisation de l'ordre de 25 % par rapport au cours actuel de 51,28 euros. L'ampleur de la révision — un quasi-doublement de l'objectif — traduit une réévaluation profonde des perspectives du groupe par l'établissement néerlandais.
Ce relèvement intervient dans un calendrier financier qui verra la publication des résultats du premier trimestre 2026 le 30 avril prochain. Les investisseurs disposeront alors d'éléments concrets pour mesurer l'impact de la conjoncture récente, tant sur le plan de la demande d'acier que de l'évolution des coûts de production. L'écart entre la valorisation actuelle et la cible d'ING Bank pourrait alimenter les discussions dans les semaines à venir, en particulier si les tensions géopolitiques venaient à se dissiper ou si les prix de l'énergie refluaient.