L'action Michelin recule de 3,49 % à mi-séance, plombée par l'envolée du brut
Le titre Michelin recule nettement ce mardi 3 mars, cédant 3,49 % à 31,77 euros en milieu de séance, après une clôture à 32,92 euros la veille. Cette baisse s'inscrit dans un mouvement de correction plus large, le titre affichant un repli de près de 6 % sur les sept derniers jours. Le pneumaticien souffre dans un environnement de marché perturbé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
La flambée du pétrole pèse sur le secteur automobile et ses équipementiers
La chute du jour de l'action Michelin intervient alors que les cours du brut connaissent une envolée significative, le Brent atteignant 80,14 dollars le baril, en hausse de près de 10 %. Cette poussée des prix de l'énergie, provoquée par les opérations militaires en Iran et le contournement du détroit d'Ormuz par les principaux armateurs, pèse directement sur les coûts de production des industriels du secteur pneumatique. Le caoutchouc synthétique, matière première essentielle pour Michelin, est en effet un dérivé pétrochimique dont le prix évolue en corrélation avec celui du brut. L'allongement des routes maritimes commerciales renchérit par ailleurs les coûts logistiques.
Sur le plan boursier, les marchés européens affichent des replis compris entre 1 et 3 %, un recul jugé modéré par les observateurs compte tenu de l'ampleur du choc géopolitique. Le titre Michelin, malgré un bêta faible de 0,12 indiquant une sensibilité historiquement limitée aux mouvements généraux du marché, n'échappe pas à la correction. Les prochaines échéances du calendrier financier du groupe, notamment la publication des ventes du premier trimestre prévue le 29 avril, pourraient apporter davantage de visibilité sur l'impact réel de ce renchérissement énergétique sur les marges.
Un signal technique ambigu malgré le maintien au-dessus des moyennes longues
D'un point de vue technique, le cours de Michelin vient toucher la borne inférieure de ses bandes de Bollinger, située à 31,81 euros, ce qui signale un étirement baissier à court terme. Le titre évolue désormais en dessous de sa moyenne mobile à 20 séances (33,44 euros) et se rapproche de sa moyenne mobile à 50 jours, fixée à 31,11 euros, qui constitue un premier soutien potentiel. Ce niveau reste supérieur au seuil de support identifié à 29,55 euros.
Le RSI, indicateur mesurant la dynamique d'un titre, s'établit à 52, soit une zone neutre qui ne signale ni excès haussier ni survente prononcée. Sur trois mois, le titre conserve toutefois une avance de plus de 12 %, portée par le rebond amorcé en fin d'année dernière, tandis que la performance sur un an reste négative à hauteur de 7 %. La résistance à surveiller se situe à 34,48 euros, un niveau à partir duquel le titre avait précédemment plafonné. La volatilité mensuelle, à 8,48, traduit des oscillations modérées mais en phase d'accélération au regard de la séance du jour.