L'action Vicat chute de 12 % en une semaine, plombée par la flambée du pétrole
Le titre Vicat accuse un net repli ce mardi 3 mars, perdant 4,51 % à 65,70 euros à la mi-journée, dans un environnement de marché dégradé par les tensions au Moyen-Orient. L'action du groupe cimentier amplifie sa baisse hebdomadaire, qui atteint désormais près de 12 %. Ce recul ramène le cours à proximité de sa moyenne mobile à 200 jours, un niveau technique clé.
L'envolée des coûts énergétiques, un facteur de pression pour le secteur cimentier
La forte hausse des prix du pétrole et du gaz naturel, liée aux opérations militaires en Iran et au contournement du détroit d'Ormuz par les armateurs, constitue un facteur de pression directe sur les industriels énergivores. Le ciment est l'un des secteurs les plus exposés au renchérissement de l'énergie, la cuisson du clinker nécessitant des températures très élevées alimentées par des combustibles fossiles. Le Brent à plus de 80 dollars le baril et la flambée de 25 % du gaz naturel européen alourdissent mécaniquement la structure de coûts des cimentiers. Vicat, présent dans douze pays sur quatre continents, est particulièrement sensible à ces variations. Le groupe, qui publiera son chiffre d'affaires du premier trimestre le 4 mai, devra alors préciser l'impact éventuel de cette poussée inflationniste sur ses marges. L'assemblée générale, prévue le 10 avril, pourrait également offrir l'occasion d'un point d'étape sur la gestion de ces surcoûts.
Sur les marchés européens, le recul général de 1 à 3 % des indices ce mardi amplifie la correction du titre, déjà fragilisé par une dynamique baissière depuis plusieurs semaines. La performance sur trois mois ressort à -7,2 %, contrastant avec un gain annuel encore solide de 43,76 %.
Des indicateurs techniques qui signalent une zone de survente
Sur le plan graphique, le repli du jour a fait passer le cours de Vicat sous son support identifié à 68,80 euros, un seuil qui correspondait également à la borne inférieure des bandes de Bollinger (68,75 euros). Cette cassure technique accentue le signal baissier à court terme. La moyenne mobile à 200 jours, située à 65,18 euros, fait désormais office de prochain point d'appui potentiel : le titre n'en est plus qu'à quelques centimes.
Le RSI, indicateur mesurant le rapport entre les mouvements haussiers et baissiers récents, est tombé à 28, soit nettement en deçà du seuil conventionnel de 30 qui délimite les zones de survente. Ce niveau traduit l'ampleur de la pression vendeuse accumulée ces derniers jours. Parallèlement, le cours évolue très loin de ses moyennes mobiles à 20 et 50 jours, respectivement à 74,76 et 76,13 euros, confirmant l'écart significatif creusé avec la tendance de moyen terme.