LVMH : des ventes en recul de 6 %, mais une croissance organique qui résiste
LVMH a publié des ventes de 19,1 milliards d'euros au premier trimestre 2026, en recul de 6 % en données publiées mais en progression de 1 % en croissance organique. Cette divergence traduit l'impact combiné d'effets de change défavorables (−7 %) et de perturbations géopolitiques, particulièrement au Moyen-Orient, qui ont pesé environ 1 % sur la croissance du trimestre.
Ventes en baisse publiées, croissance organique positive grâce à la dynamique asiatique
LVMH a enregistré un chiffre d'affaires de 19,1 milliards d'euros au premier trimestre 2026, représentant un recul de 1,2 milliard d'euros par rapport aux 20,3 milliards réalisés au même trimestre 2025. En données publiées, cette contraction ressort à −6 %. Cependant, en croissance organique, le groupe affiche une progression de 1 %, révélant une demande sous-jacente plus résiliente que ne l'indiquent les chiffres bruts. Cette différence s'explique par un effet de change de −7 %, l'effet périmètre étant nul. Les États-Unis affichent un bon début d'année. En Europe et au Japon, la demande locale compense partiellement la baisse des dépenses touristiques. L'Asie, hors Japon, confirme une amélioration, en forte progression. Le Moyen-Orient, après un début d'année très positif, a été impacté en mars par le conflit, qui pèse environ 1 % sur la croissance organique trimestrielle.
Divergences sectorielles : Mode et Maroquinerie fragilisées, autres divisions plus résilientes
Les cinq divisions opérationnelles de LVMH enregistrent des performances contrastées. Mode et Maroquinerie recule de 2 % en organique, passant de 10,1 milliards d'euros à 9,2 milliards, affecté par le conflit géopolitique au Moyen-Orient. Vins et Spiritueux progresse de 5 % en organique (1,3 à 1,3 milliard en publié, −2 % publié), bénéficiant d'un calendrier favorable autour du Nouvel An chinois et d'une bonne dynamique du champagne. Parfums et Cosmétiques demeure stable en organique (2,0 à 2,2 milliards en publié, −6 % publié), soutenu par des lancements stratégiques dans le segment Christian Dior. Montres et Joaillerie affiche la meilleure progression avec +7 % en organique (2,4 milliards, −2 % publié), portées par Tiffany & Co qui réalise une excellente performance. Distribution sélective progresse de 4 % en organique (4,0 milliards, −3 % publié), Sephora enregistrant une croissance solide dans toutes les régions et gagnant des parts de marché.
Stratégie d'innovation et investissements maintenus en 2026
LVMH confirme sa volonté de poursuivre ses investissements en innovation et en créativité. Dans Mode et Maroquinerie, les nouveaux créatifs (Jonathan Anderson chez Dior, Michael Rider chez Celine, Jack McCollough et Lazaro Hernandez chez Loewe) déploient leurs collections avec succès initial. Tiffany accélère l'expansion de son réseau de boutiques. Sephora poursuit sa croissance sur le Royaume-Uni et dans les régions clés. Au-delà des résultats, le groupe affirme rester confiant en 2026 malgré un contexte géopolitique perturbé, s'appuyant sur la diversité géographique de ses activités, la qualité de ses créations et la sélectivité de sa distribution. L'enjeu principal pour les investisseurs réside dans la capacité du groupe à confirmer cette résilience organique une fois les effets de change et géopolitiques résorbés, particulièrement dans la division Mode et Maroquinerie, historiquement son moteur de croissance.