Catana Group : activité en recul de 20 %, la trésorerie résiste à 36,6 M€
Catana Group publie lundi des résultats semestriels 2025/2026 marqués par un repli d'activité de 20 % (hors éléments exceptionnels) et une rentabilité négative, conséquence directe de la contraction persistante du marché nautique depuis 2023. Malgré ce trou d'air financier, le groupe maintient intactes ses ambitions stratégiques et sa capacité de financement : la trésorerie résiste à 36,6 M€ et la direction affirme que les premiers relais de croissance émergeront dès l'exercice prochain, portés par le succès commercial du nouveau modèle Bali 5.2 et le déploiement du segment motonautique Yot.
Activité en contraction, rentabilité négative au premier semestre
Le chiffre d'affaires consolidé de Catana Group s'établit à 82,2 M€ au premier semestre de l'exercice 2025/2026, dont 17 M€ proviennent d'une cession de stocks liée au changement d'ERP sans impact de marge. En retrait de cet élément, l'activité ordinaire recule de 20 % pour atteindre 65,2 M€, comparée au mi-exercice précédent (81,2 M€).
Cette baisse s'inscrit dans une tendance de plus long terme : l'exercice 2024/2025 avait déjà enregistré un repli de 24 % du chiffre d'affaires (174,9 M€ contre un niveau plus élevé l'année antérieure). Le groupe attribue ces contractions aux tensions géopolitiques persistantes depuis 2022, qui érodent la visibilité des consommateurs et opérateurs professionnels du secteur nautique.
La compression d'activité pèse directement sur la rentabilité. Le résultat opérationnel courant affiche un léger déficit de 1,4 M€ (contre un profit de 8,2 M€ un an plus tôt). Le résultat net de l'ensemble consolidé ressort en perte à 1,7 M€, tandis que le résultat net part du groupe atteint quasi l'équilibre à 0,2 M€ en perte. Cette dégradation reflète à la fois le recul volumique et une agressivité nécessaire au niveau des prix dans ce marché difficile.
Investissements maintenus malgré la baisse de rentabilité
Face à cette contraction, la direction a opté pour un ajustement limité de sa structure de coûts. Le groupe n'a pas procédé à des réductions drastiques d'effectifs, privilégiant une consolidation des organisations internes et une préparation du prochain cycle de croissance. Cette stratégie explique en partie pourquoi les marges se contractent au-delà du seul effet volume.
L'usine portugaise d'Aveiro, pour sa première année pleine d'activité, enregistre une perte de 3,1 M€. Cet établissement, dédié au segment motonautique avec la marque Yot, fonctionne actuellement sous-utilisé (il produit les modèles Yot 36 et Yot 41 ainsi que les premières unités de la marque d'habitats flottants Seaty). La direction indique que ce niveau de perte est prévu dans un projet industriel de cette envergure et n'exprime aucune inquiétude majeure.
Malgré ces défis, la trésorerie affiche une belle résistance. Elle s'établit à 36,6 M€ en fin de semestre, soutenue par une capacité d'autofinancement positive de 3,9 M€ et une variation favorable du besoin en fonds de roulement (+ 10 M€, notamment grâce aux acomptes clients). Les flux opérationnels nets ressortent positifs à 14 M€, tandis que les investissements absorbent 11 M€. Le groupe vient de lever 19 M€ supplémentaires de dettes moyen-long terme auprès de ses partenaires bancaires, montant qui sera déployé au second semestre pour financer les nouveaux modèles et la modernisation de l'usine de Canet-en-Roussillon.
Accélération produit attendue en 2026/2027
Le plan stratégique 2030 entre dans une phase décisive. Le groupe annonce le lancement d'un nombre inédit de nouveaux modèles dès l'exercice 2026/2027, parmi lesquels le Yot 53 (premier bateau à moteur habitable de grande taille) et le très attendu Bali 7.0. Ce dernier permettra à Catana Group d'accéder au segment des grandes unités, traditionnellement plus résilient en périodes de turbulence macroéconomique.
Sur le semestre écoulé, le nouveau Bali 5.2 a déjà fait le plein de commandes lors de sa première présentation, confirmant une dynamique positive sur les unités de plus grande taille malgré le contexte de marché difficile. Toutefois, l'essentiel des facturations liées à ce succès commercial interviendra au second semestre et au-delà. La direction affirme que cet élargissement de l'offre à de nouveaux segments premium permettra au groupe d'amorcer une nouvelle ère de croissance rentable.