Michelin ResiCare va produire un monomère biosourcé par fermentation dans la Somme
Michelin ResiCare a annoncé le 7 octobre 2026 l'installation, sur le site industriel d'Ajinomoto dans la Somme, d'une première ligne destinée à produire par fermentation un monomère aromatique jusqu'ici uniquement issu de la pétrochimie. La mise en service est prévue dès le début du deuxième trimestre 2027.
DragonFly, second pilier d'approvisionnement après Cerisea
Le projet DragonFly a pour objectif d'industrialiser la production par voie fermentaire d'un monomère aromatique biosourcé, destiné à la fabrication des résines développées par Michelin ResiCare. Il succède au projet Cerisea, qui vise à créer la première filière européenne de production de 5-HMF, et en constitue le « second pilier stratégique », selon les termes du communiqué. Associés, les deux projets doivent contribuer à sécuriser l'approvisionnement de deux monomères entrant dans la composition des résines de nouvelle génération de l'entreprise, tout en renforçant, selon le groupe, la « souveraineté industrielle européenne » sur des matières premières clés. D'après les travaux menés à ce jour, le procédé présente un potentiel de réduction pouvant atteindre 96 % des émissions de gaz à effet de serre liées à la production de la molécule, par rapport à son équivalent pétrosourcé. Les résines visées sont destinées à la construction et à l'ameublement, aux composites, à l'électronique, à l'automobile et aux transports, à l'aéronautique ainsi qu'au spatial.
Un partenariat avec Ajinomoto et une souche issue d'Alderys
La phase opérationnelle repose sur le partenariat conclu en avril 2026 entre Michelin ResiCare et Ajinomoto, dont les travaux ont débuté dès mai à Nesle. La mise en service de la ligne doit permettre de valider la technologie en conditions réelles. Le choix du site s'appuie sur la possibilité de réutiliser des infrastructures industrielles existantes et sur le savoir-faire d'Ajinomoto dans l'exploitation de procédés de fermentation. Le procédé utilise une souche de micro-organisme issue d'une collaboration avec Alderys (société du groupe Givaudan), dont les performances ont été validées à l'échelle industrielle dans un projet antérieur, BioImpulse. DragonFly est financé par le gouvernement dans le cadre du plan France 2030 opéré par l'ADEME. Pour Laurent Lemonnier, directeur général de Michelin ResiCare, cette implantation « montre notre capacité à transformer plusieurs années de recherche et développement en un projet industriel concret ». Du côté d'Ajinomoto Foods Europe, son directeur général Yves Duquesnoy indique que ce partenariat « renforce notre stratégie de diversification » dans les services de fermentation à l'échelle industrielle.