Oncodesign Precision Medicine : perte nette réduite de 35 % au premier semestre, continuité en question
Le premier semestre 2026 d'Oncodesign Precision Medicine (OPM) se lit à deux niveaux. En données publiées le 22 octobre 2026, la biotech dijonnaise est passée d'un bénéfice net de 9,85 M€ à une perte de 2,04 M€. Cet écart tient au produit exceptionnel de 13 M€ enregistré un an plus tôt, lié à la réintégration sans contrepartie financière des stocks de principe actif d'OPM-201 précédemment détenus par Servier.
À base comparable, la perte nette s'est réduite de 35 %, sous l'effet des économies engagées depuis 2024. La trésorerie, qui intègre un premier versement de la Michael J. Fox Foundation, atteint 2,86 M€ au 30 juin 2026, mais la société a fait état d'une incertitude significative susceptible d'affecter sa continuité d'exploitation.
Perte d'exploitation ramenée à 2,17 M€ grâce aux économies
Le résultat d'exploitation ressort à -2,17 M€, contre un bénéfice de 9,79 M€ au premier semestre 2025. Retraité du produit non récurrent de 13 M€, le résultat d'exploitation de la période précédente s'établissait à -3,21 M€, ce qui correspond, selon la société, à une amélioration de 32 % à base comparable.
Cette évolution repose sur la baisse des charges. Les achats consommés ont reculé de 52 %, à 1,08 M€, en raison principalement du programme d'économies et du calendrier de montée en puissance progressive du programme LARKIN. Les charges de personnel ont diminué de 42 %, à 0,87 M€, reflétant les effets des mesures de réduction des effectifs mises en œuvre début 2025.
Les dépenses de recherche et développement sont passées de 1,7 M€ à 0,9 M€, soit une baisse de 49 %. La société a privilégié ses programmes stratégiques, principalement OPM-201, tout en limitant ses dépenses externes sur les autres programmes.
Côté produits, le chiffre d'affaires s'établit à 0,11 M€, contre 0,14 M€, et provient essentiellement d'activités périphériques comme la location de locaux. Les autres revenus et produits d'exploitation atteignent 0,63 M€, dont 0,43 M€ de subventions d'exploitation. Le résultat financier s'améliore à -0,16 M€, contre -0,26 M€, et le crédit d'impôt recherche comptabilisé représente 0,28 M€.
Trésorerie de 2,86 M€, continuité d'exploitation sous condition
Au 30 juin 2026, OPM disposait d'une trésorerie de 2,86 M€, contre 2,11 M€ au 31 décembre 2025. Ce niveau intègre le premier versement du financement accordé par la Michael J. Fox Foundation dans le cadre du programme LARKIN, intervenu au premier trimestre 2026.
La société a par ailleurs déménagé début juillet 2026, une opération qui doit générer plus de 300 k€ d'économies récurrentes en année pleine sur les charges de fonctionnement. Une provision pour risques et charges de 0,16 M€ a été enregistrée sur le semestre pour en refléter les conséquences.
Sur le financement, OPM conserve la possibilité de mobiliser des tranches d'obligations remboursables en actions (ORA) dans le cadre de son accord avec IRIS, dont l'utilisation demeure, selon la société, mesurée afin de limiter son impact sur le cours de Bourse. Des discussions sont en cours avec plusieurs partenaires potentiels concernant OPM-101, OPM-201 et les plateformes technologiques.
La société indique que sa capacité à poursuivre son activité dépend de l'obtention de ressources financières complémentaires. Le conseil d'administration a retenu l'hypothèse de continuité d'exploitation. Philippe Genne, président-directeur général, a résumé l'enjeu : « Ce défi ne sera surmonté que si nous collectons les moyens financiers nécessaires pour atteindre ce but. »
OPM-201 vise une phase 1b en 2027, OPM-101 prépare l'étude REVERT
Le soutien de la Michael J. Fox Foundation, obtenu dans le cadre de son Therapeutic Pipeline Program, doit accompagner la préparation d'OPM-201, inhibiteur de la kinase LRRK2, en vue d'une étude de phase 1b en 2027 chez des patients atteints de la maladie de Parkinson à un stade précoce, en particulier ceux porteurs d'une mutation du gène LRRK2. Dans un communiqué publié le 7 octobre 2026, la société avait indiqué viser un dépôt IND pour OPM-201 début 2027.
Au cours du semestre, OPM a sélectionné le partenaire industriel chargé de fabriquer les comprimés, réalisé la micronisation du principe actif et un premier lot de faisabilité. Elle a également obtenu un avis favorable de l'Agence européenne des médicaments sur sa stratégie d'étude de toxicologie à long terme.
Pour OPM-101, après l'approbation fin 2025 du protocole de l'étude de phase 1b/2a REVERT par les autorités suisses, les travaux ont porté sur la production des gélules et la contractualisation avec les centres cliniques. L'étude doit évaluer la sécurité et l'efficacité de la molécule en combinaison avec le pembrolizumab dans le mélanome avancé. Des discussions de partenariat se poursuivent aussi pour les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.
Pour mener ces deux programmes, OPM, qui compte 14 collaborateurs, s'appuie sur une trésorerie de 2,86 M€ au 30 juin 2026 et sur la recherche de partenaires pour licencier ou céder l'un ou l'autre de ses actifs.