Ontex : EBITDA en recul de 24 % au T1, mais la guidance 2026 maintenue
Ontex a publié mercredi ses résultats du premier trimestre 2026, marqués par une baisse du chiffre d'affaires et une contraction sensible des marges. Le groupe de soins (baby care, feminine care, adult care) enregistre un chiffre d'affaires de 426 millions d'euros, en recul de 4 % sur un an, tandis que l'EBITDA ajusté s'établit à 39 millions d'euros, soit 24 % de moins qu'un an auparavant. Cette dégradation de la rentabilité reflète des surcoûts de matières premières et d'énergie que le groupe n'a pu compenser qu'en partie par ses mesures de prix et d'optimisation des coûts.
Le groupe maintient cependant sa guidance pour l'année 2026, s'appuyant sur sa capacité à mitiger les chocs externes et sur l'accélération de son plan stratégique.
Chiffre d'affaires en recul, marge écrasée par les surcoûts
Le chiffre d'affaires du premier trimestre s'établit à 426 millions d'euros, en baisse de 2 % par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 4 % sur une base comparable d'une année sur l'autre. Cette contraction résulte entièrement d'une baisse des volumes, l'impact prix-mix restant globalement stable. Les volumes adultes progressent de 2 %, portés par la croissance du canal retail en Europe et une stabilité du segment sanitaire. En revanche, les volumes féminins reculent de 4 %, en phase avec la demande de marché ralentie. Le baby care subit le plus fort repli avec un recul de 11 % des volumes, conséquence du décalage d'ordre sur les deux premiers trimestres en 2025 et de la persistance des promotions des marques leader en retail.
L'EBITDA ajusté baisse sensiblement à 39 millions d'euros comparé à 51 millions un an auparavant, soit une contraction de 24 %. La marge EBITDA ajustée passe de 11,3 % à 9,1 %, soit une compression de 2,2 points de pourcentage.
Les coûts rattrapent les prix : l'équilibre du trimestre reste fragile
La baisse de l'EBITDA reflète deux mouvements. D'une part, la diminution du chiffre d'affaires représente un impact négatif de 8 millions d'euros. D'autre part, les coûts nets augmentent de 5 millions d'euros. Sur le front des matières premières, les indices de certains matériaux (fibres, SAP, non-tissés) ont baissé, mais les contreparties (dos, emballages et autres matières premières) se sont renchéries. En parallèle, les coûts opérationnels ont augmenté en raison de l'inflation générale, de l'accroissement des frais de transport et de certaines inefficacités résiduelles de la chaîne d'approvisionnement. Le programme de transformation des coûts a partiellement compensé ces surcharges, de même que la stabilité des frais commerciaux et administratifs, où l'inflation salariale a été contrebalancée par des initiatives d'économies.
Par rapport au quatrième trimestre 2025, la marge s'améliore cependant de 0,2 point de pourcentage, signalant un progrès dans la stabilisation de l'activité et des opérations.
Maintien de la guidance 2026 : le groupe table sur la maîtrise des surcoûts et les contrats gagnés
Ontex maintient sa guidance pour 2026 en dépit d'un environnement marqué par des circonstances géopolitiques instables et une persistance de la faible demande en baby care. Le groupe table sur la compensation des pressions de marché par des contrats nouveaux ou antérieurement réalisés, notamment en Amérique du Nord en segment retail où les gains contractuels ont continué à compenser la baisse de la demande des marques distributeurs. Face aux hausses de prix de l'énergie et des matières premières (dérivés pétroliers notamment), Ontex met en œuvre des actions de tarification et de surcharges de transport. Le groupe annonce également l'accélération de son plan de restructuration, dont les économies escomptées contribueront à l'atteinte de la guidance. Un plan stratégique plus complet, actuellement en phase diagnostique avec l'aide de conseils externes, sera présenté en détail lors de la publication des résultats du deuxième trimestre.
La position de trésorerie s'est améliorée à 262 millions d'euros (contre 240 millions au début de l'année), tandis que la dette nette s'élève à 550 millions d'euros. Le ratio de levier s'établit à 3,36x, en légère hausse par rapport à 3,29x en début d'année, en raison de la contribution plus faible de l'EBITDA sur les douze derniers mois.