Pharming : le Léniolisib réduit la rate de 26 % dans d'autres déficits immunitaires
Déjà commercialisé sous le nom de Joenja dans le syndrome APDS, le Leniolisib a été testé chez 13 patients atteints d'autres déficits immunitaires primaires associés à une dérégulation immunitaire. Pharming a présenté le 14 octobre 2026 ces résultats, qu'il qualifie de positifs, au congrès de l'European Society for Immunodeficiencies (ESID) à Maastricht, après en avoir annoncé l'acceptation sous forme de résumé de dernière minute le 22 septembre 2026.
Réduction de la rate et des ganglions chez la plupart des patients évalués
L'essai, mené en ouvert avec escalade de dose chez un même patient, a recruté des participants porteurs de variants des gènes CTLA4, SOCS1, NFKB1 ou FAS. Neuf d'entre eux présentaient également un diagnostic de déficit immunitaire commun variable (CVID). Les patients ont reçu le Leniolisib deux fois par jour pendant 20 semaines, la dose passant de 10 mg (4 semaines) à 30 mg (4 semaines), puis à 70 mg (12 semaines).
Le volume de la rate a diminué en moyenne de 26,4 % par rapport à l'inclusion (n=11), avec une réduction chez 10 des 11 participants évaluables. La taille de la lésion ganglionnaire de référence a reculé en moyenne de 33,7 % chez les quatre participants évaluables. Chez les sept patients présentant une altération des échanges gazeux à l'inclusion, la capacité de diffusion pulmonaire du monoxyde de carbone (DLCO, en pourcentage de la valeur prédite) a progressé en moyenne de 8,0 %.
Les scores de pneumopathie interstitielle évalués au scanner ont baissé chez 4 des 5 participants évaluables, et la rigidité hépatique s'est améliorée chez 2 des 3 patients qui la présentaient élevée à l'inclusion. Pour Anurag Relan, directeur médical de Pharming, les réductions du volume de la rate suggèrent que le produit agit sur « un moteur central du processus de la maladie ». Il a ajouté que des améliorations pulmonaires, même limitées, n'étaient pas attendues sur une période de traitement aussi courte.
Tolérance, limites de l'essai et prochaine étape dans le CVID
Selon la société, le Leniolisib a été globalement bien toléré sur les quatre génotypes étudiés, les infections constituant les événements indésirables les plus fréquents, sans nouveau signal de sécurité identifié. Tous les événements indésirables liés au traitement étaient de grade 1. Deux participants ont présenté des événements indésirables graves, jugés sans lien avec le Leniolisib, et un patient ayant des antécédents d'hypertension portale a arrêté prématurément le traitement en raison d'une hépatite aiguë.
Ces données reposent sur un essai sans groupe contrôle, dont plusieurs critères portent sur trois à cinq participants évaluables. La société rappelle que la sécurité et l'efficacité du Leniolisib n'ont pas été établies dans ces indications expérimentales. Les 12 participants ayant achevé l'étude ont tous choisi de poursuivre le traitement dans l'étude d'extension de trois ans.
Anurag Relan a indiqué que ces résultats renforcent la stratégie du groupe consistant à évaluer l'inhibition de PI3Kδ dans les déficits immunitaires primaires marqués par une dérégulation immunitaire, quelle qu'en soit la cause génétique. Les principaux résultats d'un essai de phase II distinct dans le CVID sont attendus en novembre et serviront à définir les projets d'une éventuelle étude d'enregistrement dans la population CVID plus large. Selon les estimations de prévalence de la société, ces populations représentent environ 7,5 patients par million pour les déficits génétiques et environ 39 par million pour le CVID (avec un recouvrement entre les deux), contre environ 1,5 par million pour l'APDS.