Solvay abaisse son objectif d'EBITDA 2026, pénalisé par l'arrêt de son usine saoudienne
Solvay a revu, le 19 octobre 2026, ses perspectives pour l'ensemble de l'exercice. Ce troisième trimestre a été affecté par le conflit au Moyen-Orient et par l'arrêt prolongé de l'usine de peroxydes du complexe de Sadara, à Jubail, en Arabie saoudite. La nouvelle fourchette d'EBITDA sous-jacent, comprise entre 720 et 740 millions d'euros, est calculée hors revenus potentiels ou mesures compensatoires provenant de Sadara pour le reste de l'année.
C'est le point central de la publication : l'impact de l'arrêt est intégré dans les chiffres du trimestre et dans l'objectif annuel. Les mécanismes de recouvrement prévus par le cadre contractuel de la coentreprise n'y figurent pas. Les chiffres trimestriels communiqués restent préliminaires, sous réserve de l'achèvement du processus de clôture, avant la publication des résultats complets le 4 novembre.
173 M€ d'EBITDA au troisième trimestre, après un impact d'environ 25 M€ lié au Moyen-Orient
Sur le troisième trimestre 2026, le chimiste a enregistré un chiffre d'affaires net sous-jacent de 1,03 milliard d'euros et un EBITDA sous-jacent de 173 millions d'euros. Le free cash-flow aux actionnaires des activités poursuivies s'établit à 54 millions d'euros. Selon le groupe, le conflit au Moyen-Orient a eu un impact négatif d'environ 25 millions d'euros sur l'EBITDA sous-jacent du trimestre, après environ 20 millions d'euros déjà comptabilisés au deuxième trimestre.
Cet impact est principalement dû à l'arrêt prolongé de l'usine Peroxides de Jubail, qui représente près de 15 millions d'euros sur le seul troisième trimestre. Le chiffre d'affaires ressort en dessous de la moyenne des attentes recensées le 13 octobre 2026, qui s'établissait à 1,09 milliard d'euros, sur la base d'une seule estimation d'analyste.
Une exposition saoudienne via une coentreprise dotée de mécanismes de recouvrement
Les activités de Solvay à Jubail sont exercées par l'intermédiaire d'une coentreprise avec Sadara, elle-même détenue majoritairement par Saudi Aramco. Le groupe indique examiner toutes les options disponibles pour atténuer l'impact financier de l'arrêt. Le cadre contractuel de la coentreprise comprend en effet des mécanismes destinés à recouvrer la rentabilité perdue.
Au-delà de ce site, Solvay décrit un trimestre au cours duquel il a « continué d'évoluer dans un environnement de marché difficile ». La comparaison entre l'impact attribué à l'usine de Sadara (près de 15 millions d'euros) et l'impact total du conflit (environ 25 millions d'euros) montre que l'arrêt du site saoudien, présenté comme la cause principale, n'explique pas à lui seul l'effet du Moyen-Orient sur l'EBITDA du trimestre.
Sur le marché, le titre avait progressé de près de 4 % sur une semaine au 9 octobre 2026, après un recul d'environ 4 % sur un mois relevé au 2 octobre.
EBITDA 2026 attendu entre 720 et 740 M€, hors compensations de Sadara
Pour l'ensemble de 2026, Solvay vise désormais un EBITDA sous-jacent compris entre 720 et 740 millions d'euros. Le free cash-flow aux actionnaires des activités poursuivies est attendu entre 120 et 150 millions d'euros, après environ 90 millions d'euros de dépenses de transformation. Dans ses perspectives pour 2026 présentées lors de la publication des résultats annuels 2025, Solvay anticipait un EBITDA sous-jacent compris entre 770 et 850 millions d'euros.
Le groupe précise rester engagé dans sa transformation et continuer de se concentrer sur la génération de trésorerie et sur l'atteinte de ses objectifs d'économies de coûts. En raison de la période de silence en cours, il ne fera pas d'autres commentaires avant la publication de ses résultats du troisième trimestre, le 4 novembre.
L'élément le plus structurant reste le périmètre de cette révision : la fourchette de 720 à 740 millions d'euros d'EBITDA sous-jacent est établie hors revenus potentiels ou mesures compensatoires provenant de Sadara pour la fin de l'exercice.