SPIE rachète Clauser, spécialiste des installations électriques à haute intensité
Le groupe de services multitechniques ajoute à son activité industrielle française une entreprise familiale de Savoie et du Nord, rompue aux procédés de l'aluminium et de l'électrochimie. L'opération porte sur une cible d'environ 22 millions d'euros de chiffre d'affaires, dans un secteur que SPIE décrit comme fortement concerné par l'électrification des procédés.
Une PME de soixante ans spécialisée dans l'aluminium et l'électrochimie
SPIE a annoncé le 5 octobre 2026, en fin de journée, l'acquisition de 94 % du capital de Clauser. Cette entreprise familiale française est spécialisée dans la maintenance industrielle et les installations électriques à haute intensité. Frédéric Toussaint, directeur général de SPIE Industrie (France), s'est exprimé sur l'acquisition. Fondée en 1963, Clauser est implantée à Saint-Jean-de-Maurienne et à Dunkerque. Son activité recouvre trois métiers : l'ingénierie, la modernisation et la maintenance d'installations. Ses clients sont des industriels électro-intensifs, dont les procédés reposent sur une consommation d'électricité très importante. Le savoir-faire de ses équipes s'est construit en particulier autour de la production et du traitement de l'aluminium, ainsi que des procédés électrochimiques. Ces deux domaines exigent des installations électriques capables de supporter des intensités élevées, ce qui constitue le cœur de compétence de la société. Clauser compte une centaine de collaborateurs. En 2025, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 22 millions d'euros. Pour SPIE, l'objectif affiché est de renforcer ses expertises en maintenance industrielle et en installations électriques à haute intensité. Le groupe justifie ce choix par l'exposition du secteur à l'électrification des procédés. Le mécanisme économique est celui d'une acquisition ciblée : SPIE intègre une équipe reconnue pour ses expertises en ingénierie, modernisation et maintenance auprès de clients industriels électro-intensifs.
Une opération modeste au regard du groupe
L'ordre de grandeur de l'opération se lit en regard des comptes du groupe. SPIE a réalisé en 2024 un chiffre d'affaires consolidé de 9,9 milliards d'euros et un EBITA consolidé de 712 millions d'euros. Le groupe emploie 55 000 collaborateurs, contre une centaine pour Clauser. À l'échelle de SPIE, l'apport de Clauser relève donc d'une acquisition complémentaire, dont l'intérêt tient davantage à la compétence technique ajoutée qu'au volume d'activité. Cette lecture est cohérente avec la justification avancée par le groupe, centrée sur les expertises et non sur la croissance du chiffre d'affaires. Frédéric Toussaint, directeur général de SPIE Industrie (France), a précisé l'enjeu opérationnel. Selon lui, l'expertise des équipes de Clauser dans les procédés liés à la production et au traitement de l'aluminium constitue « un atout majeur pour accompagner l'électrification et la décarbonation des sites industriels français ». Du côté des cédants, la famille Clauser a présenté ce rapprochement comme « une nouvelle étape structurante pour poursuivre le développement de l'entreprise, au service de ses clients industriels ». Elle a rappelé que la société s'est développée depuis plus de soixante ans grâce à ses expertises et à l'engagement de ses équipes.
Deux opérations financières du groupe en septembre
Cette acquisition intervient quelques semaines après deux opérations financières du groupe. Le 21 septembre 2026, SPIE avait lancé une émission obligataire liée à des critères de durabilité, destinée notamment au refinancement partiel de sa dette existante. Le 25 septembre 2026, le groupe avait accepté le rachat de 70 % de ses obligations convertibles à échéance janvier 2028, pour environ 388 millions d'euros. En Bourse, l'action SPIE avait cédé le seuil des 43 € le 28 septembre 2026, dans un SBF 120 quasi stable.