Valbiotis : chiffre d'affaires en hausse de 417 %, mais la perte reste importante
Le laboratoire français spécialisé dans les compléments alimentaires a dégagé 905 K€ de chiffre d'affaires en 2025, en hausse de 417% sur un an, tout en réduisant drastiquement ses dépenses opérationnelles de 30%. Un pari stratégique qui révèle une rupture nette dans le modèle économique : moins de recherche, beaucoup plus de marketing. La question qui occupe désormais les investisseurs est celle du décollage commercial attendu en 2026, avec des revenus internationaux enfin à l'horizon.
Une croissance de chiffre d'affaires spectaculaire masquée par des contraintes de portée
Sur le papier, les chiffres donnent le vertige. Le chiffre d'affaires de Valbiotis a bondi de 175 K€ en 2024 à 905 K€ en 2025, soit une multiplication par 5. Plus remarquable encore, le dernier trimestre de l'année a généré à lui seul 400 K€ de ventes, soit une accélération de 2,3 fois par rapport au troisième trimestre. Ce mouvement de croissance s'observe aussi dans les indicateurs opérationnels : le taux de réassort en pharmacie atteint 65%, tandis que le panier moyen des commandes B2B a explosé de 198% à 471 euros. Sur le canal e-commerce, le nombre de clients a progressé de 325% à 4 030 clients, générant un panier moyen de 85,8 euros assorti d'un taux de recommandation de 70%. Mais cette dynamique masque une réalité structurelle : à l'échelle de l'exercice complet 2025, le portefeuille de produits était encore limité. C'est seulement au quatrième trimestre que le nombre de références en pharmacie a doublé, atteignant dix produits commercialisés. Autrement dit, les trois premiers trimestres ont fonctionné avec un levier commercial incomplet.
La grande réallocation budgétaire : R&D réduite de 80%, marketing renforcé de 18%
Le véritable signal de rupture stratégique se lit dans la restructuration des charges opérationnelles. Valbiotis a réduit ses dépenses de recherche et développement de 80%, les ramenant de 4 638 K€ en 2024 à 921 K€ en 2025. Cette baisse correspond à la fin des principales études cliniques et à la fermeture du laboratoire de recherche de Riom. Dans le même temps, les frais de vente et marketing ont augmenté de 18%, atteignant 5 140 K€, et représentent désormais 50% des dépenses opérationnelles (hors charges liées au paiement en actions), contre 30% un an plus tôt. Les frais généraux ont eux aussi été serrés de 32%, à 2 096 K€, via les économies de structure engagées depuis le second semestre 2024. Au total, les dépenses opérationnelles ont chuté de 30%, à 10 540 K€. Cette réallocation est volontaire et conforme à la feuille de route, explique la direction. Elle reflète un changement de priorités : la Société a clôturé son cycle de validation clinique et investit désormais massivement dans la commercialisation. La conséquence logique : une perte nette réduite mais toujours profonde, à 9 417 K€ contre 10 025 K€ en 2024.
Trésorerie préservée et partenariats asiatiques : les clés du déploiement 2026
Valbiotis disposait d'une trésorerie de 8 676 K€ au 31 décembre 2025, contre 11 580 K€ un an plus tôt. Une consommation cash de 2 904 K€ sur l'exercice, mais compensée par une levée de fonds de 5 699 K€ réalisée en juin 2025. Le flux de trésorerie généré par l'activité s'est amélioré à -8 038 K€ contre -11 537 K€ en 2024, grâce aux économies engagées. Cette trésorerie offre un horizon de viabilité jusqu'à fin 2026 sans financements additionnels. Sur le plan commercial, deux accords majeurs ont été finalisés post-clôture : un partenariat en Asie (Chine, Hong Kong, Vietnam, Indonésie, Japon, Taïwan, Singapour) via une co-entreprise à 49%, signé en novembre 2025, et un accord de distribution exclusif au Moyen-Orient en janvier 2026. Ces deux contrats doivent générer les premiers revenus en 2026. En France, le réseau de distribution compte 474 pharmacies en direct et 15 partenariats avec groupements pharmaceutiques ouvrant l'accès à 3 000 pharmacies adhérentes. Pour 2026, Valbiotis anticipe une poursuite de l'accélération commerciale intégrant ces revenus internationaux. À moyen terme, la Société confirme ses ambitions : un chiffre d'affaires supérieur à 25 M€ et un EBITDA positif en France en 2027 ; plus de 100 M€ de chiffre d'affaires assorti d'une marge d'EBITDA entre 25 et 30% en 2030.