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3 pistes pour construire un portefeuille durable



Construire un portefeuille financier qui prend en compte les critères extra-financiers peut rapidement se transformer en un joyeux méli-mélo. Même pour les gérants d'actifs professionnels. Et si comme pour 76% des Français, l'impact des placements sur l'environnement est un sujet qui vous importe, dans la pratique, la matérialisation de telles convictions dans le choix de produits financiers peut conduire à des erreurs fâcheuses.
Voici 3 pistes à exploiter pour vous aider à construire sereinement votre portefeuille durable.

Temps de lecture : 4 minute(s) - Par | Mis à jour le 08-01-2024 12:01:00 | Publié le 08-01-2024 11:50  Photo : Shutterstock  
3 pistes pour construire un portefeuille durable

1. S'aider des notations ESG et des labels

Depuis 3 ans, la machine s’emballe en matière de finance durable. Outre la mise en place d’un cadre réglementaire plus rigoureux (taxonomie européenne, règlement SFDR…), la finance est aujourd’hui marquée par le développement de nombreux labels et la mise en place de notations ESG par différents organismes financiers indépendants (Bloomberg, Refinitiv, S&P, Moody’s…).
Ces progrès phénoménaux permettent aux investisseurs de bénéficier d’une collection de repères particulièrement précieux, notamment en matière de sélection d’organismes de placement collectif (OPC). Conclusion : Nous ne pouvons que recommander à l’investisseur précautionneux de commencer à explorer les différentes notations existantes et labels pour faire un premier tri général et choisir les thématiques extra-financières qui l’intéressent.

Labels et notations ESG : des marqueurs insuffisants ?


Notez que la percée de la finance durable est extrêmement récente. Nous pouvons donc affirmer sans crainte qu’il s’agit d’un art (et non pas d’une science exacte) qui n’en est encore qu’à ses balbutiements. Les bases pour une meilleure prise en compte des critères éthiques dans ses choix d’investissement sont certes en train d’être posées, mais il convient de rester lucide : la confusion règne. Novethic, très critique à ce sujet, déplore d’ailleurs le manque de pertinence à propos des référentiels utilisés pour les labellisations ISR ou Greenfin.

Il y a donc fort à parier que les repères de notation utilisés aujourd’hui auront demain une physionomie toute autre, traversée par des évolutions réglementaires et l’application de nouvelles techniques. Les notations ESG et labels sont-ils insuffisants pour construire un bon portefeuille ESG ? Sans aucun doute. Mais songez à ce qu’était encore le monde des placements financiers il y a encore seulement 5 ans !
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2. Faire un travail de recherches sur mesure

Les labels et notations ESG sont un premier repère parfaitement crédible pour commencer à construire un portefeuille durable cohérent. Mais, comme vous l’avez vu : ils ne sont pas sans défaut ! Pour aller plus loin dans vos démarches extra-financières, il va falloir réaliser un travail de fourmi beaucoup plus personnel, porté vers un mix entre l’étude de données quantitatives et qualitatives. On s’inspirera ici volontiers des pratiques de “due diligence” (vérification diligente) des professionnels de la finance.

Pour les actions en titres vifs :

1. Les grandes entreprises cotées publient tous les ans une DPEF (déclaration de performances extra-financières) qu’il peut être intéressant de parcourir. Vous y trouverez des rapports étayés et chiffrés sur les éventuels bienfaits extra-financiers procurés ainsi que les projets à venir. À l’aune de votre sensibilité personnelle, vous pourrez en apprécier ou non leur caractère “authentiquement” durable.

2. En fonction du modèle économique d’une entreprise, s’interroger sur certaines dimensions peut être moins pertinent que d’autres. Pour des entreprises qui opèrent dans l’énergie (TotalEnergies…), l’émission de CO2 se révèle être une donnée majeure… Mais peut-être pas pour des banques (BNP Paribas…). En somme, il faut faire attention au principe de double matérialité.

3. Enfin, vous pourrez essayer d’apprécier la qualité des apparitions médiatiques du management ainsi que la réputation de l’entreprise étudiée en découvrant comment les médias traditionnels ont tendance à parler d’elle.

Pour les fonds actions ou obligataires :

1. Étudier le DIC (document d’informations clés) du fonds et la claire intention de la politique de gestion.
2. Regarder le détail des produits en portefeuille. Il arrive que certains choix de lignes semblent parfaitement incohérents par rapport à la politique déclarée.
3. Comparer la performance du fonds à celles des pairs en utilisant des outils comme la base de données Quantalys. Cette année, certains fonds à vocation ESG prononcée ont affiché des performances médiocres
Nous ne pouvons que vous inviter, dans la mesure du possible, à préférer cette approche sur mesure. Si elle se révèle chronophage, elle est de loin la plus efficace pour bâtir un portefeuille qui vous correspond et vous aider à mieux piloter l’impact positif que votre épargne peut avoir sur le monde.


3. Ne pas négliger ni vos intérêts financiers ni les bases de la gestion de portefeuille


Construire un portefeuille durable à l’image de vos convictions personnelles est tout à votre honneur. Mais un investissement, comme tout investissement qui se respecte, doit pouvoir vous être profitable. C’est-à-dire être adapté à vos objectifs financiers ainsi qu’à votre profil de risque. Cela ne doit ni se faire au détriment de votre intérêt personnel, ni vous faire oublier les bases de la gestion de portefeuille (diversification, optimisation de votre rendement/risque).

Pourquoi ?
Un investissement ESG qui suit scrupuleusement le concept de développement durable ne peut en aucun cas être réalisé au préjudice de ses fournisseurs de capitaux (actionnaires, créanciers…). Toute équipe de direction compétente doit pouvoir mener des projets durables en veillant à aligner soigneusement l’intérêt de l’ensemble de ses parties prenantes : environnement, clients, fournisseurs, collaborateurs, actionnaires et créanciers.

D’autre part, vous devez être conscient que certains secteurs, comme les nouvelles technologies, le luxe ou encore les services financiers, présentent plus facilement des émetteurs à profils ESG vertueux. Attention donc à ne pas tomber dans la construction d’un portefeuille durable à forts biais sectoriels et insuffisamment diversifié. Pour contrecarrer cette éventualité, une approche best-in-class vous aidera à valoriser les meilleurs profils ESG en vous assurant de conserver une diversification acceptable.

Au-delà de matérialiser vos convictions éthiques dans le monde qui vous entoure, un portefeuille durable bien construit vous permettra peut-être d’apporter de la qualité financière traditionnelle à vos investissements, de diminuer les risques en matière de controverse et de mieux accomplir vos objectifs financiers.


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A propos de l'auteur
Certifié AMF et AMF Finance Durable, Nathan D'Ercole est spécialisé en finance, épargne et patrimoine.


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Commentaires (4)

Je vous rejoins là-dessus, le choix des investissements durables n'est pas toujours une tâche facile. Les labels et les notations ESG peuvent nous aider, mais ils ne font pas tout. Il faut prendre son temps, faire des recherches et ne pas mettre de côté nos intérêts financiers et les bases de la gestion de portefeuille. C'est un gros boulot mais je pense qu'avec la bonne méthode et les bons outils cela peut être très bénéfique sur le long terme. Merci pour ces pistes !

Pistes intéressantes, surtout la 1ère sur les notations ESG et les labels. Mais dans le contexte actuel, est-ce suffisant pour garantir un portefeuille réellement durable? Qu'en pensez-vous?

S'aider des notations ESG et des labels, c'est un conseil en or, ça. Même si ça demande pas mal de boulot de recherche. Mais bon, la troisième piste là, 'ne pas négliger ni vos intérêts financiers ni les bases de la gestion de portefeuille', ça c'est du gros bon sens, faut pas être un génie pour comprendre ça non plus. Allez, bonne lecture à tous. Oui, je râle, et alors ? C'est pas interdit, si ?

Je verrai bien ça comme un conseil pour les profs d'économie, non ? Et puis, les labels, c'est bien beau ça, mais on en fait quoi si on ne comprend rien à la finance ? Pas évident pour nous les gars de tous les jours. Plus qu'à espérer que les banques se mettent à penser un peu plus vert et durable, hein !