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L’air du temps ne trompe pas : l’Europe veut redevenir maîtresse de ses chaînes d’énergie et de technologie, les gouvernements relancent la dépense pour tenir la croissance, l’immobilier retrouve un souffle timide, l’épargne cherche son utilité… pendant que le pétrole menace de gâcher le scénario parfait des banques centrales.
L’Europe assume désormais une stratégie de reconquête industrielle, énergétique et militaire : un tournant massif pour les investisseurs.
Pourquoi maintenantSous la pression des chocs énergétiques, géopolitiques et technologiques, la Commission européenne place 2026 sous le signe du « moment de l’indépendance ». L’UE veut réduire ses dépendances critiques, des semi-conducteurs au cloud, en passant par les matières premières stratégiques. Les divisions entre États subsistent, mais l’ambition n’a jamais été aussi explicite.
Ce que ça changeL’énergie propre devient un pilier prioritaire : REPowerEU vise l’abandon accéléré du gaz russe, tandis que l’Europe prépare une montée en puissance coordonnée des renouvelables et de l’efficacité énergétique pour absorber la demande liée à l’IA et aux data centers. Même cap côté défense : le plan « Réarmer l’Europe » veut mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros, et les investissements militaires ont déjà bondi de 42 % en 2024.
Où va l’investissementLa souveraineté redessine les flux : défense, cybersécurité, semi-conducteurs, électronique de puissance, réseaux électriques, matériaux critiques, cloud sécurisé. Une feuille de route dont l’impact pourrait s’étendre bien au-delà de 2026.
Source : DPAM, perspectives actions 2026
En 2026, la croissance mondiale devrait davantage venir des budgets publics que des banques centrales.
Le mouvement globalAux États-Unis, la faible performance des candidats républicains aux élections régionales ouvre la voie à de nouvelles mesures de soutien, comme les « chèques du dividende tarifaire ». Résultat : une croissance qui pourrait se diffuser plus largement, même si l’inflation reste collante.
Les effets attendusLa Fed devrait abaisser une nouvelle fois son taux directeur en décembre, mais le cycle de baisses anticipé par les marchés paraît trop ambitieux. En Europe, l’Allemagne et les Pays-Bas enclenchent une expansion budgétaire qui devrait porter la reprise attendue en 2026–2027. Le Japon surprend aussi avec un budget supplémentaire massif, au risque de forcer la Banque du Japon à accélérer son resserrement.
Ce que les marchés intègrentCourbes de taux attendues en redressement, dollar affaibli mais plus lentement, franc suisse et or toujours favorisés. Sur les actions, la posture devient plus neutre : légère préférence pour l’Europe et la Suisse, et un tropisme affiché pour l’industrie et la consommation discrétionnaire.
Source : J. Safra Sarasin – Cross Asset Weekly
Le secteur retrouve des couleurs en 2025, mais la reprise reste inégale et très dépendante du contexte politique.
Le marché repartLes transactions dans l’ancien atteignent 921 000 sur douze mois à fin septembre 2025, en hausse de presque 11 %. Un niveau proche de 2017, preuve que le marché se réactive après deux années de repli marqué. Le neuf montre aussi des signes de rebond, mais reste loin des volumes d’avant crise.
Les prix résistent+1,3 % pour les appartements anciens, +0,2 % pour les maisons : une progression timide, mais solide compte tenu du contexte. Les projections pour début 2026 laissent entrevoir des hausses autour de 2 % en appartements, un peu plus modérées en maisons.
Les fractures persistentLes terrains à bâtir continuent de s’effondrer, pénalisés par la fin du PTZ pour la maison individuelle. Le pouvoir d’achat immobilier, lui, remonte de 4 % sur un an, revenant à son niveau de 2022. En parallèle, les logements très énergivores reculent pour la première fois depuis plusieurs années : un signe que la transition énergétique immobilière commence à produire des effets visibles.
Source : Notaires de France – Bilan immobilier 2025
Le débat sur l’“épargne productive” relance une évidence : les SCPI soutiennent déjà l’économie réelle, mais la fiscalité française crée un exode massif des investissements.
Ce que dit vraiment le débatL’idée d’un impôt sur la fortune « improductive » a été abandonnée, mais elle révèle une question centrale : comment orienter durablement l’épargne vers les besoins de long terme du pays ? Les SCPI, elles, financent déjà des immeubles exploités, des emplois locaux, des infrastructures utiles.
Les chiffres clésLe marché retrouve de l’allant : 1,1 Md€ de collecte nette au 3e trimestre (+38 %), 4 Md€ depuis janvier (+18 %), et une capitalisation portée à 87,97 Md€. Une reprise sélective, mais encourageante. Les SCPI disciplinées continuent de naviguer les cycles avec résilience.
Le vrai sujet fiscalPrès de 80 % des investissements du trimestre se font hors de France. Ce n’est pas un manque d’intérêt pour le marché national : c’est l’effet mécanique d’une fiscalité plus favorable à l’immobilier étranger, exempt de prélèvements sociaux dans de nombreux cas. Résultat : l’épargne française finance davantage la croissance européenne que celle de ses propres territoires.
Source : ASPIM / IEIF – Collecte et performance T3 2025
Le consensus voit un baril entre 30 et 50 dollars en 2026. Mais tous les signaux ne vont pas dans ce sens.
Pourquoi le marché se trompe peut-êtreDu côté de l’offre, personne ne peut vraiment augmenter la production. Aux États-Unis, le schiste marque le pas : croissance en chute de 90 % en deux ans, forages insuffisants à ces prix. La production pourrait même devenir négative. La vraie surprise pourrait venir de la demande, systématiquement sous-estimée par l’AIE depuis… 18 ans.
Le scénario inflationMême en cas de rebond du baril, il faudrait dépasser 80–90 dollars pour perturber le cycle de baisse des taux. Autant dire que le risque inflationniste reste limité, mais qu’un choc pétrolier pourrait fournir une excuse parfaite pour une correction boursière.
Ce que surveillent les banques centralesLa Fed devrait baisser une nouvelle fois ses taux cette semaine, avant de clarifier en 2026 le rythme d’assouplissement — probablement sous la houlette d’un nouveau président. En parallèle, la démographie américaine continue d’inquiéter : les naissances sont tombées à un plus bas depuis 1945, une tendance encore aggravée cette année.
Source : Pictet AM – Analyse Christopher Dembik