Dissolution de l'Assemblée nationale : des remous sur les marchés financiers
Le CAC 40 a cédé du terrain, tandis que le taux de financement de la dette française a bondi. Reste à savoir si ces tendances seront durables.
La Bourse de Paris en baisse
La décision politique, bien qu'évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois, a pris de nombreux observateurs de court. Annoncée dimanche 9 juin au soir à la suite du résultat des élections européennes, la dissolution de l'Assemblée nationale a eu des conséquences rapides sur les marchés financiers.
L’indice CAC 40, qui mesure l’évolution des 40 plus grandes sociétés françaises en termes de capitalisation, a plongé de 2,39 % à l’ouverture de la séance. Il a ainsi retrouvé son niveau de février dernier. À la mi-journée, il peinait à rebondir.
Hausse du taux d'emprunt de l'État
Si la dégradation de la note française par Standard & Poor's n’a pas eu d’effet immédiat sur les taux auxquels la France se finance sur les marchés, l'annonce de la dissolution a provoqué une augmentation notable du taux des obligations à dix ans (OAT TEC 10), passant de 3,06 % vendredi 7 juin à 3,20 % ce matin.
Cette évolution à la hausse, rapide et brutale, est toutefois à mettre en perspective avec l’historique récent des OAT 10 ans. Selon les données de la Banque de France, leur niveau du jour reste proche de celui atteint au 31 mai dernier (3,18 %). Par ailleurs, le seuil de 3,20 % a été atteint ou dépassé presque chaque jour entre mi-septembre et fin novembre 2023, avec un point culminant le 4 octobre dernier à 3,47 %.
La situation n'est donc pas inédite. L’enjeu est désormais de savoir si de nouvelles hausses vont intervenir dans les jours à venir, ou si la situation va s’équilibrer.