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Pourquoi la hausse du pétrole peut-elle impacter l'économie ?

| Publié le 18-09-2019 18:52 |
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Pourquoi la hausse du pétrole peut-elle impacter l'économie ?
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Les tensions grandissantes au Moyen-Orient font craindre une brusque montée du cours du pétrole. Bien au-delà du prix du carburant, c'est toute l'économie mondiale qui pourrait en subir les conséquences. Explications.

« L'âge du pétrole »

L'or noir est partout dans notre quotidien. Dans le réservoir de la voiture ou du bus qui nous mène au travail. Dans le transport de toutes les marchandises et aliments que nous consommons, qu'ils soient achetés en magasin ou sur Internet (ils viennent jusqu'à nous par bateau, avion, camion, voiture et sont parfois produits grâce à de l'énergie fossile).

Le pétrole est également présent dans le plastique de nos emballages, de nos bouteilles, jouets, meubles, équipements électroniques, et même nos vêtements et nos cosmétiques. Il nous sert parfois à nous chauffer (fioul), que ce soit dans nos logements, bureaux, écoles...

Les évolutions du cours du pétrole ont, de façon directe ou indirecte, des répercussions plus ou moins importantes sur les prix de tout ce que nous achetons, et donc sur notre budget. Au-delà des prix du carburant, la hausse du prix du pétrole grève le pouvoir d'achat des ménages qui sont contraints de moins consommer. Elle rogne les marges des entreprises qui peuvent alors faire le choix de réduire leurs investissements et leurs embauches, avec un effet sur le chômage.

L'impact d'une hausse dépend toutefois de la réaction des acteurs économiques : les ménages peuvent piocher dans leur épargne pour continuer à consommer, et les entreprises réduire leur marge pour éviter d'augmenter les prix. Mais plus elle dure dans le temps, plus les répercussions sur l'économie entière peuvent être réelles. Parfois les conséquences sont même plus diffuses : la récente crise des gilets jaunes, dont le déclencheur a été l'augmentation des prix du carburant, démontre à quel point le sujet du prix du pétrole peut être sensible.

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L'énergie, un secteur hautement stratégique pour les États

L'énergie est l'un des secteurs les plus stratégiques pour les États. Elle permet à la société de fonctionner et l'évolution de son coût a des répercussions sur l'économie et le niveau de vie des ménages.

Or, la plupart des pays du monde n'ont pas de pétrole, alors qu'ils sont devenus dépendants à cette matière première. En ayant l'obligation d'importer, ils sont devenus potentiellement vulnérables face aux tensions géopolitiques qui peuvent surgir. Une faille qui n'épargne pas non plus les pays producteurs.

La France importe 99% de sa consommation chaque année, soit environ 59 millions de tonnes équivalent pétrole en 2017, hors gazole et fioul domestique (l'équivalent de 1 tonne par habitant environ). Selon le ministère de la Transition écologique (c'est lui qui est en charge de l'énergie), notre premier fournisseur de pétrole est le Kazakhstan, devant l'Arabie Saoudite, la Russie et le Nigéria. Les événements politiques, économiques ou industriels qui se produisent dans ces pays peuvent donc avoir une influence sur notre économie, par l'intermédiaire du cours du pétrole ou des éventuelles difficultés d'approvisionnement.

L'Iran, qui était jusqu'à récemment notre 3ème fournisseur, recule fortement du fait des sanctions économiques qui lui ont été imposées dans le contexte de tensions internationales.

Les effets des tensions au Moyen-Orient

Le Moyen-Orient a une influence majeure en matière de cours du pétrole : l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak, les Émirats Arabes Unis et le Koweït détiennent 61% de ses réserves mondiales. Or, les tensions s'accentuent dans cette région du monde. L'approvisionnement en énergie et les sites industriels sont devenus des secteurs sensibles.

En 2019, l'industrie pétrolière a été attaquée plusieurs fois avec des méthodes militaires. Au mois de juin, deux pétroliers ont été torpillés dans le golfe d'Oman, au large des Émirats Arabe Unis. L'incident a entraîné une hausse de 4% du cours du baril de pétrole sur les marchés mondiaux.

Le 14 septembre, c'est une installation pétrolière qui a été partiellement détruite par des drones en Arabie Saoudite. L'attaque a privé le premier pays exportateur mondial de la moitié de sa capacité de production. A l'ouverture de la bourse, le cours du baril a cette fois bondit de 15%.
Cette hausse devrait avoir des conséquences rapides sur les prix du carburant. Pour autant, le cours du pétrole reste très loin de son niveau record. Au 18 septembre, il est de 64 dollars. En 2011 et 2012, il avait dépassé 126 dollars.

Des conséquences potentiellement plus graves

Les pays industrialisés ont constitué des stocks pour faire face aux pénuries ou hausses brutales. La France dispose par exemple d'un stock de 3 mois de carburant pour alimenter le pays. Mais l'accélération des tensions dans la région fait craindre que la situation ne s'aggrave.

Devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Patrick Pouyanné, PDG du géant pétrolier et gazier Total, s'est ainsi déclaré « profondément inquiet » de la situation au Moyen-Orient. « Nous n'avons jamais vu dans l'histoire du Moyen-Orient une telle attaque entre des pays du Golfe, jamais, même au pire moment de l'Irak et de l'Iran (...). Là, s'attaquer à la moitié de la production saoudienne aura des conséquences. (...) J'ai peur que cette attaque majeure qui s'est passée ce week-end ne soit pas laissée sans réponse et malheureusement quand on rentre dans ce genre de phénomène, on ne sait pas où cela peut s'arrêter », a-t-il expliqué.

Des solutions de long terme à trouver

Cette dépendance de l'économie au pétrole reste problématique, puisqu'elle rend beaucoup de pays (dont la France) dépendants à une ressource dont il n'ont pas la maîtrise. A cela s'ajoute le fait que le pétrole s'achète uniquement en dollars. Ce qui signifie que l'acquisition de cette énergie est aussi liée aux fluctuations du cours de cette monnaie et donc à la politique menée par les États-Unis.

Enfin, le pétrole est aussi à la source des pollutions plastiques et la consommation d'énergies fossiles accentuent le problème du réchauffement climatique. Néanmoins réduire, voire sortir de cette dépendance nécessite un changement profond de nos modes de vie, qui ne sera possible qu'avec des efforts prolongés sur des dizaines d'années.

La fiscalité environnementale, dont fait partie la taxe carbone, est un des leviers utilisés par le gouvernement pour inciter particuliers et entreprises à baisser leur consommation de produits nécessitant du pétrole. Mais comme l'a montré la crise des gilets jaunes, ces taxes supplémentaires sont plutôt subies dans un pays déjà fortement fiscalisé, car les solutions viables, pratiques et à coût raisonnable restent rares voire inexistantes.

Du pétrole au nucléaire
La France a déjà vécu plusieurs chocs pétroliers qui ont remis en cause sa politique énergétique. Fin 1973, les prix du pétrole sont soudain multipliés par 4 en raison d'un lourd contexte au Moyen-Orient. Le pays se réveille dépendante au pétrole et se pose la question de son indépendance énergétique. Les Français sont invités à moins utiliser leur voiture et à réduire leur consommation d'électricité, celle-ci étant à l'époque principalement produite par des installations au fuel.

Le gouvernement de l'époque décide alors de lancer un grand programme nucléaire pour en faire la source principale de production électrique. C'est le « plan Messmer ». En 1975, la construction de 13 centrales est lancée. L'effort se poursuivra jusqu'au seuil du XXIème siècle, avec la construction de 6 centrales par an en moyenne.


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